‹ Mélanges de droit romain- 1. -Histoire des sourcesChapitre 20 sur 60 · LA DATE DE LEDIT DE JULIEN · texte numérisé non relu

LA DATE DE LEDIT DE JULIEN

ensuite triumvir monétaire, puis questeur du prince, puis tribun de la plèbe candidatus principis \

Pour que la rédaction de Pédit eût été faite pendant le premier séjour d'Hadrien à Rome, donc au plus tard en 121 2, il faudrait que les trois événements pussent se placer avant la fin de l'an 121. Or, il serait peut-être difficile que Pomponius eût écrit si tôt son premier ouvrage ou que Julien fût arrivé de si bonne heure à la direction de 2!) l'école sabinienne. Mais il est de toute impossibilité que la nomination d'Aburnius Yalens à la direction de cette école soit antérieure à l'an 121 ; en effet, on a depuis longtemps remarqué qu'en Pan 118, quand Aburnius Valens occupa la préfecture des fêtes latines avant d'exercer les fonctions de triumvir monétaire, ce devait être un tout jeune homme, presque un enfant, d'après les usages de son temps où les membres des grandes familles arrivaient au vigintivirat à moins de vingt ans 3 et étaient nommés à la préfecture des fêtes latines à peine pubères *. Il est impossible que

(1) G. I. L., VI, 1421 = Dessau, 1051 : L. Fulvio C. f., Pupin. [lisez : Popin(ia)] Abumio Valérie, pontifici, praefect(o) urbi feriarum Latinar[um) facto ab imp(eratore) Hadriano Aug(usto) II co(n)s(ule) (an 1J8), III viro a{uro) a{rgento) a{ere) f\lando) f(eriundo), quaest(ori) Aug(usti), tribune- plebis designato candidate Aug{usti), eq[uo) publ(ico), c(larissimo) j(uveni), d{ecreto) d(ecurionum). 11 est l'auteur d'un traité des fidéicommis en sept livres postérieur à l'avènement d'Hadrien et à la publication du livre 39 des digesta de Julien, qui peut avoir été écrit sous Antonin le Pieux, mais qui peut aussi l'avoir été sous Hadrien, car c'est seulement le livre 42 des digesta de Julien qui a été sûrement écrit sous Antonin le Pieux après le consulat de 148 (p. 243, n. 2). Il n'estpas plus certain qu'il ait, comme on l'a conjecturé, fait partie du conseil impérial sous Antonin le Pieux ; car, si on a corrigé les mots de la liste de la Vita PU, 1, 2: Salvio Valente •en Fulvio Valente (Mommsen, Gesammelte Schriften, II, 134, 22) ou en Salvio Juliano, Fulvio Valente (éd. Peter) cela paraît d'autant moinsjustifié que Salvius Valens est connu par le Digeste comme destinataire d'un rescrit d'Antonin le Pieux (/)., 48, 2, 7, 2).

(2) Nous partons de la date la plus désavantageuse pour le raisonnement. Il est encore renforcé si, comme il n'est pas impossible, Hadrien a quitté Rome dès la fin de l'an 120 (p. 230, n. 2).

(3) V. Mommsen, Staatsrecht, I, 572, 4 =. tr. fr., II, 234, 3. Personnage mort à vingt ans et neuf mois après avoir revêtu le décemvirat : C. I. L., VI, 1439. Glarissimi juvenes IlIIviri viarum curandarum à vingt et vingt et un ans : C. I. L., II, 112.

t (4) V. Mommsen, Staatsrecht, I, 671, 2 et 4 = tr. fr., II, 351, 1 et 3. Plusieurs préfets impubères en 720 : Dion, 49, 42; un en 731 : Dion, 53, 3.

ce jeune homme !, qui était préfet des fêtes latines avant d'être triumvir en 118, ait été appelé, moins de trois ans après, même avec le concours de Tuscianus, même avec le concours beaucoup plus douteux de Julien, à diriger l'une de ces grandes écoles à la tête desquelles s'étaient succédé depuis le début du Principat les jurisconsultes les plus illustres \ (/impossibilité devient encore

l'et nommé peu après avoir NTétll la toge civile qu'il avait prise avant lage de quinze ans : Vita Marci, 4.

(1) C'est K. Viertel, Nova quaedam de vitù jurisconsullorum, Ko;nigsberg, 1868, p. 32, qui a le premier remarqué que la préfecture des fêtes latines occupée par Aburnius Valens en 118 d'après l'inscription est la preuve qu'il était alors un tout jeune homme. V. depuis dans le même sens Moramsen, Z. R. G.y IX, 1870, p. 90, n.21 = Ges. Schviften, II, p. 13, n. 21; Kaitoira,

nische Rechtsgeschichte, I, p. 710; Kru -• t. CcscIk der Quellen, p. 171, n. 67 = tr. fr., p, 128, D. 4 : Pittiog, Altrr und Folge,p. 33, qui concluent tous qu'il doit être né ver* l'an 1»>" ou môme après l'an 100.

(2) Par contre-coup, il est également impossible que Javolenus qui, suivant Pomponius, a été remplacé à la tête des Sabioiens par Aburnius Valens, soit mort, comme on répèle toujours, sous Trajan ou un peu après l'avènement

l Hadrien. Cette idée, en faveur de laquelle M. Iv.in.mann cite, p. 180, n. 8, une liste d'auteurs qu'il eut pu facilement allonger, s'appuie sur des vraisemblances tirées de ce que Javolenus, ayant été légat consulaire de Germanie supérieure en Tan 90 (C. /. L., III, Suppl. 9660, p. 1965) et n'ayant d'ailleurs pas encore été consul en l'an 83 (Cagnat, Année épigraphique, 1894, n° 130) a nécessairement été consul entre l'an 83 et l'an 90, sans doute plus près de la première date que de la seconde ; que par suite il avait au moins trente-trois ans et probablement beaucoup plus en 84 environ, date de son consulat, et il en aurait eu au moins soixante-six et probablement beaucoup plus en l'an 117 et que, d'après la durée moyenne de la vie humaine, il doit être mort vers cette époque. Mais nous avons la preuve que la durée de la vie de Javolenus a été supérieure, fort supérieure, à la durée moyenne de la vie humaine, qu'il a vécu jusqu'à l'âge de soixantequinze ou quatre-vingts ans peut-être; car ce n'est qu'alors qu'il a pu remplacé par Aburnius Valens dans la direction de l'école sabinienne, d'ailleurs infiniment plus compatible avec les forces et les commodités d'un vieillard illustre que le commandement d'une légion ou le gouvernement d'une province lointaine. La remarque mérite d'autant plus d'être faite ici que l'opinion courante selon laquelle Javolenus serait mort au plus tard vers l'avènement d'Hadrien a exercé une influence sur la conformation donnée à la biographie de Julien par beaucoup d'auteurs soucieux de lui permettre de profiter de l'enseignement de Javolenus. Les deux auteurs qui se sont occupés de cette biographie avec le plus de détails depuis la découverte de l'inscription et l'article de Mommsen, If. Kornemann, pp. 181-182, et M. de Francisci, pp. 450-451, fixent principalement pour cette raison, en l'an 95 la naissance de cet homme qui était proconsul d'Afrique soixante-dix ans • après sous Marc- Aurèle et L. Verus (M. Kornemann invoque en outre aupa-

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