‹ Mélanges de chirurgie étrangère (volume 2)Chapitre 27 sur 34 · CLASSIFICATION DES TUMEURS · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES TUMEURS

.Les observations que j’ai eu l'occasion de <faire à l’hôpital de St.- Barthélemy , sur les différentes tumeurs du corps humain , ont été si nombreuses , que je me suis presque trouvé *dans îa nécessité d’en former une classification. J ai tâché de la faire d’après leur structure anatomiqne , qui permet de les disposer dans un ordre qui corresponde aux rc~ unarques pratiques que j’ai réunies en grande (abondance. J’ai longtemps senti, d’une manière si forte, les avantages qui résultent d’un arrangement méthodique , dans un sujet aussi (vaste , que , depuis plusieurs années, je m’en suis servi dans mes leçons de la manière que je vais exposer.

Je suis loin , cependant , d’être satisfait de

la méthode que j’ai adoptée, mais elle est la meilleure que j ai pu imaginer, et je lui trouve, du moins, Futilité d’admettre un nombre de cas importuns, exposés d’une manière claire , et d’empêcher l’obscurité que produit nécessairement un défaut total d’ordre.

Mes motifs pour présenter cet écrit au pu™ blic sont , premièrement, la conviction qu’une connaissance profonde de ce sujet , qui pût conduire à un essai de classification, et a déterminer les particularités qui caractérisent les différentes espèces de tumeur , ne peut être obtenue que par ceux qui ont de fréquentes occasions de faire des observations. Il est probable que quand ce sujet aura été examiné, et que ses parties auront été signalées , cellesci seront distinguées et observées avec exactitude et avec avantage , par les personnes qui n’auront pas eu l’occasion favorable d’envisager l’ensemble. Secondement, dans ces derniers temps, des hommes de l’art s’étant louablement engagés h rechercher quelle est la nature du cancer, dans l’espérance de découvrir quelque moyen de combattre efficacement cette terrible maladie ) il est juste de remarquer , et cela ressortira de l’abrégé qui va suivre , qu’il y a plusieurs tumeurs locales , aussi

intraitables de leur nature, et destructives dans leurs progrès que le cancer, qui peuvent être confondues avec cette maladie, mais devraient en être distinguées , pour quon pût faire quelques progrès dans cette partie difficile de la science médicale. La Société pour la recherche de la nature du cancer , s’est occupée de la structure anatomique de cette affection , et des autres maladies qui ont de la ressemblance avec elle. Dans cet écrit , j’ai eu l’intention de répondre à de pareille questions, autant que mes connaissances me le permettent. Il me parait que pour étudier complètement un sujet avec succès, il faut réunir un grand nombre de connaissances collatérales , qui servent , comme des lumières qui brillent de différents côtés , à éclairer l’objet de nos recherches. Je ne suis pas sans espérance que cet opuscule servira à indiquer les points distincts que l’on recherche, et fournira quelques-une de ces connaissances collatérales.

En m’engageant dans une entreprise nouvelle, il est probable que je montrerai l’insuffisance de mes propres lumières, et en adoptant un ordre nouveau , qui ne sera peut-être pas regardé généralement comme judicieux , ainsi qu’en employant des termes neufs, et qui peut-

être ne sont pas très- convenables , je m'expose probablement à la criilque et h la censure. Je ne me refuse point à affronter ces risques, lorsque j’ai en vue d’exposer, sous les yeux du public, un sujet difficile et intéressant; car j’espère qu’en excitant l’attention et les travaux de plusieurs personnes , ce sujet acquierra , à la longue , la perfection dont il est susceptible , et qu’il ne pourrait jamais atteindre par les efforts d’un petit nombre d’individus.

Les Tumeurs occupent une place considérable dans les ouvrages des anciens écrivains de médecine , qui paraissent avoir considéré le sujet , plutôt relativement à son nom , que eu égard à sa nature ; car nous trouvons une grande variété de maladies tout-à-fait dissemblables réunies , je ne dis pas arrangées , sous le même titre général.

L’erreur est arrivée jusqu’à nous ; et même dans la Nosologie de Cul le N" , nous trouvons les maladies des artères, des veines, des glandes , des tendons, des articulations, et des os , placées ensemble sous le même ordre , et désignées par le même nom de tumeurs.

Quelques-unes de celles-ci ne sont que des développemens de parties naturelles; tandis que d’autres sont des productions entièrement

nouvelles, qui n'ont point d’existence dans la composition originale du corps.

Nous avons , je pense, des connaissances suffisantes de la nature de ces maladies, pour les classer d’une manière plus scientifique , et comme cela n’a pas encore été fait , que je sache (1), j’entreprends de suppléer à ce vide.

En définissant le mot tumeur , j’en restreins drai la signification chirurgicale aux développemens ou augmentations de volume , provenant de productions nouvelles , qui ne font pas partie de la composition originale du corps; et de cette manière j’exclurai les simples dilatations des os, des jointures, des glandes , etc. Il est , à la vérité , des développemens de glandes qui sont renfermés dans cette définition , lorsque ils sont dus a une tumeur qui se forme dans leur intérieur , et qui condense la structure naturelle , ou cause

(1) Plenck a publié, en 1 767 , un ouvrage intitulé, Systema Tumoruni , que je n’ai pas vu, mais je pense qu’il ne ressemble pas à cet estai , puis qu’aucun système semblable à celui que je présente, ne se trouve dans l’Encyclopédie méthodique.

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l'absorption de la glande originale. Quelquefois aussi la maladie de la glande semble produire une altération complète de structure dans la partie , l’organisation naturelle ayant disparu , et une structure morbide de nouvelle formation se trouvant substituée a sa place. Dans i un et l’autre de ces cas , la maladie de la glande doit, suivant moi, être comprise dans Sa définition ; et les remarques pratiques qui suivent, s’appliqueront également à cette même espèce de structure morbide, soit qu’elle existe séparément par elle-même , soit qu’elle occupe la place d’une glande originale.

La structure des tumeurs est aussi une portion de l’anatomie pathologique qui mérite d’être examinée. Baillie , dans son précieux traité , n’a pas pu discuter à fond le sujet , parce que cela n’entrait pas dans le but de son entreprise.

o.i udicieux écrivain apprécie avec justesse le degré d’utilité des recherches du genre de

celle-ci : il remarque « que la connaissance de la structure pathologique ne conduit pas nécessairement à la connaissance des actions morbifiques, quoique l’un soit l’effet des autres; mais qu’elle pose les fondemens , sans iesnuels on ne peut poursuivre de semblables re-

cherches avec succès. C’est pourquoi, plus mm avancerons dans la connaissance des chamremens produits dans la structure des parties par les actions morbifiques , plus nous serons en état de faire des progrès dans celle de ces actions elles- mêmes. »

Ce qui d abord doit naturellement attirer notre attention, c’est l’état des tumeurs lorsqu’elles commencent à se former ; je citerai par exemple, pour éclairer cette matière, celles qui sont attachées par un pédicule aux surfaces membraneuses internes qui leur servent d enveloppe. La cause des tumeurs qui sont attachées par un pédicule a fixé les regards de M. Hunter, qui a fait la remarque suivante sur la formation de l’une dentr 'elles h la surface interne du péritoire (i); « Lorsque la cavité de l’abdomen fut ouverte , on vit sur le péritoine une petite portion de sang rouge ré»cemment coagulé , qui , étant examinée de près, se montra unie à la surface, sur laquelle elle avait été déposée, par un pédicule d’un demi pouce de long , et ce col avait été formé

* 'ia* . i . (

( i ) Voy . Trans. ofa Soc. foi' the improuement of Med. and Chir. Knowledge , v. I, p. 2ji,

avant que le caillot eût perdu sa couleur rouge.» Or, si les vaisseaux avaient pénétré au travers de ce col étroit , et avaient organisé le caillot de sans1, comme celui-ci serait devenu une partie vivante, il aurait pu atteindre une grandeur indéfinie , et sa nature et ses progrès auraient probablement dépendu de l’organisation qu’il avait pris. Je possède une tumeur indubitablement formée de la manière que M. Hun TER a décrite, qui pendait à la face antérieure du péritoine ; et où l’organisation et les actions qui en dépendent ont été si bien complétées , que le corps de la tumeur est devenu une masse de graisse , tandis que le col est d une texture uniquement fibreuse et vasculaire. Il ne saurait y avoir de doute que ces tumeurs se forment partout de la meme manière. La partie coagulable du sang étant ou accidentellement répandue , ou déposée en conséquence d’une maladie , devient ensuite une partie organisée et vivante, par l’accroissement en elle des vaisseaux adjacents et des nerfs. Si la substance déposée n’est attachée que par un seul fil, tout son appareil vasculaire doit passer au travers de celui-ci; mais dans d’autres cas, les vaisseaux s’y introduisent irré-

gulièrement clans différents points de sa surface.

