GENRES. ESPECES
Vasculaire commun , Adipeux .
P ancré a l icj ue.
K y si if ère.
Mammaire .
T uberculé.
Médullaire.
Carcinomateux.
Kyste , soit ( Cartilagineuse,
Tumeur enkystée. \ Osseuse.
Sarcome
ü y a Heu d’être surpris, ce nie semble , de ce que l’Auteur ne dit pas un mot du Bronchocèle ou Goitre, lie fut ce que pour indiquer les raisons particulières pour lesquelles iî nVo parle pas. L’énorme volume qu’acquiert quelquefois cette tumeur, qu’on ne saurait considérer, dans tous les cas, comme une tuméfaction de la glande thyroïde , les dégénérescences pierreuse, squirreuse, etc., qu’il subit, les tumeurs ou collections qu’on prend quelquefois pour des goitres , les accidens qui en sont la conséquence méritaient bien qu’au moins cette tumeur fût nommée , pour recevoir ou pour perdre une place dans la Classification des tumeurs. Je saisis cette occasion pour citer deux cas, ou j’ai vu la mort être la conséquence immédiate de la présence du goitre.
Dans l’un des cas , un homme , d’environ soixante-et-douze ans, mourut presque apoplectiquement par suite de la compression exercée sur les jugulaires , par deux énormes tumeurs strumeuses qui occupaient les côtés du col, au-devant des muscles sterno mastoïdiens, et se prolongeaient plus bas que la clavicule , j au dedans du thorax , ensorte qu’elles ne poui vaienî prendre leur extension au dehors , et v faire, seulement sous les iégumens , la saillie
que leur volume énorme comportait. Une troisième tumeur, grosse comme le poing, existait au-devant de la trachée ; celle-ci ne paraissait pas avoir directement contribué à la mort. Il me parait extrêmement probable que , si cet homme avait suivi avec quelque opiniâtreté un traitement antistrumal, sa vie aurait pu être prolongé de quelques années.
Dans l'autre cas , une Dame de cinquante ans , environ, fut, durant treize jours , constamment menacée de suffocation complète ; et pendant tout ce temps, deux pesonnes furent cans cesse occupées à soutenir deux énormes tumeurs strumeuses , qui étaient , ou paraissaient être la cause immédiate de l étoufFement; on tenta divers moyens de secours, entr’autres l’introduction d’une grosse sonde élastique dans les bronches, en la faisant passer soit par le nez, soit par la bouche, mais ce moyen parut plus qu'insuffisant à la malade , qui retira promptement l’instrument. Au bout des treize jours, elle expira suffoquée; je iis l’examen du corps; le bronchocèle se composait de trois tumeurs considérables, qui, sans doute, devaient gêner la respiration; mais le véritable obstacle à cette fonction, était une portion de !a tumeur centrale qui embrassait la trachée dans sa loîa-
lifce , et qui, ayant pris, derrière ce canal , une consistance squirreuse ou cartilagineuse, obstruait d’un côté , la trachée, par une pression constante, sur sa portion membraneuse qu’elle faisait rentrer dans la cavité du canal , de l’autre , l’œsophage , auquel , ainsi que la trachée , elle était intimement adhérente. Il devint ainsi évident que le mai était absolument sans remède , et qu’il était meme inabordable aux in sir uni en s du chirurgien!. Je crois ce cas digne de remarque , et n’ai pas rencontré son analogue.
Sur une autre personne , d’un certain âge , morte de toute autre maladie, j’ai trouvé, dans un bronchocèle considérable, une concrétion pierreuse , du volume d’un œuf de pigeon, que j’ai conservée.
Il est évident que dans ces derniers cas , et d’autres pareils , le moyen que j’ai jusqu ici employé avec succès pour dissiper les bronchocèles , et que je viens de publier dans la Bibliothèque Universelle , n’aurait eu qu’un succès fort incomplet.
A ) Les Sarcomes adipeux ou graisseux offrent, comme tous les Praticiens le savent ,
celte circonslance particulière qui] s peuvent acquérir un volume énorme , sans que pour cela rexlirpation en soit éminemment plus dangereux. Nous en avons cité un exemple remarquable dans notre premier volume ( i ), ou après avoir parlé de Sarcomes pesant quatorze livres dix onces , quinze livres et vingtdeux livres, le célèbre Astley Cooper donne Fhisloire d’un Lipome de trente-sept livres dix onces, qu’il extirpa sur l'abdomen d’un homme , et où la seule circonstance douteuse était l’implantation de la tumeur sur le nombril, ce qui faisait craindre à 1 opérateur qu’elle ne contînt une hernie ; l'opération réussit parfaitement bien.
