‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 105 sur 169 · Citées par Littré à léger et à grain · texte numérisé non relu

Citées par Littré à léger et à grain

Participes passés à sens actif.

Il est permis de reprendre encore une fois, même après Diezi, qui^ en la traitant, s'est peu occupé de Tancien français, la question des participes passés à sens actif employés avec une valeur tantôt plus adjectivale, tantôt plus verbale. On le peut surtout si on laisse de côté les participes de verbes accompagnés aux modes personnels d'un pronom réfléchi, comme il se mesfait, « il se rend coupable », il est mesfaiz « il s'est rendu coupable », mes faite « qui s'est rendue coupable» ; c'est là un point qui a été suffisamment étudié jusqu'ici-. Il ne va s'agir ici que de participes

4. IIP 264 (242 sq.). — HEstienne a aussi effleuré cette question ; V. Clément, Henri Estienne p. 433. Leopardi,dans de très nombreux passages de ses Pensieri di varia filosofia a signalé des exemples d*un pareil emploi en grec, en latin et dans les langues romanes. Otto, dans Nomina propria îatina oriunda a participas perfecti ( Jahrbûcher f. Philol. vol. suppl. 24 de Tannée 1899) montre que beaucoup des noms propres dont il traite, ont un sens actif : Cogitalus = qui cogitât^ Conventa =: conveniens ; Dubitatus^ Exuperatus, Pensata^ avec un sens analogue. Voir aussi la note de Henry RLang à XLVIII 929 du Chansonnier du roi Denis de Portugal, 1894.

2. V. Tobler, BruchstCick aus dem Ch. lyon (Programme de Técole de canton de Soleure, 1861/62), p. 15 ; Vr. An. 166 ; Gessner dans Jahrb. XV 213; Foerster, Ch. II esp. 11494. — Toujours est-il que les participes de ces verbes sont eux-mêmes dignes d'attirer Tattention en ce qu'on les rencontre employés comme adjectifs purs, et dépouillés de tonte détermination temporelle :

apercêu « réfléchi, attentif » Cest escril diras bêlement Treis fïees contre orient. Car bien seics apercf^uz (Troie 1701) ; Li gentius chevaliers, sages et aperçus (HÂlix. 201, 8). Aussi ce mot se dit-il d'un discours intelligent: deus mos apen/iêus (Mitth. 178, 23); un mot aperchêu (ib. 222, 9) ; /iaro/e aperc^ue (RAlix. 57, 5). Dans les

de verbes transitifs ou intransitifs désignant celui qui a exécuté ou exécute ordinairement Taction.

Verbes transitifs :

abosmé signifie « effrayé, déconcerté », il désigne donc la disposition d*àme de celui qui éprouve du dégoût, de l'horreur, qui déteste quelque chose {abosme^ abominât). Ce sens une fois adopté pour le participe, on semble en être venu à employer le verbe avec la signification de « remplir d*horreur ».

apris n'a à prendre place ici qu'en tant qu'il signifie « qui a appris, qui s'est habitué à qqch. » * : Car des armes porter sont apris povrement. Que chou est uns mestiers qu'il ne font pas sovent (Aiol 7609) ; a tort fu repris De maie tràison ; onques n'en fu apris (Bast. 53); cest un mes (plat) qui pas ne cort Aus cors, ne pas nen sont aprises (Tr. Belg. II 195, 541) ; Et cil se desfendirent qui sont delju aprois (RAlix. 88, i var.). Mais je ne ferais point figurer ici cor lois et bien apris, ni le fr. mod. bien appris et mal appris.

araisnic doit signifier, selon toute apparence, <( causeur, qui aime à causer » : humbles et douz... Arainiez,

premiers exemples, apercëu a le même sens (juc apercevant dans Ains que ses fius soit auques grans Xe sages ne apiercevans fPerc. 964) ; deables qui decevanz^ Qui souliz et apercevanz El prostes (1. prônes ?) est en toz malices (Méon H 7, 166) ; il estaient en lor ostex sage et apercevant -Brun. Lai. 513). Et, de imnwc, a percevant s'applique à parole : Par mainte parole couverte, Oscure et nonpourquant ouverte, Et agûe et apercevant (Amad. 492).

percëu, même acception : Fiers et esLouz et parcruz ;Claris 8364) ; percevant a le même sens dans Moiisk. 5030.

feint " dissimulé, hypocrite » et « indolent, qui oublie son devoir », ce qui se passe d'exemples.

ohêi « obéissant » : Tos jors a li amor) oLf^is (Tr. Belg. II 134, 5) ; la légion Dieu nenpira pas Lopïs, Ains ierl ses compains obeïs (Mousk. 27330). Ce verbe est 1res souvent réfléchi en ancien français avec le sens de « se soumettre ».

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