C est ainsi qu’une concrétion inorganisée devient une tumeur vivante , qui d’abord n'a point de particularité qui décèle sa nature; quoiqu’elle tire sa nourriture des parties environnantes , elle semble vivre et croître par sa seule et propre force ; et la structure quelle acquiert ensuite , parait dépendre de l’opération de ses propres vaisseaux.

Quand l’organisation d’une glande se transforme en une structure non-naturelle , qu’on observe dans quelques tumeurs , cela parait devoir , jusqu’à un certain point, contredire ces observations ; mais dans ce cas , la substance de la glande est la matrice dans laquelle la tumeur s’est formée.

La structure d’une tumeur est quelquefois pareille a celle des parties dans le voisinage desquelles elle croît. Celles qui sont suspendues dans les articulations sont de nature cartilagineuse ou osseuse ; les tumeurs graisseuses se forment fréquemment au milieu de la subslance adipeuse ; et j’ai vu des tumeurs qui s’étaient formées au palais, et qui avaient une attache grêle, dont la structure ressemblait à celle du palais. Quelquefois , néanmoins , leur

organisation ne ressemble pas aux parties desquelles elles tirent leur accroissement ; la tumeur graisseuse pédiculée, qui s’était développée sur le péritoine, en est un exemple; J’ai vu des tumeurs osseuses qui n’avaient aucune connexion avec un os ou avec le périoste; et il est vrai de dire, en général, que la structure d’une tumeur ne ressemble pas à celle de la partie dans laquelle elle est formée. Nous sommes donc , ce me semble, autorisés à conclure que la nature d une tumeur dépend, dans beaucoup de cas, de son action, et de son organisation propres ; et que de même que l’embryon , elle reçoit uniquement sa nourriture des parties environnantes.

Si donc la partie coagulable du sang est répandue par une cause quelconque , si les absorbants , avec lesquels elle entre en contact , ne l’emportent pas, et que les vaisseaux voisins Sa pénètrent , çe sera là l’origine d’une tumeur.

Occupons-nous maintenant des causes qui peuvent occasionner le dépôt et l’organisation successive d’une portion coagulable du sang: de telles recherches jettent de la lumière sur la nature et l'accroissement des tumeurs , et con-

I cluiSGîit ci 1 etablissement de principes, qui sont i applicables aux tumeurs en général.

Le depot de la partie coagulable du sang peut être l'effet d'un accident , du procédé inflammatoire (i) , ou il peut être lu conséquence de quelque action morbifique des vaisseaux voisins , capable d’influer sur 1 organisation et l'accroissement des tumeurs.

Dans les premiers cas, lorsque le dépôt est la suite d’un accident ou de l’inflammation , les parties qui entourent la tumeur, peuvent être considérées simplement comme les sources d’ou elle lire sa nourriture , tandis qu’elle parait croître par sa propre force inhérente, alors

(i) Le récit du cas suivant contribuera à éclaircir ce sujet.

Uu médecin praticien se froissa la partie supérieure de la cuisse, contre le pommeau de sa selle, dans un écart de son cheval. La contusion et l’inflammation légère qui succédèrent à cet accident , disparurent bientôt ; mais quelques mois après il aperçut une petite tumeur, qui acquit graduellement de l’accroissement , au point de parvenir à un volume cousiué» aide, il vint à Londres, et l’ablation de la tumeur fut faite :

c était un lipome adipeux , enfermé dans une capsule bien distincte, formée par la condensation du tissu cellulaire dans lequel la tumeur avait crû.

son organisation dépend de Faction qui a commencé , et qui existe rn elle. Si Fou emporte u ne tumeur de ce genre, et que les parties voisines soient saines , la guérison se Fait bientôt complètement. Mais si Fon extrait une tumeur dont l'existence dépende d’un état pathologique des parties voisines, qui sont laissées en place, et que cet état ne soit pas changé par le stimulus de l’opération, on n’obtient point de bénéfice de celle-ci; ces parties produisent de nouveau une substance morbide , qui a généralement une apparence fongueuse; et Firritation qu’a produite l’opération , augmente la maladie par les moyens meme qu’on avait jugé devoir la guérir. Il parait delà que , dans quelques cas de tumeurs , il n’v a que la portion de nouvelle formation qui requiert l’ab 1 a tion ; tandis que dans d’autres, il faut emporter Ses parties avoisinantes , ou bien on ne peut pas effectuer de cure radicale.

Avant de procéder à la considération particulière démon sujet, je fi rai remarquer qu’une fois qu’une tumeur est formée , elle semble être elle même une cause suffisante de sa durée et de son accroissement. L’irritai ion qu’elle produit dans les parties contiguës suffit, probablement, pour maintenir Faction des vaisseaux

qui est nécessaire à son entretien ; et plus eile devient grosse, plus elle produit de stimulus , et plus elle contribue à son propre développement.

Supposé donc qu’une tumeur se soit formée et agrandie , elle continuera à croître et à condenser le tissu cellulaire qui l'entoure , et aequierra ainsi une sorte de capsule.

Les tumeurs sont unies aux parties qui les enveloppent d une manière ou lâche ou serrée; circonstance qui semble dépendre du degré de stimulus qu’elles occasionnent, et de l’inflammation qu’elles excitent par la. Celte irritation pourrait bien être la cause de ce que certaines tumeurs , qui sont lâches pendant leur première période d’accroissement , grossissent rarapidement lorsqu’elles ont acquis une certaine étendue. Je renverrai à ces observations préliminaires , lorsque je décrirai, les différentes espèces de tumeurs.

En faisant l’histoire de chaque sorte de tumeur , il sera souvent nécessaire de signaler l’influence que le traitement médical a sur elles; il parait donc convenable d’en faire précéder l’hi stoire par quelques mots sur ce sujet.

On ne saurait douter que quand des tumeurs se forment et augmentent de volume , il

n’y ait un accroissement d’action des vaisseaux adjacens , et que la première indication curative ne soit alors de réprimer, autant que possible, ce surcroît d’action des vaisseaux , qui donne lieu h la formation d'une tumeur , et qui en se continuant , produit son augmentation.

Je ne connais point de moyens topiques propres à diminuer une action augmentée , ou inflammatoire d’une partie quelconque du corps, plus rationnels en théorie, ou plus efficaces en pratique , que ceux qui tendent à enlever deux grandes causes des fonctions du corps , le sang et la chaleur de la partie malade. On vient à bout du premier, au moyen de sangsues appliquées au voisinage de celle-ci, et répétées aussi souvent que les circonstances le demandent; on obtient le second, par l’application de compresses trempées dans des solutions sédatives , au moyen desquelles on maintient une évaporation continuelle , et une soustraction constante de chaleur de la surface de la peau. L’effet de ce dernier mode de traitement est beaucoup plus considérable qu’on ne le supposerait à première vue ; il opère sur les parties fort au-delà de la surface. Comme la chaleur est une substance très-transmis-

sible (b) , elle quitte les parties snbjacentes à la peau, eu raison de Sa diminution de la température de la peau par l’évaporalion; et l’action morbide se trouve par-là diminuée (V). Si par de semblables moyens ou suspend l’accroissement de la tumeur , une autre indication cu-

(1) Quoique celle expression ne soit pas très-correcte , on comprendra néanmoins, j’espère, 1 idée quelle représente.

