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L'ÉTUDE DES SOURCES DU DROIT ROMAIN' eis

J'ai, Messieurs, obtenu l'autorisation de vous faire pendant cette année scolaire un cours libre sur les sources du droit romain. Mon intention est de faire ce cours le moins solennel et le plus familier possible, et, si même j'arrive pleinement à ce que je souhaite, nous trouverons plus tard un moyen quelconque de mettre, à côté du cours en forme où je parle seul, une conférence pratique où nous parlerons tous, où nous pourrons par exemple discuter en commun des questions préparées à l'avance, tantôt par l'un, tantôt par l'autre de vous. Mais il n'en est pas moins nécessaire que je commence aujourd'hui par vous expliquer d'une façon précise l'objet de l'enseignement que je compte vous donner et qui, à ma connaissance, n'a pas encore fait ici la matière d'un cours distinct.

Il est à peine besoin dedéclarerque je ne prétends aucunement empiéter sur le programme des cours réguliers de licence ou de doctorat consacrés aux différentes branches du droit privé des Romains. Ainsi qu'il résulte du titre que j'ai choisi, mon cours portera sur les sources du droit romain, sur ce qu'on appelle aussi parfois du nom plus ou moins clair d'histoire externe du droit romain, c'est-à-dire sur l'ensemble des théories qu'on indique sommairement au début de la première année de licence, avant d'aborder

(1) Revue internationale de V enseignement, n° du 15 juin 1890, XIX, 1890, p. 515-625. Extrait de la leçon d'ouverture du cours libre de sources du droit romain, commencé à la Faculté de droit de Paris, le 11 décembre 1889. Toutes les notes ayant été ajoutées lors de la présente réimpression, il a paru superflu de les mettre entre crochet».

les divisions du droit privé. Mais je dois vous dire de suite que mon but exclusif ni même mon but principal ne sera pas du tout de reprendre ici, avec des développements plus étendus, les indications forcément superficiel les qu'on peut donner, en première année, à des étudiants qui ne 616 savent pas encore de droit, sur la distinctiou du jus scri/jlum et du JUS /ion scri/)lum,suv la façon dont le droit positif a été créé, selon les époques, par la coutume, les lois, lev plébiscites, lessénatus-consultes, les constitutions impériales, lesédits des magistrats et les réponses des prudents. Naturellement je dirai le nécessaire sur le fonctionnement pratique de ces différentes souries, et je tâcherai de le faire de la manière la plus exacte et la plus conforme à l'étal présent de la science. .Mai- en même temps et surtout

j'insisterai beaucoup sur un aulre. ordre d'idée^ infiniment pins étranger aui études courantes, quoiqu'il rentre rigoureusement dans la définition des sources et que ce soit même à lui qu'on pense à peu près exclusivement quand on parle d'étude des sources ailleurs qu'en droit romain. A côté du fonctionnement des différentes sources, nous nous occuperons des monuments qui sont venus de chacune d'elles. En même temps que je vous décrirai le mécanisme par lequel elles ont produit des documents juridiques, je vous expliquerai les procédés que l'on doit employer pour rechercher ces documents, pour les reconstituer dans leur physionomie originale et les replacer à leur date historique.

C'est là, je crois, un enseignement qui complétera, et môme qui complétera très utilement vos connaissances actuelles de droit romain, non pas directement, en vous faisant apprendre de nouveaux détails sur telle théorie isolée, mais indirectement, en vous instruisant des méthodes par lesquelles on les étudie toutes, en vous munissant d'un outillage spécial qu'il est très difficile de se procurer à soimême, sans suivre un enseignement systématique, et à défaut duquel il est absolument impossible de faire des travaux personnels ayant une valeur et une tournure scientifiques.

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