PRÉPOSITIONS AYANT UNE FONCTION DOUBLE
Un cas d'cRub xoivou analogue semble se présenter pour la conjonction que dans Mielz voeill mûrir qu'entre païens remaigne (Ch. Roi. 2336)'. On ne peut point prétendre, BischofF l'a fort bien montré, qu'il y ait un que (= conj.) en moins, quand la seconde proposition est telle qu'elle pouvait s'en passer en ancien français ; c'est le cas précisé^ ment pour les propositions objectives dépendant d'un verbe de volonté, ou pour les propositions subjectives après un verbe ou une locution exprimant la nécessité. Mais il y a plus : souvent un que de cette nature, dans les cas où l'allemand emploie als dass, ne se justifie même pas d'après la logique ^. Dans le vers de la Ch. Roi. cité tout à l'heure, ce ne sont pas deux désirs que l'on compare pour dire celui que l'on voudrait de préférence voir s'accomplir, ce sont deux actions pour dire laquelle se fera plus tôt que l'autre. Celui qui parle ne veut pas dire : « je désire plutôt mourir que [je désire] qu'elle (l'épée) reste », mais « je suis plus tôt prêt à mourir que || elle reste », c'est-à-dire « le désir de mourir m'est plus proche, se réalisera plus tôt, est concevable plutôt que le rester [de Tépée] ». On n avait pas à rapprocher de cette construction Tall. als dass, mais le tour latin analogue depugna potius quant servias^ ou Zeno perpessus est omnia potius quant conscios delendae tyrannidis indicaret^. Voici des exemples tout à fait identiques à ceux du latin : Mielz me
1. J*ai parlé aussi de ce phénomène dans le Fragment du Chev. au lyon p. 16, et bien avant moi, ce que je ne savais pas alors, Mfttzner l'avait étudié dans sa Syntaxe II 216. Depuis, Fritz BischofT, (Der Conjunctiv beiChrestien, Halle 1881, p. 25;, y est également revenu en se référant à ma remarque ; en outre, Hammesfahr, (Zur Komparation p. 38), et enfin Ebering dans Zeitschr. f. r. Ph. V 362.
2. Il se justifie pleinement dans les phrases telles que : Mors, nule cose n'est plus voire K a ten hanap covenra boire Tous ceus que dieus fist et fera (VdlMort 3, 2).
3. Voir KQhner, Ausf. Gr. II 857 note 7 ou Rothe, Quœst. grammat. ad usum Plauti potissimum et Terentii spectantes, Berl. 1876 p. 6.