(2) L’action de régler la température dans les parties malades, paraît être un objet important dans le traitement des maladies locales; et il est très-possible qu'en produisant de Pévaporation à la surface, nous les refroidissions. Il faudrait donc enseigner au malades, que notre but, en employant les lavages évaporables, est uniquement de prévenir ou de diminuer un degré surnaturel de chaleur. Il n’est pas nécessaire pour cela que les lavages soient froids; une sensation de refroidissement produite à nne partie de la peau affectera toute la surface, et produira cet effet que nous nommons le froid. Dans plusieurs cas, un cataplasme de pain et d’eau me parait être la meilleure application qu’on puisse employer, soit pour extraire la chaleur superflue , soit à cause de ses propriétés émollientes. C’est, effectivement, un bain tiède local, et, comme le bain , le cataplasme produit une douce perspiration à la surface.

rative se présente naturellement , elle consiste à produire l’absorption de la substance nouvellement formée.

On remplit ordinairement cette indication par l’usage des stimuîans , comme frictions avec longuent mercuriel, pression , électricité* ou par des moyens qui excitent aussi quelque contre-irritation , comme emplâtres rubéfians* solutions salines , vésicatoires * cautères. La raison et l’expérience démontrent également rinconvenance de l’usage des stimuîans , avant que la maladie soit calmée , et jusqu’à ce qu’on en soit à un certain point maître. Il est raisonnable de s'attendre à ce que les moyens stimulons augmenteront l’action qui existe, dans la partie, affectée ; et l’expérience prouve qu’il y a des maladies qui souvent sont excitées précisément par ies moyens qui en auraient effectué la guérion , s’ils avaient été employés en temps opportun. C’est ce qu’éclaircit un fait , généralement connu et admis ; que si on applique un vésicatoire * dans un cas de pleurésie , avant qu’on ait eu recours aux évacuations * et que parla on ait abattu l’activité de la maladie , celle-ci en deviendra plus grave; tandis qu’après les évacuations le vésicatoire hâte la guérison. Si une tumeur ou une

maladie locale éprouve , pour un temps , de l'amélioration par l’usage des discussifs stimulans, et que l’action morbifique y reparaisse avec un nouveau degré d’activité, il vaut mieux renoncer à ce dernier plan de traitement, et revenir au premier , jusqu’à ce qu’au moyen de celui-ci la maladie soit redevenue inactive.

Je suis convaincu de la nécessité de faire la plus grande attention aux temps et aux circonstances, dans lesquelles ces remèdes doivent être appliqués , pour jouir de toute leür efficacité dans la cure des maladies locales; et cela m’a conduit a m’étendre sur ce point p lus longtemps , que quelques lecteurs ne le jugeront peut-être nécessaire.

Quand on employé un vésicatoire permanent , on qu’on établit soit un séton , soit un cautère dans’ le voisinage d’une partie malade , c’est 5 dans le fait, produire une maladie nouvelle mais curable , dans le but d’en détourner une ancienne, sur laquelle nous avons

JL

moins de pouvoir.

Mais ici on peut appliquer les mêmes observations. Il ne faut pas produire une nouvelle maladie , jusqu’à ce que l’état actif de la première soit diminué , et soit rendu , pour ainsi dire, dormant; autrement , l’irritation dure-

mède employé tendra plutôt à aggraver qu à guérir l’affeciion première ; car elle augmentera le trouble fébrile de la constitution , en ajoutant aux causes d’irritation. Nous ne devons alors pas perdre de vue que ce remède est une maladie de notre propre création ; et, s’il est douloureux , qu’en troublant la constitution , il fera plus de mal, dans ce sens , à la maladie que Ion cherche à combattre, que de bien par sa contre- irritation.

Tels sont les remèdes locaux , applicables aux tumeurs , aussi bien qu’aux autres maladies locales , et c’est à eux que j’aurai occasion de renvoyer. Je ne saurais parler des moyens généraux, employés pour opérer dans ces affections morbides , sans entrer dans uliq longue et inutile discussion.

En essayant une classification des Tumeurs, je supposerai qu elles constituent un Ordre dans la Classe des Maladies locales d’un Système nosologique ; le sens du mot doit être restreint, co m m e je 1 ’a i d éj à dit , a u x s u b « t a n ce s de

nouvelle formation , qui ne faisaient pas partie de la structure originale du corps ; cet Ordre

doit cire divisé en Genres; et le premier Genre sera nommé, d’après son caractère le plus

évident, une consistance ferme et charnue. Sar~ corne ou Tumeur sarcomateuse.

Ce genre contient plusieurs Espèces , a la description desquelles je vais procéder» La première dont je dois parler, étant manifestement composée de la partie coagulable du sang , devenue vasculaire par le développement des vaisseaux au travers de sa substance, sans avoir dans leur distribution aucune parlicularité digne de remarque , doit être , en conséquence nommée

Sarcome organise , ou vasculaire

commun .

Les noms par lesquels j’ai distingué les différentes espèces de Sarcome , ont rencontré des objections , parce qu’ils ont été tirés de circonstances internes , et non d’informations qu’on puisse acquérir avant l’opération. Néanmoins je n’ai pas pu leur trouver une meilleure dénomination ; car toutes les espèces se ressemblent par leurs caractères externes, savoir une augmentation de volume et une consistance charnue.

Cependant, si Ion venait un jour à faire

une classification de tumeurs , dans laquelle on pût tenir un compte particulier de l’histoire de chaque espèce, nous pourrions peut-être, d’après cette circonstance, former une opinion probable de la nature de la tumeur, et du mode de traitement qu’elle requierrail ; et en étudiant , après une opération , la structure de la tumeur enlevée, nous pourrions déterminer s’il conviendrait d’emporter ou de laisser les parties contiguës.

J’ai donc l’intention de renfermer sous ce titre , toutes les tumeurs qui paraissent composées de la partie gélatineuse du sang, devenue plus ou moins vasculaire par i’accroissement, ou le développement , de vaisseaux au milieu d’elle.

Les vaisseaux qui traversent cette substance sont, dans différentes circonstances, plus ou moins considérables, et plus ou moins nombreux ; ils y sont distribués sous leur forme arborescente ordinaire , sans qu’ils présentent de particularité d’arrangement susceptible de description. Cette espèce semble être la plus simple; plusieurs, et pfmt-être toutes les variétés de tumeurs ont été d’abord de cette nature. La tumeur graisseuse mentionnée plus haut , était , sans aucun doute , d’abord une

substance vasculaire commune , mais les vaisseaux ont sécrété de la graisse dans le corps de la tumeur, tandis que le col na pas subi un Semblable changement.

Ce sont donc les tumeurs organisées dans leur ensemble , mais sans particularité de structure susceptible d’être distinguée, qui doivent être considérées sous ce titre. Cette strue* ture se rencontre non-seulement dans des tumeurs distinctes , mais aussi dans les testicules , les seins , et les glandes absorbantes. Dans les testicules , j’ai vu les vaisseaux, nombreux et petits , distribués dans tous les sens de la tumeur. Dans les seins, ils paraissent être plutôt grands que nombreux , et leur organisation semble moins complète.

