‹ Mélanges de géologie et de physique généraleChapitre 31 sur 69 · VA · texte numérisé non relu

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Ce taUeaq proure , comma la théorie seule paraît

déjà riDdiquer, que, dans Tétat moyen de Tatmosphère, la chaleur ne décroît pas uniformémeot suivant une progression arithmétique. Dans les Cordillères , et ce fait est extrêmement curieux , on voit le décroissement se ralentir entre 1000 et 3000 mètres de hauteur, surtout entre 1000 et 2500, puis s'accélérer de nouveau de 3000 à 4000 mètres. Les couches où le décroissement atteint son maximum et son minimum sont dans le rapport de 1 à 2. Depuis la hauteur de Caracas jusqu'à celle de Popayan et de Loxa, 1000 mètres produisent une différence de S'^fS ; depuis Quito jusqu'à la hauteur des Parâmes, 1000 mètres font décroître la température moyenne de plus de 7*. Ces phénomènes tiennent-ils uniquement à la configuration des Andes, ou sont-ils l'effet de l'accumulation des nuages dans l'océan aérien? En se rappelant que les Andes forment un énorme massif de 3600 mètres de hauteur, sur lequel s'élèvent des pics ou des dômes isolés et couverts de neiges éternelles, on conçoit comment, depuis le point où la masse de la chaîne diminue si brusquement , la chaleur décroît aussi avec rapidité. Il n'est pas facile d'expliquer par une cause analogue pourquoi le refroidissement progressif se ralentit entre 1000 et 2000 mètres. Les grands plateaux des Cordillères ne commencent qu'à 2600 ou 2900 mètres, et je pense que la lenteur avec laquelle décroît la chaleur, dans la couche d'air comprise entre 1000 et 2000 mètres, tient à une triple cause : l' à l'extinction de la lumière ou à l'absorption des rayons dans les

nuages, 2* à la formation de la pluie , 3"" à Tobstacle que les nuages opposent au libre passage du calo* rique rayonnant. La couclie d'air dont nous parlons, est la région dans laquelle sont suspendus les gros nuages , ceux que les habitants des villes voient audessus de leur tête. Le décroissement de la chaleur, très-rapide depuis les plaines jusqu'à la région des nuages , se ralentit dans cette dernière région ; et si ce ralentissement se manifeste beaucoup moins dans la zone tempérée, c'est sans doute parce que, à égale hauteur, l'effet du rayonnement y est moins sensible qu'au-dessus des plaines brûlantes de la zone équinoxiale. D'ailleurs , dans les deux zones , la loi du refroidissement paraît être la même pour des couches d'air d'égale température : mais la force du rayonnement varie avec la température des couches rayonnantes.

Les résultats que nous venons de discuter méritent la préférence sur ceux que l'on déduit d'observations faites pendant de rapides excursions vers la cime de quelques hautes montagnes. Les premiers donnent, pour la zone équinoxiale , un degré de refroidissement par 187 mètres, de 0 à 4900 mètres (88); pour la zone tempérée, un degré par 174 mètres, de 0 à 2900 mètres ; les derniers donnent pour la zone équinoxiale, un degré de refroidissement par 190 mètres ; pour les parallèles de 45'' à 47"*, un degré par 160 ou 172 mètres (89). Cette harmonie est sans doute bien remarquable : elle l'est d'autant plus que comparer aux observations répétées en un même lieu les

observations isolées, c'est confondre l'état moyen de Tatmosphère pendant le cours d'une année avec le décroissement qui correspond à telle ou telle saison, à telle ou telle heure du joun Dans son mémorable voyage aérostatique, M. Gay-Lussac a trouvé, près de Paris, à une époque où la chaleur des plaines égalait à peu près celle de la région équinoxiale , un degré par 187 mètres, de 0 à 7000 mètres. C'est à cause de cette égalité observée dans le décroissement du calorique, en pariant d'une même chaleur normale deê plaines , que les réfractions astronomiques correspondant à des angles au-dessous de lO"" ont été trouvées les mêmes sous l'équateur et dans les climats tempérés. Ce résultat, contraire à la théorie de Bouguer , est confirmé par les observations que j'ai faites dans l'Amérique méridionale, et par celles de Maskelyne à l'île de la Barbade , qui toutes ont été calculées par Oltmanns.

Nous venons de voir qu'entre les tropiques , sur le dos des Cordillères , on trouve à 2000 mètres d'élévation , je ne dirai pas le climat , mais la température moyenne de la Calabre et de la Sicile : dans notre zone tempérée , par &6'' de latitude , on rencontre à la même élévation la température moyenne de la La^ponie (90)i Cette comparaison nous conduit à la connaissance exacte des rapports numériques entre les hauteurs et les latitudes , rapports qui sont indiqués avec peu de précision dans les ouvrages de géographie physiquoi Voici les résultats que je trouve d'après les doabées les plus exactes : dans la zone tempérée,

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depuis les plaines jus(|u*à iOOO mètres de liauteur, chaque centaine de mètres d'élévation perpendiculaire diminue la température moyenne de Tannée de la même quantité qu'un degré de latitude en avançant vers les pôles. Si Ton ne compare que les températures moyennes de rété« les premiers 1000 mètres équivalent à 0%h&. De kO" à 60* de latitude, la chaleur moyenhe des plaines décrott en Europe de T du thermomètre centigrade ^ et ce même décroissement de température a lieu , sur la pente des Alpes de la Suisse ^ de 0 à iOOO mètres de hauteur.

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