PRÉFACE
Ces Mélanges géométriques, composés, à diverses époques, pendant les rares loisirs d’une active navigation, portent sans doute l’empreinte de l’agitation au sein de laquelle ils ont été écrits, et peut-être trouvera-t-on qu’ils étaient peu dignes de voir le jour. En sollicitant pour eux l’indulgence du lecteur, je lui dois compte du motif qui me porte à les publier.
La Géométrie pure, longtemps négligée ei> France, a repris de nos jours, grâce aux beaux travaux de quelques saVfcnts illustres, le haut rang qui lui convient et la faveur qu’elle mérite. Une voie nouvelle est tracée : voie féconde, qui, par les grands résultats qu’elle a déjà produits, devrait inspirer aux jeunes géomètres le désir d’y entrer avec résolution et confiance. Cependant il me semble, autant- que j’en puis juger dans mon isolement, qu’on n’apprécie pas encore la valeur et la portée de ces doctrines récentes, qu’on les tient à l’écart, ej: même qu’une sorte de conspiration du silence pèse sur elles. Dans mon humble opinion, c’est un grand tort; et je ne puis me défendre d’un sentiment pénible, en prévoyant que ces belles idées nous reviendront un jour d’Angleterre, de Belgique, d’Italie ou d’Allemagne, après avoir reçu,