‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 121 sur 169 · IL NE FAUT PAS QUE TU MEURES · texte numérisé non relu

IL NE FAUT PAS QUE TU MEURES

siehlen ne nous dispense pas du tout d'un devoir, mais nous en impose un^celui, il est vrai, d'éviter quelque chose. Par contre, à un Allemand le procédé correspondant avec aller semble au premier abord étrange : ça me fait peur,,. C^est monstrueux^ je ne vais plus en dormir « je prévois que je ne dormirai plus » (Zola, Bête hum. 362); à présent que ça devient sérieux^ je ne vais plus vivre (ib. 352); il ne va pas savoir (c.-à-d. il se demandera) ce que cela veut dire (Bernard, Mém. d'un jeune homme rangé IH). Un ancien poète dit même : De ceu^ dame, ke je vos os roveir. Et dont amors ne moi rueve pas taire c.-à-d. « m'ordonne de ne pas me taire » ou « me défend de me taire » (Bern. LHs. 355,4).

La même chose peut ou plutôt doit forcément arriver quand la proposition dépendante est supprimée. La négation est indispensable : elle doit donc être jointe à l'expression aui rend l'idée de nécessité, quand il n'y a rien qui rende l'idée de ce qui est nécessaire. Hector dit à son père, qui lui a défendu de sortir de la ville pour combattre : Por une folcy une desvee, Qui son songe vous a retret, Vos entremetez de fol plet. N'avenist pas^ sacheiz de veir (Troie 15516) ^ Mais Hector ne veut pas dire : « il n'aurait pas convenu », mais bien avenist que por une desvee ne vous entremëissez de tel plet. S'il avait voulu parler de l'inopportunité d'une action, c'est l'indicatif avenoit qu'il aurait dû y avoir, puisque cette action était accomplie.

Mentionnons enfin que, dans une partie des exemples cités plus haut, cette place de la négation, contraire à la logique, a pour le 'mode des conséquences qui ne se produiraient pas si la négation se trouvait à la place qui lui convient rigoureusement ; au lieu de ne moustroit pas qu'il ëustoblïé on dirait dans ce cas: bien moustroit que n avoit oblïé.

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