‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 126 sur 169 · Cité par Morf, loc. cit · texte numérisé non relu

Cité par Morf, loc. cit

3. Si nous lisons dans Cleom. 18407 : ... Que ele Marine entaignasl A faire ce quele cuidasl Que il li fisi bon a Bavoir^ cela semble prouver qu'Adenet, lui aussi, a employé cet a incorrect, tandis qu'il s'exprimait encore fort bien en écrivant bon fist entre Là (ib. 16322) et A ce fait bon estre tendans (ib. 18548). Mais sans aucun doute il faut un subjonctif dans la dernière ligne de cet exemple ; on aura donc à remplacer /ist par fêist ; en faisant cela, on peut effacer cet a, pourvu qu'on ne préfère pas écrire QuHl. Pour ce passage je peux moins me ranger à Tavis de AKrause (dans Festschrift zur zweiten Sflkularfeier des Friedrich- Werderschen Gymnasiums, Berlin 1881) qu*à celui de Van Hasselt, qui propose fuit.

faut ET fait SANS sujet 27S

la comprendre dans le français moderne, comme le montre le de de cet exemple de Molière cité par Littré : il ne fait pas bien sûr, . . D'épouser une fille en dépit quelle en ait (Femmes sav. V 1), et de celui de VHugo cité par Hôlder : Quel plaisir dêtre au monde ^ et qu'il fait bon de vivre ^ ou encore de ces passages : U fait bon de passer des heures^ couche dans le parc (Journ. des Concourt I 193) ; il ne devait plus faire bon, même aux représentants du tsar libérateur^ de parler de le (Alexandre de Bulgarie) déposer (Rev. bl. 1886 II 356 a) ; il ne faisait pas bon, en ce tempslày de crier : « Vive Vempereur ! » (ib. 1890 I 748 a) ; il fait bon dêtre chrétienne (ib. 1896 I 572 b). Il ne manque pas non plus d'exemples où reparait le a de Tancien français : et puis il ne fait pas toujours bon à courir les cheminSy quand le soleil est couché (Mérimée, Colomba, chap. 11).

Aussi les grammairiens allemands que nous avons mentionnés, ont beau, sans doute, être d*accord avec la façon de voir des Français modernes en faisant de Tinfinitif le sujet de la proposition ; il n'en est pas moins vrai que cette façon de voir est en contradiction avec Tidée qui a donné naissance à cette tournure, et les grammairiens français actuels, aimerait-on à croire, devraient parvenir à généraliser la connaissance du vrai sens de la tournure et à en faire disparaître pour toujours ce de qui est si laid.

L*adjectif est de même attribut de Tinfinitif, quand, au lieu affaire, le verbe de la proposition est estre\ mais alors, rinfinitifest le sujet de la phrase, comme dans Bon est en sa maison entrer^ cité par Morf, ou dans l'introduction du Decam. : qui è bello e fresco s tare, où il n y a aucune raison d expliquer, avec Fanfani (I, 27), stare par luogo.

Prépositions ayant dans la môme phrase unB

fonction double.

Ce passage dans Bast. 1674 : Qu'amans n'ait volonté de dame avoir V amour ^ m*a précédemment donné l'occasion de grouper dans Gott. Gel. Anz. 1877, p. 1614, quelques exemples semblables où la préposition de a une fonction double : elle y marque à la fois le rapport d'un infinitif avec un mot qu'il détermine et celui d'un nom avec cet infinitif ou avec un mot qui en dépend. Ce phénomène se produit seulement quand le nom est placé devant Tinfînitif, ce qui devrait amener la juxtaposition des deux de qui figureraient forcément dans la phrase arrangée autrement. D'abord, voici encore quelques exemples : Mes por quoi fust ele coarde De sa dame reconforter Et de s'enor amonester (= d'amonester de senor)? (Ch. lyon 1S96) * ; Mal espeir a d'autrui dreit prendre {de prendre dreit d'autrui), Qui le soen dreit nose de/fendre (Rou III 5027) ; « Prent de chel fruit ! » et il dist « non ». Dou fruit prendre ne s'enhardist (Rend. M 230,

1. Si nous admettons cette construction pour amonester dans ce passage, ce n'est pas la seule qu*ait eue ce verbe ; on le trouve aussi avec le datif de la personne et l'accusatif de la chose : coustumiere Dou bien a moi amounester, c.-à-d. d'amonester le bien a moi (JCond. I 45, 1482) ; franchise. . . le vous prie et amoneste (Rose 3325). Mais la première construction n'est pas moins usitée que celle-ci : l'en uni amonesié (SThom. 84) ; et tout adiès Ven amounestoit sa famé (Nouv. frç. du XIII» s. 87), et ce qui nous autorise à Tadmetlre ici, c'est que le verbe coordonné est accompagné de l'accusatif de la personne.

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