‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 116 sur 169 · PLUS T08T QUE POT, AU PLUS T08T QUE POT, ETC · texte numérisé non relu

PLUS T08T QUE POT, AU PLUS T08T QUE POT, ETC

ment qu'il povoient (SGraal 520); Mesire Gauwains se traiot Plus pries de lui que il pooit (Perc. 17870) ; Quar devant dieu tôt lïement Doit on aler et naitement Plus que on puist a nesun fuer (Mousk. 26437).

D'autres comparatifs, on le conçoit, pouvaient, tout aussi bien que plus^ occuper cette place : N'ont cure de lor cos gaster^ Que mialz qu'il pueent les anploient (Ch. lyon 841 ms H) ; Mix que jeu sarai mesurer^ Voel a vos partir par ingal Et joie et doel et bien et mal (Guil. d'A. 286 ms. P) ; si me couvient faire mieuz que je puis (Men. Reims 192); Au prestre, miex qu'il pot^ ses péchiez recorda (Jub. NRec, I 354); Son affaire appareille; mains qu'ele puet^ de trie (Berte 1715).

On rencontre aussi des comparatifs adjectivaux, de véritables comparatifs et encore des adjectifs avec le comparatif adverbial plus: mollierli donra que pora belisor Et de plus haut lignage et de plus douche amor (Alex. H 131); Guiteclin ferons pais meillor que nos porron (Ch. Sax. II 41) ; Carchiés sunt de vitaille tel com orrés conter, De vin, de char salée meillor c'on puet trouver (Gaufr. 12) ; li haut homme de l'ost i misent consel et plus bêle concorde que il peurent (RClary 105).

Cet emploi semble n'avoir point subsisté, ou n*avoir subsisté que très peu de temps au delà du vieux français. On lit encore dans le Grand Testament de Villon, 146 : Passez vous en mieulx que pourrez. Ce qui est surprenant, c'est que Montesquieu écrit encore : il ny a guère personne qui ne le veuille gagner [le paradis) à meilleur marché qu'il est possible (Lettres persanes, n® 57) ^

Quelle est la nature de que dans cette construction? Diez, si l'on peut le conclure du parallélisme qu'il établit entre elle et cum il ainz pot, semble considérer que comme

1. Laboulaye met en note : la forme correcte serait « au meilleur marché ».

un équivalent de corne ; et il se présente, en effet, des cas où en ancien français les deux mots peuvent s'employer Tun pour l'autre ; ainsi, p. ex., dans une comparaison d'égalité, même lorsque l'adverbe relatif n'est point précédé d un des démonstratifs aiy aussi ^ tant^ autant^ que se rencontre comme substitut de com : En le porte le mist qu'est forte que beffrois (HCap. 55) ; qui sont fier que mastin (ib. 125) ; quiest blance quaubespin (ib. 125) ; // doit le pié délivre avoir Ke lévriers encachant al plainÇTr. Belg. I 179, 123).

D'autre part, com^ après le comparatif, amène ce qui est à comparer ^, et enfin, inversement, dans la locution que plus... plus (= plus... plus), que est employé avec une fonction que nous voyons aussi attribuée à com et que nous pourrions nous attendre à trouver appliquée à ce dernier mot uniquement. Cependant il est possible d'assigner à ces substitutions des limites chronologiques et régionales : on ne peut le faire pour le que qui nous occupe ici, et il n'est jamais remplacé par com.

A côté de cette construction, il y en a une autre qui a le même sens. De même qu'on dit plus tost quil pot^ on dit aussi au plus tost qu' il pot :

Al plus tost k'il porra, Vostera de cel ni(SThom. 3605), et pareillement : Et Kex va la a Vains qu'il pot (Veng. Rag. 394) ; Mult volentiers a Vains quil pot, A mis le frain a son cheval (ib. 564) ; Et li abes a Vainz quil poty Vint a lui (Méon II 454, 236) ; si s atome A Vains quil puet et s'apareille (Ren, 18143; M X 251) ; La pucele se part a Vains Kele puet du moigne et chemine (Ch. II esp. 1204) ; il avoient la semainne Tres^ tuit proiié et mise painne Au plus qu'il san porent pener (Qi. lyon 2481); Au mains quil pueent, i sejornent {Gvlïï.

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