PRÉPOSITIONS AYANT UNE FONCTION DOUBLE
10); en bon porpens De nostre loy faire desfens * (Barl. u. Jos. 165, 30) ; la droite voie tenir De plus en plus preus devenir (BCond. 54, 232) ; de sarmon navés vos cure Ne de cors seint ôir la vie (Ren. M IV 5) ; avertir Ne se pooit de la partir (Escan. 6550) ; si mal enseingnie Conme de sifait ju jôer (ib. 20219) ; ne fine De vous mesdire (Chace as mesdis. 333) ; Dieu me vuelle garder de Veglise mal dire (Gr. Schisme 16, 4) ; Chilz,,. Qui de ce siervir s entremet (Sone 14310) ; Molt pert son travail et sa peine^ Qui damors rimoier se peine (Poire 353) ; Phelippres Mouskès s'entremet, . . Des rois de Franche en rime mètre Toute Vestorie (Mousk. 4) ; Qui de trop haut choir dote Vonte (Lyon. Ys. 721) ; Pluis en est duiz ke maistres charpantiers N'est de sa barde ferir et chaploier (GViane 1998); Maix moult fait bien paroir A mors k'elle me trait a hoir De moi faire tout son voloir {Bern. LHs. 84, 5); Ai, félon, rien nigueaignereis De bone amor et des dames mesdire (ib. 363, 2) ; ki de fol se poinne Faire saige^ bien pert sa peinne (= de fol se poinne de faire s.) (RBlois I p. VII) ; Nuls ne doit avoir volenté De nul pekiet avoir plenté (GMuis. I 36) ; de tel matere parler me delayray (ib. I 319) ; // est sens de deux maux eslire Le moins nuisant (I Ys. II 83).
L'infinitif n'est pas absolument nécessaire pour ce phénomène; il en est seulement Tocoasion la plus fréquente; aussi trouve-t-on : Empereris de sen empire Et dame de quanquil est sire (Rend. M 240, 7) ; Un a cure De quanque ele Vaparole (c.-à-d. de tôt de quanque) (RCharr. 1345).
Dans Tarticle cité des Gôtt. GeL Ânz., j'avais aussi mentionné une double fonction de a\ voici des exemples à ajouter à ceux que j'y avais donnés : Tant con li hon a plus apris A délit et a joie vivre^ Plus le desvoie et plus
1 . D'ailleurs, nostre loy pourrait être cas oblique avec la valeur du datif; v. p. 263, note.
Venivre Diauz^ quant il Ta, que un autre home (Ch. Ivon 3S79) i ; Puiê k'a moi jûer t'assenas (Rend. M 225, 8) ; De sai bées a aise vivre (Ruteb. P 131); Pour dieu passerai mer Au Temple converser (Tr. Belg. II 38, 61) ; ce quencor est a chief traire [a traire a chief) (Claris 11161); entend i Au bon cheval fere litière (ib. 22187); Si ques a tel vilain parler Ne pourroies las conquester (Peler. V 5661); La femme vise au mari nuire Et cil a sa femme destruire (Ov. Met. 30) ; Me voei a deu estre esposa (SCath. 252) ; tous jours quiert temps et espace Aus biens temporels venir (Fauvel 11 00) 2 ; ot li rois deus plaies ou cors dont uns autres hom se tenist a mort férus de la menour (Merlin I 191 ) 3; Par géométrie set on...Quantes Hues on peut conter D'un pais a un autre aler (a aler d'un pais a un autte) fMousk. 9759).
4. Il n^est pas tout à fait sûr que cet exemple soit ici à sa place ; car avoir apris dans le sens de « être accoutumé » (v. 2eitschr. f. r. Ph. II 144 à propos du v. 2480 du Ch. II esp.) se construit avec a et TinGnitif : Ge congnois bien pieç'a Dangier; Il a apria a ledangier, A leidir et a menacier (Rose 3140) ; mais il se rencontre aussi avec TinGnitif pur : cil ki ait apria Estre envoixiéa et chantans et Jolis (Bero. LHs. 467, 2). Godefroy semble ne pas connaître ce sens pouraroîr apris et aprendre; autrement il n'aurait pas si mal compris (I 355 a) le proverbe envis lait on ce qu'on aprenty sur le sens duquel un passage des œuvres de Ruteb. (I ^ 442) ne laisse aucun doute. Sur apris « accoutumé >» v. plus haut p. 187.