Quand celte espèce de tumeur atteint une grandeur considérable, les veines superficielles se montrent remarquablement aggrandies ; ce qui, joint à leur cours flexueux sous la peau, ne peut pas manquer d’attirer l’attention. Peutêtre le poids de la tumeur comprime- i- il les veines situées profondément , et oblige- 1 il îe sang à retourner, en plus grande quantité, au travers de celles qui sont plus près de la surface ; ou peut-être ces vaisseaux subissent ils une espèce d’aggrandissement sympathique, Vol. II. ^8

car ils ne paraissent pas être distendus par le sang qu ils contiennent.

Ces tumeurs offrent , en général , une sensation obscure ; elles se laissent même toucher et manier avec rudesse, et reçoivent des chocs électriques , sans faire ressentir de douleur.

Je soupçonne que c’est celte espèce de sarcome qui passe quelquefois , mais rarement, à l’état de suppuration ; mais comme , lorsque cet événement a lieu , le reste de la substance est promptement emporté par l’absorption, je n’ai pas eu d occasion favorable pour m assurer de cette circonstance.

En général , ces tumeurs croissent jusqu’à ce que la peau soit distendue au point de se rompre , de s’ulcérer , et de mettre à nu la substance de nouvelle formation, qui étant comme obligée de s’enflammer, et n’étant pas capable de soutenir cet état de maladie , passe à l’état de putrilage et lombe; quelquefois des portions semblent se détacher et quitter la masse sans passer à cet état De cette manière, on se débarasse occasionnellement de la maladie ; mais l’irritation constitutionnelle que cause ce procédé naturel est telle , la puanteur dégoûtante si forte, l’apparence que prend la partie si effrayante, que le plus souvent alors

le chirurgien en propose l’ablation , eî que le patient s’y soumet.

Comme les exemples instruisent mieux , et en moins de mots , que des descriptions ou des relations générales, et qu’ils identifient l’es« pèce de maladie qu’on veut décrire avec celles qui ont réellement existé , je rapporterai un ou deux cas de chaque espèce de tumeur , en abrégeant, autant que je pourrai , ma description.

Premier Cas „

Une femme, entre quarante et cinquante ans, fut reçu? à l’hôpital de St, -Barthélemy , pour une tumeur considérable qui s’était formée à la partie interne du genou, et qui cachait tellement le tibia, qu’on ne pouvait plus le sentir. Elle se rappelait l’avoir vue de la grandeur d’un oeuf, mais elle ne put répondre à aucune de nos demandes , tendantes à savoir si , dans cet état, elle était fixée h l’os , ou mobile sur lui. La tumeur avait deux pieds , de circonférence , elle avait graduellement augmenté , pendant trois ou quatre ans. Les veines en étaient fort grandes , et formaient à la surface une sorte de réseau.

En grossissant ainsi , la tumeur avait peu-

à-peu empêché la malade de se mouvoir, jusqu’à ee qu’elle IVut absolument retenue dans son lit. Elle n’était devenue douloureuse qu’en» viron six mois avant l’entrée de la malade à riiôpUâl ; à cette époque , la sensation de distension de la peau , et l’inflammation qui y existait , ôtèrent le repos à la patiente , lui donnèrent une fièvre continuelle , et la firent considérablement maigrir. A la fin, la peau s’ulcéra , la tumeur mise au jour s’enflamma, et il s’en détacha , à différentes époques , des portions, de manière à laisser une cavité de la contenance d’une pinte. Des côtés de cette cavité sortait une matière abondante et fétide; la malade avait souvent perdu du sang des vaisseaux ouverts par l’ulcération , ou par la chute des portions détachées , et au moment de son admission à l’hôpital , elle était minée par une fièvre hectique confirmée, que produisaient la faiblesse et l’irritation.

L’état de la santé de la malade , la grandeur de la tumeur , l’inÇerlitude de son origine (car on supposait qu’elle provenait d’un os affecté), firent regarder l’amputation comme le seul moyeu de conserver la vie de la malade. Elle fut pratiquée, et lorsqu’on procéda à l’examen du membre , préalablement injecté, on trouva

que cette tumeur n’avait aucune connexion soit avec l’os , soit avec l’articulation où elle était située. La partie inférieure en était recouverte par une capsule mince , formée en apparence de tissu cellulaire condensé et elle était attachée d une manière lâche aux parties suhjacentes;mais, sur la surface de là tumeur, la capsule adhérait à la peau d’une manière ferme * en conséquence de l’inOammation qui s’y était formée. La substance , dont la tumeur ellemême était composée , parut avoir été originairement de nature coagulable , et les vaisseaux qui s’y ramifiaient étaient plutôt grands que nombreux; cependant il se pourrait que cette apparence résultat d’une injection imparfaite* *gn

Sarcome Adipeux

Cette espèce de tumeur est très- commune ; elle se forme, en général, au milieu de la substance cellulaire ou adipeuse , er il ne peut y avoir que de légers doutes que son origine soit pareille à celle des autres tumeurs, que, clans ïe premier cas, elle était de la lymphe coagulable , qui est devenue vasculaire par If développement de vaisseaux qui y a eu lieu ,

et que sa structure subséquente a été la conséquence de leur arrangement et de leur action. Il parait que c'était le cas de la tumeur pédicuiée , mentionée dans les observations préliminaires.

L’origine distincte de ces tumeurs devient suffisamment évidente , quand on observe qu elles ont toujours une capsule mince de tissu cellulaire commun, qui les sépare des parties contiguës. Cette capsule parait être purement l’effet de la condensation du tissu cellulaire avoisinant , qu’occasionne la pression de la tumeur. Comme l’accroissement des tumeurs adipeuses est progressif, qu’il se fait d’une manière régulière et lente, que rien de pareil à l’inflammation n’accompagne leur augmentation de volume leurs capsules présentent un exemple frappant d’une enveloppe formée, simpiement, par une condensation légère du tissu cellulaire qui les entoure, sans qu’il soit affecté d’inflammation. La capsule, qui est très-mince, n’adhère que légèrement à la tumeur ; et le principal moyen d’union parait être par les vaisseaux qui la traversent , pour entrer dans la substance de celle-ci. Ces vaisseaux sont si petits, et l’unioq est si légère, qu’il n’y a pas besoin de dissection pour en opérer la sépa-

ration ; car lorsqu’on enlève la tumeur , la main de l’opérateur peut aisément être introduite entre elle et son enveloppe, et la tumeur elle-même est facilement extraite de sa capsule.

Les vaisseaux des tumeurs graisseuses ne sont ni grands ni nombreux , ils se rompent aisément quand on essaie de les séparer , et iis donnent rarement du sang lorsque la séparation a été effectuée. On suppose volontiers , quaud la plus grande partie d’une grosse tumeur a été détachée , et qu’aucun vaisseau important n’a encore été divisé, qu’on rencontrera ensuite une artère nourricière principale ; et cette supposition produit cln*z l'opérateur une hésitation inutile. Il n’y a , en < ÛVt , aucune espèce de tumeur qui puisse être emportée avec autant de célérité, de dextérité, et de sécurité contre les conséquences futures , que celles qui sont de nature graisseuse. Dans quelques cas , néanmoins , lorsque VI n fl anima lion s’est déjà formée , les capsules même de ces tumeurs sont épaissies , et adhérent au point de ne pas se séparer de leur surface sans difficulté.

Pour prouver la vérité de cette remarque, je puis citer le cas d’un homme chez qui une

tumeur graisseuse avait crû sous la peau des fesses, et chez iecjuel la pression , occasionnée par Faction de s’asseoir, avait causé de l’inflammation , et cette espèce d’adhérence tenace de la capsule à sa surface. Cette circonstance rendit très-difficile la séparation de la peau , quand on entreprit l’extirpation de la tumeur ; mais quand cette séparation eut été achevée, la base de la tumeur fut soulevée, et emportée avec beaucoup de facilité, presque sans se servir du bistouri. La partie inférieure n’avait pas une surface régulière, mais elle était projetée en diverses portions , de manière à offrir une apparence lobulée ; circonstance qui n’est pas rare, et qui mérite d’être mentionnée. L’inflammation produit aussi quelquefois des adhérences avec les parties voisines ; le cas suivant en présente un exemple curieux.

