‹ Mélanges de chirurgie étrangèreChapitre 5 sur 21 · LIPOME CONSIDÉRABLE · texte numérisé non relu

LIPOME CONSIDÉRABLE

jExtirpè arec succès par Astley Cooper , chirurgien de l hôpital de Guy , et -professeur d'anatomie et de chirurgie.

Yiré des Transactions médico-chirurgicales , vol. il.

Traduit de l’anglais

4Par J. P. Dupin, DocLr Chirurgien,

Les tumeurs graisseuses sont susceptibles d’acquérir un plus gros volume qu’aucune autre. Elles ne sont pas dues a une accumulation de graisse seulement, mais à un véritable accroissement du tissu graisseux générai , auquel leur structure est tout-à-fait semblable , offrant seulement un peu plus de densité.

Les cas parvenus à ma connaissance , dans lesquels des tumeurs de ce genre ont acquis des dimensions considérables , et ont été extirpées avee succès, sont, celui de M.me Smith, aubergiste a Yarmouth , dans le comté de Norfolk , dont la loupe , que j’enlevai à l’hôpital de Guy, pesait quatorze livres, dix onces ; celui de JVL Àyres > orfèvre dans la

ruedeTenchurcb, qui fut délivré par M. ClïnE» d’une tumeur pesant quinze livres ; enfin M- Copland a aussi enlevé à M.me de Tottenham une semblable tumeur située à la cuisse et pesant vingt-deux livres ; mais la grandeur de celle dont il s’agit dans le cas suivant , excédait de beaucoup la plus considérable de ces dernières.

Comme , pour l’ordinaire , ces tumeurs naissent dans des parties dépourvues de grosses artères , qu’elles ont une base étroite et une grande mobilité , leur extirpation ne constitue pas une opération aussi redoutable que celle de plusieurs autres tumeurs d’un moindre volume , mais dont la structure est plus vasculaire , et le siège plus rapproché des gros vaisseaux sanguins. Toutefois, la tumeur en question étant placée sur l’abdomen, enveloppant le nombril , et occupant cette portion de la ligne blanche , dans laquelle on rencontre si souvent des hernies , il était impossible de s’assurer parfaitement qu’elle ne contînt pas l’épiploon déplacé. Indépendamment donc de son volume énorme , elle présentait dans son extirpation plus de danger et de difficulté que l’on n’en rencontre ordinairement.

Oise/ valion,

Nicolas Pearson , âgé de 67 ans ? entra dans l’hôpital de Guy, le vingt-six Septembre 1820 5 dans le but d’être délivré d’une grosse tumeur, naissant du milieu du ventre, et sur laquelle il donna les renseignemens suivans*

A l’âge de 17 ans, il aperçut une tumeur grosse comme un pois , située au milieu de l’espace compris entre le nombril et le cartilage xyphoïde; elle était indolente, et ne le gênait en rien dans ses fonctions de marin; pcu-à-peu elle fît des progrès, et atteignit, en seize années 9 la grandeur de la tête d’un enfant , ne produisant encore d’autre inconvénient que celui qui résultait cle son volume et de sa pesanteur; mais il n’était pas suffisant pour îe forcer de renoncer à ses occupations. Cependant > elle continua à croître ; dans l’espace de vingt-neuf ans , â dater de son origine , elle acquit un volume qui rendit le malade tout-â-fait incapable , soit du service de mer, soit de se livrer à toute aulre occupation aille ; il était obligé de la soutenir au moyen d’un bandage passé autour du cou ; néanmoins, à celte époque si avancée^ elle ne lui causait aucune douleur.

Vers ce temps-îà , il fut saisi d’une fièvre qui , suivant ses propres expressions , avait son siège dans la tumeur ; il n’y a pas de doute, d’après sa description, que celle-ci ne se soit enflammée à cette époque , et par suite ulcérée à la surface.

Celle tumeur conservait de la sensibilité , mais non pas évidemment au même degré que les autres parties saines du corps ; car un jour que cet homme était assis devant le feu , une portion considérable de la surface fut brûlée , avant qu’il se doutât de ce qui se passait. Il fut long-temps a se remettre des fâcheux effets de cet accident.

Il endura ainsi sa maladie pendant quarante ans , sans autre changement que de la voir augmenter peu-à-peu ; la tumeur avait alors acquis un volume prodigieux : sa plus grande circonférence mesurait une ver°;e et un quart ( environ 5s pouces de Roi ) , celle de son pédicule , 18 pouces ; lorsqu’il était assis, elle s’étendait jusqu’à ses genoux. Elle avait augmenté plus rapidement pendant les trois dernières années ; mais jusqu’au moment de son entrée à l’hôpital , le malade ne se plaignit d’autre incommodité cpie du poids qu’il avait à supporter, et qui le rendait

tellement hors d’état de pourvoir h sa subsistance , que ce fut ce qui le força d’en faire faire l’extirpation. Le i3 Octobre 1820, l’opération fut pratiquée , dans l’amphileâtre de î’hôpitai de Guy, de la manière suivante.

La tumeur repoussée sur le côté droit du malade, l’on fit à sa base une incision comprenant la peau et le tissu cellulaire , et on la détacha suffisamment pour s'assurer qu’elle n’était liée, ni avec une hernie , ni d’une manière quelconque avec l’abdomen. En poursuivant celte recherche , l’on trouva qu’une portion considérable , beaucoup plus sensible que le reste, se projetait dans l’ombilic , sans être cependant une hernie. Ce point important une fois déterminé , le reste de l’opération ne fut plus qu’une simple dissection accompagnée de la ligature des veines et des artères: les premières, d’un diamètre considérable , saignaient abondamment ; les secondes n’étaient pas aussi dilatées qu’on aurait pu raisonnablement l’attendre , d’après le volume de la tumeur. Le malade ne perdit, pendant ce temps , qu’une quantité de sang peu considérable*

Le poids de la tumeur , pris immédiatement après l’extirpation et indépendamment

du sang qu'elle contenait , était de trente sept livres , dix onces.

Aucun symptôme fâcheux ne suivît cette opération , si Ton excepte une douleur légère a la tête qui survint le second jour. La plaie guérit en partie par première intention , mais principalement par suppuration ; au bout de huit jours , le malade fut assez bien pour se lever et marcher dans la salle.

Dans le but de déterminer le poids relatif de la tumeur et du corps du malade , mon élève, M.r D. Babington , pesa celui-ci après son rétablissement , et on trouva (pie la première faisait un peu plus du quart du poids total du corps. Celte expérience , faite avant l'opération , aurait offert un résultat plus exact çt plus satisfaisant.

La tumeur est conservée dans le Muséum de l’hôpital de St. Thomas.

DE

L’OESOPHAGOTOMIE,

ET

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