Voici un exemple non moins frappant, que j’extrais des Notes d’un ouvrage de circonstance, de notre collaborateur, M. J. P. Mau- MO [R (2).
Le nommé Clauzen, vieillard de quatre-vingts ans et demi, plein de vigueur et de santé , portait sur le dos un lipome d une forme ovoïde
(1) Mélanges de Chirurgie étrangère, T. t, p.65. (1) Questions de Chirurgie, etc., par J. P. Maüjsoir,
irrégulière de trois pieds de circonférence, dans sa partie la plus grosse , et dont le pédicule adhérait à la nuque et au dos , par une base de six à huit pouces de diamètre. I! y avait plus de quarante ans que cette tumeur avait commencé à se former : d'abord de la grosseur d’un pois , elle avait très-insensiblement fait les progrès , par lesquels elle était parvenue h cet énorme volume, et néanmoins, pendant bien des années , elle avait été si peu incommode , que Clauzen , qui s'en servait la nuit en guise d’oreiller, avait assuré qu’il remporterait avec lui dans le tombeau. Depuis quelques années , il diminuait l’incommodité de son poids , en l’enveloppant et la supportant avec une* ceinture qu’il fixait sur le front ; niais enfin, cette tumeur, indolente près de quarante ans, s’était ulcérée depuis à-peu-près six semaines, et nulle application n’avait pu arrêter les progrès de cette ulcération, qui était moins incommode par la douleur , que par J/p Jç*ur infecte qu’elle exhalait. Celte circonstance détermina Clauzen ; il préféra courir le risque de succomber à une opération , qu'il regardait comme très-dangereuse , plaid! que de rester dans un étal qui lui était insupporta ble.
Vol. IL
Le malade fut couché sur le ventre dans son lit : après avoir examiné la hase du pédicule, et calculé approximativement son étendue, je disséquai sur la partie supérieure un lambeau demi-circulaire ; puis , d’un seul coup de bistouri, je coupai la peau dans toute la circonférence inférieure du pédicule , et je parvins à la séparer des parties auxquelles elle adhérait. Il résulta de mes deux incisions un lambeau de peau saine, en forme de tablier , qui retombait sur une énorme plaie, et la couvrait presque entièrement. Celte opération fut très-longue; il fallut lier un très-grand nombre de vaisseaux , soit artériels , soit veineux. Les veines énormes qui revenaient de la surface du lipome à son pédicule , et qui , ouvertes , donnaient prodigieusement de sang, m’obligèrent de serrer le pédicule tout entier d’une forte ligature. Toutes les ligatures achevées , je recouvris immédiatement cette grande plaie avec le lambeau de peau parfaitement saine, que j’avais conservé,.... et maintins les «urfaces en contact avec de longues et larges bandelettes agglutinalives. Il y eut , au boni de trente-six heures , beaucoup d inflammation , et quelques points de suppuration de bonne nature, dans quelques parties des bords
qui a avaient pas pu être mises en contact» Cependant Ciauzen lut complètement guéri au bout de vingt-un jours; ia tumeur, dont j’ai oublié le poids , était entièrement composée de mamelons graisseux , renfermés dans les cellules élargies du tissu cellulaire, que i’ulcération n’avait point atteint; une portion seule de la peau était ulcérée , ce qui paraissait provenir uniquement du frottement de la courroie destinée à soutenir la tumeur»
B ) J’ai assisté à une extirpation très-laborieuse, qu’a pratiquée à Nimes M. J. P* Maunoir, d une tumeur pancréatique située derrière l’angle et la branche montante de la mâchoire inférieure , sur un homme de cinquante-cinq ans environ , qui la portait depuis fort longtemps ; cette tumeur ne paraissait pas disposée à acquérir un volume énorme , mais elle gênait singulièrement les moovemens de la mâchoire, et on craignait que par une cause quelconque , elle venait à s’ouvrir , il n’en résultât un ulcère d’une nature rebelle»
L’opération fut très-difficile et fort longue ; le voisinage de vaisseaux considérables empêchait qu’on ne se servît du bistouri, pour détacher la partie postérieure de la tumeur , et
l’on y employa l’ongle et l’extrémité d’une spatule en langue de carpe ; au moyen de celte précaution, la tumeur, qui était grosse comme le poing d’un enfant de douze ans , fut enlevée sans accidens , et le malade guérit sous Fia-” fluence des soins ordinaires.