J’ai vil des tumeurs graisseuses se montrer à la fois sur différentes parties du corps de la même personne (ï).

(i) J’ai vu aussi une personne qui avait le corps presque tout couvert de lipomes, ou tumeurs graisseuses , dont le volume n’excédait pas les limites d’un petit pois et d’une grosse noisette, on aurait pu les compter par centaines , c’était une véritable diathèse lipo/nateuse » ( J\ote du Ttctd . )

Je vais donner îe récit de l'extirpation d’une très-grande tumeur de cette espèce ; ce cas nie parait singulièrement intéressant, et montre que les circonstances que l’on rencontre ordinairement, ne changent pas avec la grandeur de la tumeur.

Second Cas.

Un homme de moyen âge , d’une bonne santé, portait une tumeur qui avait l’air d’être située sous 1 e fasçia de la cuisse, il se rappelait lavoir vue grosse comme un œuf. Elle avait crû , faisant des progrès lents et réguliers , en un peu moins de quatre ans , jusqu’à une grandeur considérable, ensorte qu’on peut aisément supposer qu’après son ablation elle pesait entre quatorze et quinze livres. Elle n’avait point causé de douleur pendant son accroissement > et n’incommodait que par son volume.

Les chirurgiens qui , les premiers, virent le patient, ne voulurent entreprendre aucune opération , étant incertains sur la nature et les rapports de la tumeur ; quoiqu’ils tombassent tous d’accord que si la peau venait à s’ouvrir > il y aurait peu de chance pour le ma-

lade de survivre aux conséquences dê cet accident.

Considérant, d’après l’histoire du cas , que îa tumeur «aurait dû être emportée dans les premiers temps; croyant, d’après l'absence de douleur et d’irritation , qu’elle était de nature bénigne , et que l’opération n’était effrayante c]u^ par l’étendue de la tumeur, je recommandai au malade de voir les plus célèbres chirurgiens de Londres, avant de retourner désespéré dans son pays, d’où il était venu pour chercher du secours. M. Cline lui donna encore des espérances de succès plus positives, et il entra à l’hôpital St. -Thomas pour se soumettre à l’opération. -

Quand M. Cline eut divisé îa peau et le fascia , îa tumeur fut aisément détachée, mais elle avait malheureusement contracté une adhérence fibreuse avec le ligament capsulaire de l’articulation , qu’on ne put détruire sans attaquer, en quelque manière, ce dernier. Celte adhérence parut avoir environ un demi pouce de largeur , sur un quart de pouce de longueur. La cause et la nature de cette forte

attache au ligament capsulaire me semblent être la seule circonstance particulière à ce cas, et qui demande une explication. Celle-ci me

parait facile à donner , en supposant cjue la tumeur ait comprimé et irrité celte partie , et ainsi occasionné une adhérence, qui, d’abord de nature glutineuse , se sera ensuite organisée, et aura pris la structure de la partie d’où elle provenait. C’est de la meme manière que des tumeurs qui croissent près de la surface des os, et les compriment, causent fréquemment une sorte d’exostose.

L’extirpation de la tumeur ne fut suivie d’aucune hémorrhagie. La plaie parut d’abord disposée à bien marcher ; mais il survint de la fièvre , et la réunion ne se fit pas par première intention. Il y eut aussi quelques symptômes qui indiquèrent de l’inflammalion à Larticulation. Le malade , néanmoins, résista a ces accidens, et sortit de l’hôpital, au bout de quelques mois.

Deux circonstances rendaient cette opération dangereuse ; l’une , la grandeur de Ja plaie , qu’on ne pouvait que difficilement s’attendre à réunir par première intention , à cause de l’irritation qui devait résulter de son étendue ; l’autre est son attache au ligament orbiculaire. C’est une chose déplorable qu’une maladie , qu’il eut été si facile d’enlever dans les commencemens , ait été gardée jusqu’à ce quelle

eut acquis une étendue, qui seuie était une source de danger.

.Depuis la publication de îa première édition de ces observations , j’ai vu un abcès formé dans la substance d’une tumeur graisseuse. Une matière terreuse était aussi déposée sur les parois de ia cavité qui avait contenu le pus. Enfin, j’ai aussi vu une matière osseuse déposée dans la substance d’une tumeur graisseuse (i).

Sarcome Pancréatique .

L’espèce suivante de tumeur sarcomateuse, que je vais décrire , ressemble , en apparence, au pancréas , et peut, en conséquence , être nommée (si le sens étymologique de ce mot ne doit pas m empêcher de m’en servir) Sarcome pancréatique. Cette substance de nouvelle formation est composée de masses irrégulièrement disposées, ressemblant par leur couleur, leur texture, et leurgrandeur aux plus grandes des masses qui composent le pancréas, et qui semblent aussi être unies les unes aux autres.

(1) Voyez Noie A.

comme les portions de celte glande, par une substance fibreuse de texture lâche. Celle espèce de sarcôme , quoique formée quelquefois distinctement dans le tissu cellulaire , se montre plus fréquemment dans le sein , où il a peut-êireson origine dans les glandes lymphatiques.

Je citerai dabord un cas de celle structure morbide , observé dans les glandes lymphatiques situées au-dessous de la mâchoire inférieure; puis je parlerai des ses progrès , lorsqu’elle se loge au-dedans ou près du sein des femmes.

Troisième Cas,

Un homme vint à l’hôpital portant trois glandes lymphatiques engorgées , dhacune de la grandeur d’une très grande prune. Elles étaient situées au-dessous de la base de la mâ¬

choire, sur le muscle mylo-hyoïdien. Elles avaient résisté a toutes les tentatives qu’on

avait faites pour les dissoudre ; et n’avaient pas été emportées , par la crainte d’une hémorrhagie dangereuse pendant l’opération. Les glandes avaient atteint leur grandeur actuelle graduellement , quoique très-lentement ; car la maladie durait depuis quinze ans. Les parties

environnantes n’étaient pas affectées. jVL Charles Blicke en entreprit l’extirpation , et la structure en fut trouvée exactement pareille à ce que j’ai décrit.

J’ai rapporté ce cas le premier , parcequ’ii montre de la manière la plus claire les caractères ordinaires de cette structure morbide, savoir de croître lentement, de n’être pas disposée a l’inflammation , et de ne pas tendre à la suppuration. Ii ne sera pas hors de propos d’avertir, quoique cela n’ait pas un rapport immédiat avec le sujet actuel, que, dans l’opération, l’artère maxillaire externe fut ouverte sans qu’on pût l’éviter. Cependant , elle ne donna pas de sang immédiatement après l’opération , ensorie qu’on ne s’aperçut pas de sa dix ision ; les lèvres de la plaie furent rapprochées par une suture , et maintenues d’une manière sûre et ferme au moven de bandelettes agglutinatives. Peu de temps après, le malade éprouva une gène dans la respiration , qui alla presque jusqu’à un état de suffocation complète. Il parait, en effet, probable que le malade aurait réellement suffoqué , avant qu’on pût venir à son secours, si, par bonheur, quelques-unes des bandelettes n’eussent cédé , et permis un écoulement au sang; car une très-

grande quantité de ce liquide coagulé s’était amassée dans la plaie, et comprimait la trachée et le pharynx, a ôn point qui serait incroyable pour ceux qui n’en ont pas été témoins. Je cite cette circonstance , pour faire voir que, lorsqu’il y a quelque apparence d’hémorrhagie , il ne convient pas de fermer la plaie, au moyen d’emplâtres adhésifs, assez fortement , pour ne permettre aucune issue a u sang qui pourra s’épancher ; et cette méthode doit être particulièrement dangereuse dans une circonstance pareille â celie du cas précédent. Si l’hémorrhagie est peu considérable , et qu’on empêche l’issue du sang, ce fluide écarte les lèvres de la plaie , qui devraient se trouver dans un contact parfait, et empêche ainsi leur union immédiate ; et si elle est considérable , il faut remarquer que la compression exercée par le sang sur les artères dont il est sorti, est si loin d’en arrêter l’écoulement, qu’au contraire elle semble être une cause stimulante qui excite l’hémorrhagie. Cette remarque est rendue sensible par le cas actuel , comme par beaucoup d’autres qui s’offrent dans la pratique (i).

