‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 153 sur 169 · FUTUR ANTÉRIEUR AU LIEU DU PARFAIT PÉRIPHR ASTIQUE · texte numérisé non relu

FUTUR ANTÉRIEUR AU LIEU DU PARFAIT PÉRIPHR ASTIQUE

faire bona canso. Mas ar ai cor que'm nassai (Parn. Occ. 304) ^ ; Tautre a été signalé par moi : Estât aurai malanans E su fer t greu malanansaj Tan que mer ces m'es falhida De lieys qu'a'^ son tort m'oblida (Mahn, Ged. 218, 2; Peire Vidai 16,11). Ce qui pourrait d'abord étonner, c'est qu'il manque dans chacun des deux exemples une désignation de la durée à côté du futur antérieur. Pour le premier exemple et même pour le deuxième, où estât ne signifie pas non plus simplement u été », on pourrait faire remarquer qu'ailleurs aussi les expressions qui désignent l'insistance, la durée, sont employées avec la valeur de « durer longtemps, insister longtemps ^)). Par suite, estât aurai aurait le sens de estât aurai longamen. Mais il vaudra peut-être mieux dire qu'une pareille détermination particulière n'est pas absolument nécessaire pour l'emploi du futur antérieur dans les cas où l'on pourrait aussi se servir du parfait. Tout aussi bien que celui qui parle peut transporter dans l'avenir le point de vue du jugement par rapport au nombre de fois que l'action se répète, ou par rapport à sa durée et à ses conséquences, il peut le faire par rapport à l'action elle-même. Au lieu de « j'ai été, je suis resté », il peut dire « j'aurai été, je serai resté », voulant exprimer par là « on dira de moi, il paraîtra que j^ai été ». Il va sans dire que cette expression ne peut pas s'employer à tout propos; mais quand on s'en sert, il faut qu'elle se justifie, et qu'elle se justifie par la nature propre et immuable du futur antérieur.

Pour le premier emploi de ce temps, nous avons pu citer beaucoup d'exemples modernes à côté de ceux de l'ancienne

i. On ne le trouve imprimé nulle part ailleurs [Bartsch, Grundriss 194,7).

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