Voici un cas presque du même genre, que j’extrais d’un Mémoire de M. J. P. Maunoir, qui me parait devoir être rapporté au Sarcome pancréatique . — » Une dame âgée de vingtquatre ans , portait depuis dix-huit mois une tumeur fort dure, de forme irrégulière , située sur la région de la parotide gauche, remplissant l'intervalle qui se trouve entre l’angle de la mâchoire inférieure et l’apophyse mastoïde , soulevant le lobe de l’oreille, remontant jusque sur l’apophyse zygomatique , et sur une grande partie de la joue. Cette tumeur, qui parfois causait à la malade des douleurs lancinantes , paraissait isolée , la peau était saine partout , et n adhérait nullement à la tumeur.
Le 12 Mars 1791? je procédai à l’extirpation. Je lis deux incisions sérm lunaires, qui , se réunissant par Purs angles , renfermaient entr’eîles un demi pouce de peau dans leur partie la plus distante, et avaient un pouce de plus
que îe grand diamètre de la tumeur.... La séparation de la tumeur d’avec la peau fut facile; mais l’opération devint très-laborieuse, quand il fallut disséquer dans l’enfoncement qui est entre la mâchoire et l’apophyse mastoïde. Je ne donnais pas un coup de bistouri que je n’eusse bien exploré les parties avec le doigt , pour ne pas risquer d’ouvrir la carotide. Je n’eus à lier que deux artères un peu considérables , un rameau de la maxillaire externe , et un de la temporale ; enfin , après beaucoup de peine , la tumeur tomba , et laissa une grande plaie, dont le lieu le plus profond présentait une partie très-gonflée de la veine jugulaire , vers laquelle on sentait et on voyait les pulsations de la carotide , probablement de T interne. Sur la fin de l’opération, je coupai un rameau nerveux , parce qu’il causait des douleurs cruelles h la malade toutes les fois qu’il était touché. Je réunis les lèvres de la plaie avec des bandelettes... . etc. — La S limeur, examinée ensuite , présenta une masse composée de lobes , ou glaedules , réunies par du tissu cellulaire très-serré $ les petites glandes avaient une consistance couenne use et larda cée , et une d’elles, dans le centre de la tumeur, formait une petite loge , remplie
d'une sérosité jaunâtre , et dans Tétât de demi suppuration.
Pendant le traitement , la suppuration , bonne en apparence , eut pendant plusieurs jours une très-mauvaise odeur, la joue enfla et se tordit ; au septième jour, elle avait désenflé, mais était restée tordue et insensible ; le nerf coupé était peut-être la portion dure de 3a septième paire.
La maladie n’a pas reparu , et la santé de la malade a paru affermie; mais la paralysie de la joue a persisté. Quatre ans après, des symptômes de phthisie se sont manifestés, qui, au bout d’une année, ont emporté cette dame , dont plusieurs parens étaient morts de la même affection.
G) Le cas suivant, extrait du même mémoire , offre quelques rapport avec les Sarcomes cysliques de l’auteur; il peut surtout être considéré comme le résultat d’une Diathèse cystique.
« Mad. W. , dit M. J. P. Maunoir, âgée de cinquante- cinq , n’ayant jamais eu d’enfaut, avait, depuis un grand nombre d’années, le corps couvert, de tumeurs enkystées, molles, de différentes grandeurs , depuis celle d’un
pois jusqu'à celle d’une noix ; la face seule en était exempte ; la malade portait, en outre, au sein gauche , une tumeur dure, de forme irrégulière; le mamelon était enfoncé et adhérent à la glande squirreuse ; la peau , dans îe centre de la tumeur , et dans l’étendue d’un pouce carré , à-peu-près , était rouge et ad» hérente ; la malade ressentait depuis un an , dans le centre de la tumeur, des douleurs lancinantes et assez fugitives ; la santé était faible , languisante ; mais elle n’avait pas de lièvre .