(i) Voyez Mote B,

Celte espèce de sarcome se forme fréquemment au centre de la glande mammaire , un peu au-dessus et au côté externe du mamelon. Son apparence mènerait à supposer que c était une glande lymphatique , qui se trouve ort mûrement dans ce lieu , convertie dans celte structure ; mais elle parait quelquefois eire une tumeur distincte. C’est l’état de la capsule qui entoure la tumeur, qui m’a porte a formel

ces opinions.

Ces tumeurs diminuent de volume lorsqu’elles sont convenablement traitées; mais si o„ ne parvient pas h les dissoudre complètement , elles augmentent graduellement , et quand elles ont atteint une étendue considérable, on a coutume de les extirper , pour éviter les conséquences quelles pourraient pi o-

duire, si on les laissait en place.

Si la tumeur reste indolente, et qu elle croisse lentement, les parties qui l’entourent, et les glandes de l’aisselle ne sont pas affectées. Mais quelquefois on en voit au sein qui sont

d’une nature très-irritable, causent de fortes douleurs lancinantes , et produisent un état inflammatoire de la peau qui les recouvre et

qui, parla, devient adhérente à leur surface.

Elles irritent alors les ubsorbans axillaires , et

produisent un engorgement de leurs glandes.

Ces diverses circonstances me font soupçonner qu’on peut souvent les prendre pour des cancers. Ces tumeurs souverainement irritables 11 atteignent pas , généralement , on volume considérable ; on peut réduire celui-ci par le traitement dont j ai fait mention , mais elles le reprennent dès qu’on le cesse. Quelquefois une tumeur de cette nature, qui était irritable avant le traitement, devient indolente après que l’activité de la maladie a été réprimée par des applications locales convenables; mais, dans d autres cas, l’irritabilité de celle affection réparait. La douleur est lancinante , et si forte quelle donne de la fièvre au malade, lui cause de fréquentes faiblesses, et lui fait perdre ses forces musculaires. Quand les glandes axillaires commencent à se prendre , lune d en! Celles devient, pour l’ordinaire, (volumineuse , molle et douloureuse; bientôt la douleur cesse et la glande reste dure : une autre s’affecte ensuite et suit la même ; marche. Je me rappelle un cas ou plusieurs ‘des glandes avaient atteint une grandeur considérable, Le cas fut regardé comme cancéreux , et la tumeur , qui avait la structure décrite, fut enlevée de même que quelques- Vol, XI, 90

unes ries glandes attaquées , plusieurs furent laissées en place , et la malade se rétablit fort bien.

Quatrième Cas *

Une jeune femme , domestique dans ma maison , éprouvait , depuis plus de deux ans, de cruelles douleurs , et une grande indisposition générale, d’une tumeur de ce genre , qui avait produit Ftnfiammaîion et F augmentation de vGÎ4i:t3e 4e trois des glandes de Faisselle.

Et&âi assuré que celte tumeur n’était pas carcinomateuse, parce qu'elle avait diminué sous i'inSueace d’un traitement chirurgical , j’attendais avec Feepéraace que Fêlai de la malade s’améliorerait spontanément *, à sa demande , et de lavis de M. Blxcke , j’emportai la tumeur originale , et je laissai les glandes affectées dans Faisselle. La cause de l’irritation ayant été éloignée , les glandes s’affaisèrent graduellement , et bientôt la malade prit de l’embonpoint, et acquit un étal de santé remarquablement permanent.

J’ai connu plusieurs cas pareils.

Quand j’ai écrit ce récit , je ne connaissais pas encore les faits que je cite dans mes obser-

valions sur les maladies locales (i)3 qui prouvent que des tumeurs considérables du sein et des parties voisines , qui résistent à tous les répercussifs , peuvent être aisément résoutes dans plusieurs cas * en corrigeant on état maladif des organes digestifs. Je ne doute pas , que les accès de douleur et de langueur, qu’éprouvait la malade dans le cas que je viens de rapporter , ne fussent les effets de l'irritabilité de Sa constitution, et n eussent été diminués et même prévenus , par des moyens qui auraient donné du ton , et de la tranquillité à tout le système*

Cinquième Cas »

Une dame , d’environ vingt- sept ans, portait une tumeur entre le sein et Faisselle, qui , pendant un an, avait graduellement acquis le volume d’un œuf d’oie. Son accroissement g avait été accompagné d’accès de douleur, La malade avait îa langue chargée , et elle était constipée; comme aucun remède résolutif dis-

(1) Nous donnerons probablement plus lard la traduction de cet opuscule.

{Note du Trad.)

cussif n’avait arrêté les progrès de la tumeur, et comme on avait quelques craintes qu’elle ne prit un caractère malin , on me demanda d’en faire l’extirpation.

Après avoir pratiqué cette opération , je fendis la tumeur, et trouvai que sa structure était du genre de celle que j’ai décrit dans cette section ; j’en pris occasion de donner du courage et de l’espérance a la patiente, en l’assurant que cetle maladie n’était pas cancéreuse, et que par conséquent , elle ne se reproduirait pas. Comme elle demeurait a la campagne , je l’engageai, lorsqu’elle s’éloigna de la ville , à faire la plus stricte attention, à son régime 9 et à bien régler ses fonctions digestives.

Deux a f. s après , elle revint à moi très-allarmée d’éprouver beaucoup d’irritation , et de voir du gonflement et de la rougeur sur le lieu où avait été pratiquée l’opération ; mais l’une et l’autre disparurent par l'application* faite chaque soir, d’un cataplasme de mie de pain, et par l’usage de doses altérantes cle calomel.

Une autre année , elle se présenta de nouveau , fort effrayée d’un développement, accompagné de mal-aise , qui se manifestait de l’autre côté du corps. Ce développement était

situé entre le sein et l’aisselle ; il était parallèle et contigu au bord inférieur du muscle grand pectoral; il avait le volume d’une pente noix , et je ne doutai pas qu’il ne lût causé par par la tuméfaction d une glande absorbante. Je le fis dissiper par le meme traitement que j’avais' appliqué à l’irritation survenue sur le lieu opéré. Environ trois ans se sont écoulés dès lors , et quoiqu'elle ait été inquiétée de temps en temps par des douleurs, la malade m’a eu aucun retour de sa maladie.

Le docteur Bouttatz clé Moscow a publié, h Londres, le cas curieux d’une tumeur qui se forma sous la conjonctive de l’œil, H le fit sortir des paupières. La tumeur avait sept 1 pouces de longueur , et trois pouces et demi de > circonférence , elle pesait deux livres et demi, j La structure, qui est représentée dans une j planche, répond exactement a celle que j’ai ! nommé pancréatique , et elle en avait Ses ca- ! ractères ordinaires , savoir de croître avec len- I leur et d’une manière régulière , sans avoir de 3 disposition à s’enflammer, ou de tendance à ü suppurer. La tumeur , comme on pouvait naturellement le supposer, était intimement unie avec la conjonctive , qu’elle pressait , mais la base n’en était pas difficile a enlever de la cor-

aiée* qui avait conservé sa transparence; après l’ablation qui en fut faite , le malade recouvra la vue.

Sarcome Cy s tique.

