MÉLANGEA DE GRAMMAIRE FRANÇAISE
faites tant de bonté. .. » (Mont. FabL III 183)) ; Chascuns a son ostel a/a, Et je^ qui toz seus remez la Âvœc rnostease jusquau jor^ Et Vendemain sanz nul sejor Levai matin et pris congié (Raoul, Songe d enf. dans Tr. Belg. Il 179, 90) * ; Espérance d'avoir aUgement, . . Me fait chanteir et rire et envoixier Et honoreir et servir mainte gent, Maix li félon ki m'ont fait neuxemeni Et etnpirié mainte fois par envie (Bern. LHs* 8, 3) ; M' amie estoit^ or est ma gerroiere^ Si m'âist deusi, s'en ai lou cuer irei. Pauls loséïigier ki m'en ont mis ariere^ Et envie ke ne se puet allelr (ib. 197, 2). Dans chacun de ces passages, on pourrait tout bonnement supprimer le pronom relatif et unir le verbe dont il est sujet à Tantécédent : on aurait ainsi une proposition qui entre parfaitement dans la suite du contexte. Pourquoi n*a-t«-on pas préféré cette forme ? Je ne saurais me prononcer là-dessus avec certitude. Mais il est possible d*indiquer approximativement quelle forme spéciale de la petisée correspond à cette forme de la proposition. Celui qui, à la façon ordinaire* unit à un sujet un verbe à un mode personnel, fait naître, pour ainsi dire, dans sa pensée laction, la manière d*étre énoncée par le verbe, et il adjoint, comme quelque chose de nouveau^ la réalisation de cette action, de cette manière d*être à ce qui, jusque là, constituait pour lui Tidée du sujet. Si nous nous servons, au contraire^ de la proposition relative en question — laquelle n'est jamais détermitiative, distinctive, mais appositive, explicative — nous rangeons la réalisation de Taction, de Tétat énoncés dans cette proposition parmi les caractéristiques dont se composait déjà ridée du sujet ; nous mettons seulement en relief cette caractéristique spéciale ; nous ne faisons pas une énonciation proprement dite, nous nous contentons d*évoquer en nous et de communiquer à autrui Tidée du