Aidé de mon frère, je pratiquai l extirpation de cette tumeur , j’en séparai la peau , et l’ayant emporté , je trouvai qu’elle avait la dureté du squirre , et que son centre était occupé par une cavité , grande comme une noix , pleine d’un liquide à demi fluide , d’un jaune sale. Je fus obligé de disséquer et d’extraire une petite glande noire, qui était nichée dans l’interstice des fibres du grand pectoral mis à découvert. »
Le traitement subséquent offre une circonstance remarquable qui m’engage à poursuivre cet extrait,
« La cicatrisation fut lente et difficile à se faire , et environ trois semaines après l’opé-
ration s tout d’un coup, la petite ulcération qui restait* et. avait eu jusqu’alors une bonne cou-» leur * se couvrit de chairs livides et blafardes * la partie qui était cicatrisée se rouvrit , et Ses lèvres de la plaie du côté de l’aisselle se roulèrent en bourrelet dur et rouge* en s’éloignant ] une de l’autre» ... .Te donnai à la malade vingtquatre grains d’ipéçacuanha , qui produisirent un bon effet , quant à l’estomac et à l’appétit * mais ne changèrent rien aux fâcheuses apparences de la plaie * qui se creusait d’un jour à l’autre. Alors je lui donnai * dans un verre de tisanne de saponaire, dix gouttes de teinture minérale de Fowler (liqueur arsenicale) * dose qu’elle augmenta d’une goutte chaque jour * et je lui prescrivis un régime fortifiant. Dans moins de trois jours, les chairs blafardes devinrent vermeilles , les bourrelets s’affaissèrent , la suppuration reprit un bon caractère ; bientôt après , c’est-à-dire , en moins de huit jours , la cicatrice fut complète . »
Où placer , si non dans les tumeurs cv s tiques, les deux cas suivans, empruntés au même Mémoire? « Une dame, d’environ quarante ans, dune constitution robuste, portait au sein droit une tumeur volumineuse et régu-
lière, hémisphérique , fort dure , laissant cependant apercevoir une fluctuation profonde, qui par fois était douloureuse , mais point autant que le sont les squirres ulcérés intérieurement. « La tumeur fut emportée , en ménageant la peau , pour réunir par première intention j suivant la méthode habituelle et tou» jours heureuse de M. Ma UNO IR, qui l’employait déjà en 1797*
a La tumeur, examinée, présenta une masse dure dans laquelle on ne pouvait méconnaître une fluctuation ; elle formait un kyste d’un demi pouce d’épaisseur , d’une consistance tout-à fait squirreuse, rugueux et mamelonné dans son intérieur, comme certaines géodes siliceuses, renfermant environ six onces d’une sérosité très- limpide , qui se coagula à la flamme d’une bougie ; de l’intérieur: de ce kyste naissaient trois végétations, ayant un pédicule mince, et une tête développée en forme de choufleur ; ces corps flottaient dans le liquide , retenus par leur pédicule ; ils avaient une consistance squirreuse. La cicatrisation de la peau rapprochée fut faite en quinze jours , et depuis ce temps-là la malade a joui d’une santé parfaite . »
« Une dame de trente-six ans , bien réglée, n’ayant jamais eu d’enfant, portait au sein droit, depuis trois ans, et à la suite d’un coup de coude, une tumeur d’une dureté pierreuse, de temps en temps douloureuse, entourée de graisse, mobile et sans changement de couleur à la peau. La tumeur fut emportée par le procédé o rd maire ; la graisse qui l’environnait contenait quelques hydatides, dont l’enveloppe était noire , renfermant un liquide roussâtre ; elles furent toutes emportées , et la plaie fut réunie par première intention.
a La tumeur disséquée offrit, au centre d’une dureté squirreuse , un point ulcéré , renfermant un pus très-liquide qui jaillit au loin, lorsqu’on l’ouvrit.....))
D ) Le Sarcome médullaire d’ÂBERNETHY parait avoir les plus grands rapports avec le Fongus médullaire de Maunotr ; voyez le Mémoire de ce dernier sur ce sujet, et les nom-» Lreuses observations qu’il y donne, et qui lui sont propres.
E) Je cite encore ici M. Maunoir.
cc II y a plus de huit ans que Mlle. C., âgée de cinquante ans, m’a consulté pour une tu-
meur au sein gauche , dure, indolente par fois, et de temps en temps douloureuse , d'une ma* nière fugitive , mobile, ayant le mamelon tout» à-fait rentré , et recouvert d une eschare , qui ressemble à un peu de terre durcie. J’ai été toujours d’avis d’extirper cette tumeur sqmrrense ; la malade s’y est constamment refusée, et depuis ces huit ans , ce squirre, que j’attrois cru prêt à s’ulcérer , est encore , à peu de chose près , dans le meme état ; seulement le mamelon est un peu plus rentré, comme disparu , et l’eschare terreuse a légèrement augmenté. 3)
Environ trois ans après que ceci a été écrit, Mlle. C. a consenti à l’extirpation; j’ai assisté à cette opération , qui n’a rien offert de remarquable ; la guérison de la plaie a eu heu sans accident, et la malade a survécu plusieurs années , sans incommodité ou maladie particulière.
