I. V. là-dessus Salvioni, p. 43,n
dont ET de quoi 211
s*expliquer par la pause qu'on fait après la conjonction, surtout dans l'ampleur de la langue officielle. Ce que Littré dit sur comme 71101, à la fin de Tart. comme ^ n® 4, ne contentera guère personne.
Ele n'a son pareil. — Ele fait le sonrt.
On rencontre fréquemment en ancien français les tournures du français moderne un homme qui n'a pas son pareil^ une femme qui na pas sa pareille^ soit avec le môme mot pareily soit avec son synonyme per : or a il son paroil trové (Ch. lyon 6217) ;... H fëist Demostrance,., Quiex ses parens (1. pareus comme au v. 60) el monde estoit En bien fere (Méon II 188, 52) ; — ce est merveille^ Ja mais ne verra sa pareille (Trot 77) ; Por le blancor (du visage) enluminer I mist [Nature) une color vermelle Tele quel mont not sa parelle (Ferg. 43, 3) ; Un mantel li a aporté^ Qui ert d'une porpre vermelle ; Mais nus hom ne vit sa parelle (Veng. Rag. 2074). — De bunté et d*onur nout (l'archevêque Willaume) en France sun per (SThom. 4218) ; Ne savoit on a icel jour Nul millor (encanteor) trover ne son per (FI. u. Bl. 807) ; un sunqe,.., ne ôistes une le per (SAub. 217) ; Recëus fu molt hautement / Li anciens tamoit forment^ Quar son per de viellece estoit (Barb. et M. 1 181, 515) ; — Ceinte Joiuse^ unches ne fut sa per (Ch. Roi. 2501) ; sifaite aie Que une ne fut sa peir ôie (MSMich. 3611) ; Et une coupe bien ouvrée, Onques sa per ne fu trouvée (FI. et Bl. dans Du Méril, p. 165).
Mais, comme on peut s'en rendre compte, la forme naturelle de l'expression a été viciée souvent et d'assez bonne heure :
Per ou pareil s'y rencontrent au masculin, alors même
ELfi n'a son pareil. — ELE FAIT LE SOURT 213
qu'il s'agit d'une identification avec un être du genre féminin : a ma femme euch en convant Que ja mais jorde mon vivant Feme espousee n'iert de moiy Se ensi n'est [mentir nen doi) Que je trouvaisce son pareil De biauté (Manek. 231 ; ib. 528) ; pour V amour de celi ki son pareil navoit ou monde (Gléopâtre) (JTuim 180, 23) ; Nulle si grande on ne savoit^ Et hi savoit si bien parler C'on ne pooit trouver son per (Sone 62) ; Li castelains prent hui mollier, N'a son per jusc'a Monpellier Ne si sage ne si cortoise (GPoit. 39) ; Or a Loëys grant déduit^ Car telle femme a jour et nuit Qu'en tout le monde son per n'a (Rich. 4165) ; Lors sijorrés de Vamorete A qui nule autre ne comper ; Vous ne trouverïés son per y Espoir, en quatorze cités (Rose 10744) ; Cortoise ert, preus et sage, sousiel navoit sen per (Alex. H 147) ; on doit bien désirer L'amor de tele dame qui tant fait a lôer: Par ce que tu me disy el monde n'a son per (Venus 189 c) ; — Et par coleur et par odeur Vaut ele (la rose) miex que nule fleur. Si fet celepor qui me dueil; Je n'en sai nule son pareil (Jongl. et Tr. 118); Moi membre de m'amie ; Simple a le vis Et dcmç le ris ; De si que a Pavie N'a son pareil (Tr. Belg. II 50, 10) ; et avec une nuance différente : Onques les trois puceles .n'orent la nuit sommeil, La plus sage ne sot conseillier son pareil (sa compagne) (FCandie 108).
Inversement, pareil au féminin se rapporte à un nom masculin : Li mul a la déesse esioit blans a merveille , Aine ne fu tel vêus, naine ne fu sa pareille (Venus 210 b.).
On n*en est point resté là ; on en est venu à cette autre énormité de donner à pareil au masculin un adjectif possessif au féminin : Et il dïent, quant l'ont vëue K'ainc sa paraus ne fu vëue (Guil. Pal. 2676) ; De la lor est tex gens
venue C'ainc sa parex ne fu vëue (ib. 5940) ; Vostre pareil na pas el monde (od s*adresse aune femme) ^ (Jongl. et Tr. 183) ; El monde na pas sa pareil (dit d'une femme) (Jub. NRec. II 261) ; El dist a ciauz de son paraiye Qa la samblance de Vymaige Vuelt avoir famme ;... il ne sorent en kel terre II dëussent sa pareil guerre (Dolop. 354) ; Qu'il n'a el siècle ta parel (: consel) (Mousk. 8027) ; Va,, siporchace tapareill (Poire 2037).
Enfin, quand pareil sert à comparer deux êtres du genre masculin, on le trouve aussi au féminin ou, du moins, à une forme tirée de son féminin, bien que ce féminin ait, semble-t-il, le sens d^un masculin et soit construit avec le masculin de l'adjectif possessif : En trestout son paraige n'out li dus son paroille (Gir. Ross. 62) ;Mes paroilUs cuide estre (ib. 65).
La forme naturelle de Texpression n'est guère moins souvent altérée avec sans pareil : La merveille k'est sans pareil (: m'esmerveil) (Barl. u, Jos. 120, 22) ; Sans pareil et sans essemplaire Resplendist de grant luminaire Le dame douche (Rend. G 174, 6) ;et sans qu'on puisse substituer le féminin : soûle sans pareil voisine (ib. M 259, 4). ' La langue a réussi à débrouiller ce chaos et à fixer d'une façon irréprochable l'emploi de ces expressions tel qu'il existe aujourd'hui ; et elle n'a dû y parvenir que grâce aux grammairiens, ou tout au moins à ceux qui en parlant se rendaient compte de ce qu'ils disaient, chose toujours utile. La cause de ce chaos doit être surtout le manque d'une terminaison féminine spéciale pour per. On conçoit facilement qu'on ait traité en substantif un mot qui, toujours invariable, tenait la place d'un substantif, c'est-àdire qu'on lui ait laissé, quel que fût le cas, le même genre.