La guérison doit être attribuée à l'opération
Il semble difficile d’expliquer les accidens qui ont eu lieu du côté de la trachée. L'on pourrait présumer que ce conduit aurait été traversé par l’aiguille ; mais alors la présence de la soie aurait apporté à la respiration un
obstacle immédiat : il v aurait eu en même
temps de l’irritation , comme dans les cas où l’on introduit une caonuîe après l’opération de îa bronchotomie ; ceüe irritation aurait été très-promptement développée par la nature même du corps étranger , il y aurait eu aussi très-probablement: quelque expectoration sanglante ; bien plus , si tel eut été le cas , une communication aurait été établie entre la : trachée et les plaies extérieures. Mais après que Lon eut retiré le séton lorsqu’une fausse m?m hrane se présenta aux plaies, et fut en même temps expectorée , la flamme d’une bougie placée devant les premières ne fut nullement
sgitée , lorsque, les narines et la bouche fermées, le malade s’efforcait de chasser l’air de
la poitrine , expérience qui fut répétée plusieurs fois , et toujours avec le même résultat. Considérant ces circonstances , et n’ayant pas la moindre raison de supposer que la trachée ait été blessée par quelqu 'autre cause dans le moment de l’opération, je dois croire qu’elle ne l’a pas été, et que l’inflammation qui s’est manifestée lui a été communiquée par la tumeur; à cet égard, il est important de se rappeler que, déjà avant l’opération , ce conduit avait été affecté, et le malade fatigué par une toux trèsforte.
Comme j’attendais la diminution de la tumeur de l’écoulement produit par le séton , je désirais le maintenir, et je le fis jusqu’à ce que la gravité des accidens m’eût forcé de le retirer.
La fréquence et la foiblesse du pouls étaient telles, que je craignais, dans de semblables circonstances, d’employer des moyens énergiques pour réduire l’inflammation , qui ne pouvait céder t&nt que la cause qui l’avait excitée subsistait. Je soutins la suppuration par des fomentations et des cataplasmes; et à mesure que la maladie locale s’améliorait ; l’affection géné-
raie de la membrane muqueuse des poumons diminuait d’autant.
En comparant ce cas avec ceux du docteur Quadri, je crois devoir conclure en somme, que l’opération y était plus impérieusement réclamée , qu’elle fut suivie d’accidens plus redoutables, et que le succès en fut plus remarquable et plus complet.