‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 152 sur 169 · Cela se rapporte à ce qui a été raconté p · texte numérisé non relu

Cela se rapporte à ce qui a été raconté p

FUTCH ANTÉRIEUR AU LIEL DU PARFAIT PÉKIPHR ASTIQUE 319

apelat (Fierabr. 645) ; Conoycheiz voê cest Turc que tant aura cridat? (ib. 6Si) ; que voU tu que tant auras cridat? (ib 843) ; Mil dreiz aura jujaz e escheviz^ Aine nen fu d'un tornaz ne contrediz (GRoss. Oxf. 29 iO,' ms. de Paris 2294) ; Moli vos aurai anat queren (Jaufr. 61 a) ; Moût aurai mes mal uzatge A las autras amairitz (Parn. occit. 249) ; Mas tan m'aura dat fin amors temensa (dans Appel, Prov. Ined. 82, 6, 27). Les exemples donnés par Dtez sont à la disposition de tout le monde ; je me borne à compléter Tun d'eux : ar sai veramen Qu'es complit so que désirât Aurai tant e cobezeiat (Jaiifr. 171 b). Ce serait ici encore la place de deux autres exemples, mais nous y reviendrons tout à rheure.

L'usage en question s*est conservé ; c'est ce que montrent les exemples suivants : Chantilly ' fut toujours hospitalier aux hommes d'étude. Ils y seront venus longtemps en invi^ tés avant de s'y établir en maîtres (Rev. bl. 1886 II 511) ; â ma mère! ce que j'aurai fait pour toi (André, pour ne pas troubler la tranquillité de sa mère^ a déjà laissé échapper le meurtrier de son père) (Bourget, André Com. 313) ; et SandoZy se décidant à quitter la fosse à demi comblée^ reprit : nous seuls l'aurons connu (Zola, Œuvre 490) ; Louis Xapoléon n'aura pas été le seul prétendant qui ait eu la chance d'avoir un grand-^ncle. Boulanger est dans le même cas (Rev. bl. 1888 II 620 a) ; maintenant j je vous aime, mon Esther^ vous la seule à qui je l'aurai dit sans mentir (ADaudet, Lutte V 7).

Quiconque parcourra cette liste d'exemples, ne pourra pas ne point voir qu'en outre d*un emploi surprenant du futur antérieur, ils présentent tous une autre particularité commune : le verbe à ce temps y est invariablement accom-

1. Il s*agît du château donné à Tlnstitut par le duc dWumale, en 1H86.

pagné d*une expression q\ii indique que Faction se répète souvent, ne se répète jamais^ qu^elIe dure longtemps, ou qu'elle a été accomplie à un très haut degré. On ne trouve jamais le futur antérieur au lieu d'un parfait pour énoncer simplement, au point de vue du temps présent, une action accomplie et qui se serait acco|nplie une seule fois et rapidement. Cette coïncidence ne peut pas être un pur hasard, parce que les exemples ont été réunis sans opinion préconçue ; il doit y avoir plutôt un rapport entre les deux faits, l'un ne doit pas aller sans Tautre. Voici comment je comprends la chose : bien qu'il n'y ait guère lieu, pour celui qui parle, de transporter dans le futur l'action en elle-même, puisqu'elle est déjà accomplie dans le présent, il lui est pourtant possible, vu sa durée, sa répétition, ses conséquences, d'en parler au futur antérieur, parce qu'il s'en remet à l'avenir de porter un jugement définitif sur les faits en question. De ces deux pensées (c telle chose est arrivée » et « on verra bien qu elle est arrivée souvent », il n'en fait qu'une : « telle chose (accomplie) sera souvent arrivée », ou bien encore : « j'ai été absent » et « mon absence paraîtra longue » deviennent « j'aurai été longtemps absent ».

C'est raisonné ainsi que je comprends ce phénomène surprenant. Et n'y a-t-il pas toujours des gens qui aiment à comprendre, qui ne veulent pas s'en tenir à une liste de faits isolés qui sont incontestables, ni à des conclusions tirées de l'observation des faits, quand elles sont incompréhensibles, surtout quand ils s*aperçoivent que ce qui est très essentiel n'a pas été pris en considération ? Peut-être y a-t-il une autre explication; je l'accepterai volontiers, si possible.

11 faut encore parler de deux exemples, auxquels nous avons fait allusion tout à l'heure, et qu'on pourrait opposer à notre théorie. L'un est cité par Diez : Estai aurai de cantar Per sofraicha de razo, Quanc no mipogui 'ncontrar En

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