‹ Mélanges de droit et d'histoireChapitre 25 sur 51 · LE DROIT DE PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

LE DROIT DE PROPRIÉTÉ

que l'on a faite enlre les garanties que les lois civiles el politiques ont accordées à la propriété, et l'origine de la propriété. Ces lois ont, selon les temps et le caractère des peuples, protégé d'une manière plus ou moins large la fortune individuelle de chaque père de famille, mais elles ne l'ont pas créée. Intimement lié au principe de la liberté humaine, antérieur à la formation des sociétés, le droit de propriété est la conséquence directe des facultés de l'homme, de son organisation, de son amour pour le travail, le but normal des rapports que Dieu a établis entre l'homme et la matière. Cicéron faisait briller sur un monde agité ces doctrines des philosophes les plus célèbres de la Grèce, lorsqu'il écrivait, dans les dernières années de sa vie, ces paroles remarquables : c Que si les hommes étaient conduits par la » nature même à l'état de société, les villes avaient été fon- » dées et les gouvernements constitués principalement pour garantir les propriétés privées. > Hanc enim ob causant, maxime ut sua tenerenl respublicœ civilatesque constituiœ; nain et si duce nalura congregabanlur homines , tamen spe cuslodiœ rerum suarum urbium prœsidia quœrébanl (1). Vico, identifiant la propriété avec l'homme, disait, au commencement du dernier siècle, que Dieu lui-même ne pouvait détruire le droit de propriété privée sans détruire l'homme. « Propriela d'umana nalura , che non puo essere tolta ail' » uomo, nemmen da Dio , senza distruggwlo (2). »

Je me propose de mettre en relief aujourd'hui le respect que les Romains professèrent pour le droit de propriété. Ce respect a été grand ; nulle autre part il n'a été plus profond. La propriété privée fut sans doute chez ce peuple l'objet de nombreuses atteintes ; mais ces atteintes semblent , à cause de leurs caractères particuliers, avoir communiqué au principe une force nouvelle.

Pour embrasser tout mon sujet, j'aurai à me préoccuper

(I) De Offic, lib. u, 21.

(3) Sciensa nuova, lib. n.

successivement de ce qui s'est passé sous la monarchie, sous la république et sous l'empire.

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