CAS DE L* ANTÉCÉDENT
Disons enfin pour terminer que Tanacoluthe dont parle Mâtzner (Synt. II 237 0), en y voyant à tort quelque chose de même espèce que l'assimilation que nous venons d'étudier, n'est pas étrangère à l'ancien français, pour lequel il ne donne pas d'exemples : Et ses compainz qui o lui vint^ MeraugiSy qui Gorvain amot, De lui ravint que. . (Meraug. 472) ; Ja nus hom ki mal ait es iex Et caste vie n^ait menee^ Ne li poroit estre moustree La gentis piere (Barl. u. Jos. 32, 36); Et chil qui se sont arrami Ou arramissent par beubanche De faire a lui nas siens grevanche, Dieus si leur veulle consentir Quencor s'en puissent repentir (JJour. 3106) ; Ceus qu'il encontre et quil consuit, Maint en laisse de vie voit (Claris 12511); acoustumei estoit que li roys^ partout ou il aloit, que six vins (1. vingt) povre fussent tout adès repëu en s'a maison (Joinv. 478 c) ; Car li Turc qui aloient de sajettez traiant . . . Les sajettez. . . Retournèrent sour iaus (BSeb. V 247); Je di que chius vassausa cui on a getee Lespee. . . , Ne li doit jammais jour estre plus délivrée (ib. XXIV 583) ; cf. E'I solelhs quera cautz e durs, Es sa calors teun'e flaca (Mahn, Ged. 217, 1) *.
L'ancienne langue, dans son laisser-aller, se permet de changer la construction d'une façon encore tout autre ; elle s'écarte encore beaucoup plus de la ligne droite en exprimant une proposition bien préparée, pensée tout entière d'emblée, quand elle dit : Li premiers des enfans, . . Que Pépins ot de Berte, la blonde, Veschevie, Orent il une fille (comme se permet Adenet, Berte 3469); N'a soz ciel orne qui de mère seit nez. S'il la [la preiere) diseit par buene volenté^ ... Ja puis deables nel porreit encombrer (au lieu de Japuis deables le puist encombrer) (Cor. Lo. 690) ; Quant Brandaliz la vielle entent, Qui si Vasproie fièrement
i. D*autres exemples sont donnés par Mussafia dans $itzungsber. der Wiener Akademie, vol. i35, XIV p. 4(4897).