L’espèce suivante de tumeur sarcomateuse sera nommée Sarcome Cystique , parce qu’elle contient des cellules ou kystes ; et cette espèce renferme clés variétés».

Elle se présente quelquefois sous forme d’une tumeur distincte * mais elle se rencontreplus fréquemment dans les testicules et les ovaires. Le testicule prend alors un volume au moins, six Cois, plus grand que l’état naturel,, et devient une réunion de cellules qui contiennent un. fluide séreux leur grandeur est celle de grains de groseille ou de raisin , et leur figure est avale» Les parois des kystes sont si vasculaires , qu’ils rougissent par l’injection ; quelquefois même I injection traverse les vaisseaux, et teint le contenu des kystes»

J’ai vu cette altération de structure résulter d’un coup reçu sur une partie ; mais , en général , elle a lieu sans cause externe. La partie solide ou sarcomateuse d’un ovaire , offre un exemple de la structure que je décris ;

i mais les cellules de celle-ci en sont plus grandes i et plus vasculaires»

Le cas suivant prouve que cette structure n'est pas particulière à ces parties. M. Blicke enleva de ia lace d’un jeune garçon une tumeur qui , lorsqu’elle lut ouverte , présenta une réunion de cellules remplies duo fluide aqueux , mais coagulable.

Il n’est pas rare de trouver dans les testicules des kystes qui contiennent une substance caséeuse. Dans ce cas aussi, les parois du kyste sont vasculaires; les kystes sont communément grands , et quelquefois il n’y en a qu’un seul. J’ai appelé cette substance caséeuse , parce qu’elle ressemble au fromage en consistance et en couleur ; elle offre, en effet, une apparence onctueuse et jaunâtre ; mais elle n’est pas du tout onctueuse au toucher. Il est bon ce mentioner que cette substance caséeuse est quelquefois irrégulièrement distribuée au travers de la substance vasculaire d’un testicule malade , sans être renfermée dans des kystes distincts. Je crois que cette espèce de sarcocèle est rebelle au traitement médical (i).

(i) Voyez Note G.

Sarcome Mammaire *

ÏI y a une espèce de tumeur sarcomateuse , qu'à la yérilé, je n'ai pas souvent rencontrée ; mais qui a * en couleur et en contexture, une ressemblance si frappante avec la glande mammaire, que je l ai nommée Sarcome main maire , pour la distinguer des. autres.

j’ai vu cette substance , qui est blanche , ferme et homogène, dans le centre des tumeurs adipeuses ; mass mon attention n’avait pas été particulièrement fixée sur ce sujet, jusqu’à ce que j eus vu le cas suivans.

Sixième Cas,

Une femme de moyen âge , chassez bonne santé, vint de la campagne à l’hôpital St. -Barthélemy , pour une tumeur de la grandeur d’une très-grosse orange , qui s’était formée graduellement sur la face antérieure de îa cuisse ; elle était située entre la peau et le fas cia lala. On l’emporta, et les tégumens qui la couvraient furent aussi enlevés , comme dans l’amputation d on sein cancéreux. Les lèvres de la plaie furent réunies au moyen de ban-

deieiîes agglutinatives , et parurent d’abord disposées à se cicatriser; mais dans îa suite il se forma une induration considérable des parties environnantes, et la plaie dégénéra en un ulcère malin, qui prit beaucoup d’ex tension . et résista à tous les moyens médicaux.

La dureté des bords augmentait à mesure que i ulcère prenait plus d étendue. La douleur et îa fièvre épuisèrent îa malade au point, qu’elle mourut au bout de deux mois.

Cette tumeur , dont L’apparence était exactement celle que je viens de décrire , ne semblait pas avoir de capsule distincte ; elle se perdait insensiblement dans les parties voisine ; on crut avoir emporté toute la portion affectée, mais il est probable que les parties contiguës avaient une disposition à participer à la même affection , qui fut aggravée et rendue plus maligne , par l’irritation que produisit l’opération. Si on avait pu prévoir cette circonstance, il aurait, peut-être, convenu d’enlever plus profondément les parties contiguës, comme je l’ai indiqué dans les observations préliminaires.

il existe une espèce à-peu-près semblable de structure, mais d’une texture plus molle, qu’on trouve fréquemment, ou formant une

tumeur distincte , ou dans des parties glandulaire^ qui pourrait bien être considérée comme une variété de la même espèce de sarcome. Elle a ia même uniformité de surface , mais elle n’est pas toujours de couleur blanche; car elle offre quelquefois la teinte brune ou rougeâtre. J’ai vu une tumeur formée de cette substance qui enveloppait et comprimait i’ésopliage , et qui causait un rétrécissement de ce canal. J’ai vu aussi cette espèce de sarcome dans des parties glandulaires , dans lesquelles la marche et l issue du cas n’ont pas indiqué cjue la maladie fût d’une mauvaise nature. Les résultats généraux de mes observations m’ont conduit , cependant , à croire que cette structure morbide a de la disposition à dégénérer en un ulcère incurable , qui communiquera son caractère aux parties environnantes ; c’est ce qui m’a fait placer cette espèce de sarcome entre ceux qui semblent nôtre point d’une nature maligne , et ceux qui vont suivre ; et qui sont d’une nature très-délétère.

J’ajoute ici un cas qui s’est présenté à l’hôpital St.-Barthélemy, depuis la dernière édition de cet ouvrage.

Septième Cas .

Une femme d’environ cinquante ans , portait une tumeur située sur la peau du périnée, entre le rectum et le côté externe de la grande lèvre ; cette grosseur avait environ sept pouces de longueur, et à-peu-près deux pouces de largeur; elle descendait presque jusqu’au milieu de la cuisse. M. Ch. Blicke l’opéra en divisant la peau de chaque côté delà tumeur, dans le sens de la longueur , il emporta ensuite par la dissection la partie supérieure de la tumeur , qui était mince, de dessous les tégu ni en s divisés , et réunit lejj côtés parallèles de la peau par deux sutures, La tumeur enlevée, étant ouverte, était ferme, blanche, unie, et ressemblant tou t-à- fait à la glande mammaire; elle n’avait point de capsule distincte ; Les iégumens qui touchaient la tumeur s’enflammèrent, se durcirent , s’ouvrirent, et il s© forma un ulcère large et sordide. La santé de la malade se dérangea tout-à-fait , en sorte qu’on n’avait que peu ou point d’espérance de la lui voir recouvrer. Cependant au bout de quelque temps, la maladie cessa de s’étendre , et après environ trois semaines elle commença

à sam pii (1er; la constitution générale reprit son état naturel , et l’ulcère guérit doucement.

Sarcô m e t Liber eu le.

L’espèce suivante de sarcome que je dois décrire , portera le nom de Sarcome tubercule. Elle consiste dans une aggrégation de petites tumeurs fermes et rondes, de différentes grandeur et couleur , jointes ensemble par une sorte de tissu cellulaire. La grandeur des tubercules varie depuis celle d’un pois à celle d une fève de champ ; elle est quelquefois encore plus considérable ; leur couleur est d’un rouge-brun, et quelque-unes ont une teinte jaunâtre.

Les exemples que j’en ai vus , se sont principalement rencontrés dans les glandes lymphatiques du col; les tumeurs étaient ulcérées; les ulcères, douloureux et rebelles , avaient fini par emporter les malades; cette maladie parait être d’une nature tout-à-fait maligne.

Huitième Cas.

