La note de Foerster sur ce passage ne me présente pas un
sens clair.
paremens de cent tans. Scheler n'a pas compris ce passage qu'il faut traduire ainsi : c< Du manteau du chevalier on sait bien qu'il a été fait pour représenter (comme symbole de) ' Tornement qui plus que tout autre pare bel et bien ; c'est (je veux dire par là) Thonneur auquel, en aucune façon, ne peut se comparer nul autre ornement ». A ne conipere devait s'ajouter logiquement d'assez^ de grant masse, ou quelque chose d'analogue ; au lieu de cela, le poète a mis cent tans « cent fois autant », comme s'il avait dit honour^ qui miex et plus biel père K' autres paremens,
La même construction se rencontre aussi bien en ancien français que dans le français moderne avec trop indiquant que la juste mesure est dépassée - : Et une cote grise tantost lui endossa; Trop courte fuit dun piet, ses aquetons passa (dépassa sous la cote) (BSeb. XII 200).
Mais on doit remarquer qu'alors même que trop n'est pas exprimé, un adjectif ou une expression quantitative peut avoir le sens qu'ils auraient avec trop '^ ; aussi peuvent-ils être accompagnés de la détermination de la mesure de différence : Une grise cote ot Baudûins endossée ; Courte li fuit d'un piet et si li fu poi lee (BSeb. XII 231) ; Encore en fais je pou d'assez (Watr. 220, 673).
Ce procédé s'explique facilement : la cotte parait courte
1. El non de veut dire « pour représenter, manifester • : une unagene,..Qued angele firent.,. El nom la virgene (Alex. 18 d) ; Ymayes firent li plusur... En sun nun et a sa semblance (SNic. 6r»6) ; Costeniin Veniperê.ur^ En ki nun Vlmage est levée E par ki nun est apelee (Rou III 3057) ; El puis li a par tresgrant amisté Le pié baisié en non (Tumilité (Enf. Og. 7365); El non de geniilleche ferai vostre conmant
Basl. 607:r.
'2. D'ailleurs, ce n'est pas toujours le cas en vieux français, où trop peut signifier seulement « à un haut degré v.
3. V. là-dessus Ebeling dans Zts f. rom. Phil., XXIV 536, et (i(3ohn. dans Archiv f. d. Slud. d. n. Spr. CVI 434.
De DEVANT LA MESURE DE DIFFÉRENCE 185
en comparaison d*une longueur convenable, plus courte que cette demièn», trop courte pour celui qui doit la porter. C'est ainsi qu'il faut expliquer grammaticalement les locutions du français moderne : être léger d'un grain ^ de deux grains K