F) L'auteur pourrait ici faire une exception en faveur du feu , en voici la preuve.
« M. Huit portait depuis quinze ans , sur la face gauche du nez , un ulcère cancéreux qui occupait presque toute l’aile gauche, une partie de la joue , et s’étendait jusque vers
F œil ; p S "opérai , dit M, Maunoir , en excisant tout ce qui paraissait cancéreux , et appliquant ensuite le cautère actuel sur toute la plaie, de manière à ne pas conserver le moindre soupçon de n’avoir pas détruit toute la partie affectée ; le feu mit a nu , et les os et les cartilages du nez. M. Huit fut pansé par M. Ch. PfîSCHïfiR . alors mon élève , qui m’avait aidé dans l’opération ; il guérit de cette plaie sans difformité , et depuis ce temps-là, il n’a pas eu 3e moindre symptôme de son ancienne maladie. »
G ) En voici un exemple frappant.
« Mme. D. S. nous demanda en consultation M. Jürine et moi , dit M. Maunoir ; nous trouvâmes une femme de quatre-vingtquatorze ou quatre-vingt-seize ans, parlant avec peine , mais avec une expression de gaîté et presque de bonheur; sa figure était, à peu de chose près , détruite par un ulcère cancéreux ; un reste de l’œil gauche tombait du fond d’un antre tapissé d’une escarre noire ; les fosse nasales, de ce côté, et le sinus maxil-
faire , en faisaient partie ; leurs parois étant absolument détruites par l’ulcère , à-peuprès toute la joue éiyait disparu ; on voyait
de même l'intérieur d’une bouche privée de dents, et le ravage s’étendait jusque sortes gencives; de cet antre noir découlait peu de matière , et la malade n’en paraissait guère incommodée. Elle sourit presque de pitié, a Fouie des conseils que nous lui donnâmes , et qui étaient, surtout , des conseils de propreté ; il y avait plus de trente ans qu’elle était atteinte de cet ulcère, qui, sans la faire beaucoup souffrir, et sans affecter sa constitution d’une manière bien marquée , avait détruit, pièce par pièce , presque la moitié de sa face. »
H) Que penser du remède suivant, proposé dans le journal deîîüFELAND, et que je trouve consigné dans le Répertoria Medico-Chirur -
gico de Turin?
B. Borat : sod : dr : duas.
A cf : stillat ; lepid : une : sex. fiat solutio .
L’auteur prescrit de tremper des compresses dans celte solution , et de les appliquer sur le lieu affecté , en les maintenant humides.
Dans un Ganser du sein qui faisait éprouver les plus cruelles douleurs , il changea la formule comme suit.
R. Borat : sod : serai une.
Extr : h y ose : dr ; du as.
xi(j : rosar : une : imam.
fiat solutio ,
Le succès de cette application surpassa toute espérance. (N’y aurail-il pas une erreur dans la quantité d’eau de Roses , qui me parait trop faible ?)
Sur un énorme Cancer repuîlulé , que je soigne maintenant 3 et qui est fort douloureux , sans donner aucun relâche à la patiente, jai essayé d’appliquer une pommade dans laquelle il entrait de l’exîrait de Belladone ; les douleurs ont subi quelque amendement ; mais l’action de ce remède sur ie cerveau a été si forte , que la malade a préféré son état douloureux , et n’a pas voulu continuer l’usage de la pommade.
L’auteur de ce Mémoire renvoie souvent aux planches qui accompagnent l’Anatomie pathologique de Bail lie , et où ii trouve exprimés quelques-uns des tissus qu’il décrit ; ces planches n’ayant pas été reproduites avec
la traduction française de cet ouvrage , j’ai retranché tous les passages qui contenaient ces renvois. J’ai aussi abrégé la conclusion de l’Auteur.
L liuüe de Castor , dont il est parlé dans le Mémoire 9 n’est autre chose que X huile de Ricin