Un cas remarquable de cette espèce de sarcome s’est présenté à l’hôpital St.-Bartélemy,

en 1797. Un homme , entre quarante et cinquante ans, portait une grosse tumeur sur ie côte clu coi, sous le muscle peaucier ; elle avait environ huit pouces en longueur , et quatre en largeur , était dure et irrégulière à sa surface, elle ressemblait à une grappe formée par les glandes lymphatiques affectées ; elle était extrêmement douloureuse, et avait considérablement dérangé la santé du malade. Celui-ci assurait qu’elle ne datait que de six mois, et que durant ce court espace de temps, de nombreuses tumeurs, d’un petit diamètre, et semblables à celle-là parleur densité et leur structure, s’étalent formées sous la peau, par toute la surface du tronc ; mais surtout sur le co! et sur l’abdomen. La peau et la surface de la tumeur du col s’étaient ouvertes , et présentaient un ulcère phagédénique très-doulou- ; reux, le malade mourut de fièvre hectique, six j semaines après son admission à l’hâpital.

La structure de toutes les tumeurs était semblable à celle que j’ai décrite ; le corps fut exa- : miné par les élèves de l’hôpital , qui dirent n’avoir point rencontré de tubercules dans les viscères, ainsi que cela se montre communément dans les cas pareils.

Comme cette affection n’est pas ordinaire ,

je crois convenable de rapporter encore un cas, pour lequel j’ai été consulté l’année passée.

Neuvième Cas »

Un individu portait , dans les glandes lymphatiques de Faisselle , une tumeur , qui s’était formée depuis un mois , et qu’on regardait comme étant de nature scrofuleuse. Je fus consulté pour savoir s’il était convenable que le malade se transportât sur les côtes de Sa mer. La tumeur avait la grandeur d’un œuf, et sa surface offrait des irrégularités formées par de nombreux tubercules. Gette circonstance me frappa et me conduisit à lui demander s’il n’avait point d’autres petites tumeurs sur la peau* Il me dit qu’il en avait une sur Faine, qui, après l’avoir bien examinée , me parut être un tubercule distinct , et en poussant mes questions plus loin, je trouvai que les glandes qui recouvrent la clavicule sur le côté du col , étaient aussi prises jusqu’à un certain point. Je n’eus alors aucun doute sur la nature de cette affection , et je dis au médecin , que je pensais qu’elle serait fatale au malade. Environ quinze jours après , lorsque je revis celui-ci, ces tubercules s’étaient multipliés sur toute la sur-

face de la peau , et sur les faces antérieure et postérieure du corps ; ils étaient durs et douloureux , et donnaient au malade la sensation d’être couché sur un grand nombre de clous. L’engorgement des glandes, au-dessus et audessous de Sa clavicule , avait beaucoup augmenté, et le bras était devenu œdémateux. La maladie crût progressivement; la peau sembla tomber en fines écailles de la surface des glandes tuméfiées de l’aisselle ; mais il n’y avait à la tumeur ni escarres, ni ulcération, lorsque le malade mourut, ce qui eut lieu environ cinq semaines après ma première visite.

A l’examen du corps , les tubercules offrirent partout l’apparence que j’ai décrite , et on en trouva im grand nombre de semblables à la surface des poumons , du cœur , du foie , de la rate , de l’épiploon et du mésentère. Les glandes absorbantes du mésentère, elles autres glandes absorbandes internes , étaient néanmoins dans un état sain (i).

(i) J’ai donné des soies à un homme, âgé de plus de septante ans, d’une famille éminemment scrophuleuse, qui a succombé après l’apparition d’un nombre considérable d’énormes tubercules, ou masses tuberculées,

Depuis que le cas ci-dessus a été écrit, j'ai examiné un corps dans lequel j'ai trouvé de semblables tubercules répandus sous l’universalité de la peau. On me dit que la malade était morte d’un cancer de l’utérus , et le col en était effectivement ulcéré. L’utérus entier était malade , et ses parois avaient un pouce

qui garnissaient les parties antérieure et latérales du col, ayant sur chacun de ces côtés le volume du poing , et remontant jusque derrière les mâchoires et les oreilles; il y en avait à l’intérieur du gosier qui interceptaient presque la respiration, et jusque derrière le voile du palais, ensorte que le malade avait beaucoup de difficulté à avaler et à parler. Le bas ventre en était rempli an point que les évacuations fécales n'avaient plus lieu ; îe malade se sentait comme pressé par deux poids, agissant î’un de haut en bas, et l’autre du bas en haut ; sa situation excitait la plus grande pitié ; des lavemens purgatifs en grand nombre ressortirent seuls pendant plusieurs jours; des médicamens purgatifs, ingérés avec beaucoup de peine dans l’estomac, restèrent aussi longtemps sans résultat; cependant il se fit tout d’un coup une débâcle, et le malade se sentit beaucoup mieux ; mais ensuite il refusa toute espèce de remède et de nourriture , et mourut bientôt dans un état de maigreur effrayant; je ne pus obtenir l’ouverture du corps.

( Note du Traducteur ).

d’épaisseur ; cependant la maladie n’était pas carcinomateuse. De ce cas et des autres que j’ai rapportés , il résulte que le même désordre de la santé générale peut produire des affections locales , dont ïa nature offre des apparence variées.

Depuis la publication de la précédente édition , j’ai vu un cas , que sa singularité m’engage à rapporter.

Un homme portait une tache à la peau, visà-vis de l’angle inférieur de 1 omoplate ; elle avait l’apparence de celles qu’on nommé pétéchies, Elle s'aggrandit , prit de l’épaisseur et s’ulcéra. L’ulcère devint sordide et rebelle , et le malade vint à Londres ayant la santé îouiàfait dérangée > ce qui paraissait provenir de l’rritation locale. Les glandes de faisselle se prirent , se tuméfièrent considérablement , e passèrent à la suppuration ; de petites taches, ressemblant à des pétéchies 3 se montrèrent à différentes places du corps.

Le malade prit des remèdes destinés à régler et à améliorer les fonctions digestives , qui étaient dans un grand désordre. La santé générale devint effectivement meilleure, et l’ulcère s’amenda aussi considérablement ; mais les taches restèrent stationnaires; cependant les Vol. IL 3 *

parties situées sous l’aisselle revinrent à un état sain, au point qu’on ne put presque pas douter qu’elles n’avaient été affectées que par suite de l’irritation généraient non par un état spécifique de maladie. Cet état d’amélioration dura environ six semaines , au bout desquelles l’ulcère empira, et son état s’aggrava au point d’épuiser les forces du malade, et de le faire mourir, sans que néanmoins, les autres parties malades le fussent devenu davantage.

Sarcome pulpeux ou médullaire .

Le Sarcome que je vais décrire se rencontre le plus souvent dans le testicule , et se distingue par le nom de Cancer mou de cet organe. Mais le terme de cancer est impropre , parce qu’il donne une fausse idée de la nature de cette tumeur; car quoique cette maladie soit peut-être aussi destructive, je montrerai qu’elle ne ressemble au cancer ni dans sa nature , ni dans sa marche.

La tumeur, dans les cas qui se sont le plus fréquemment offerts à moi , avait une couleur blanchâtre, ressemblant, à une certaine distance, à la matière du cerveau. Sa consistance

est ordinairement pulpeuse; c'est ce qui ndâ conduit à la distinguer par le nom de sarcome médullaire .

Je l’ai vu présenter aussi une apparence rouge-brune. Laquelle, du blanc où du brun, est là couleur la plus commune , c’est ce que je ne saurais décider ; la structure , la consistance et la marche de l’un et de l’autre sont sera* blabl es; il faut donc les considérer comme des variétés d’une seule espèce.

Pour en donner l’idée la plus claire, je vais rapporter Un cas, où une semblable tumeur est parvenue à une grandeur considéiable avant d’emporter le malade.

Dixième Cas .

Un grand homme mince, en apparence de bonne santé, d’environ quarante ans, avait eu, quinze ans auparavant 3 un engorgement du testicule à la suite d’une gonorrhée ; l’épididyme était resté dur. Six ans après, l'organe se développa , et une hydrocèle se forma en même temps. La ponction en fit évacuer une demi pinte de sérosité , mais cette opération fut suivie d'inflammation et ce testicule devint très-gros. Un abcès se forma, s’ouvrit à la face

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