FUTUR ANTÉIUEUU AL* LIEU DU PARFAIT PÉRIPHKASTIQUE
recunter Qu'ai rei ei as evesques enveia li sainz ber (ib. 2772), etc. K
Est aussi employé le futur de toutes sortes de verbes pour désigner une action s'accomplissant dans le présent, il est vrai, mais que Ton 8*attend,en se plaçant au point de vue dé celui qui parle, à voir se prolonger, se répéter indéfiniment, parce qu*elle est dans la nature permanente du sujet, ou parce que tel est le cours du monde qu*elle doit se répéter : ne pris un henneton Losange namor de bricon. Or me fera molt bel sanblanty Or ne marnera tant ne quant (Barb. et M. II 65, 37) ; ne ja tant comme il vont [li Comain), riens ne carkeront ne ne prenderont devant au repairier^,,. neja n'iront autrement armé fors quil ont unes vestëures dé piax de mouton (RClary 65) ; Et puis feri en troque et de cha et de la ; Ja si trespetit coup parmi eus ne ferra Quil nen abate tant com la hache ataindra (Gaufr. 135) ; toutes telles manières de gens (qui se parent des plumes du paon) prendront nom de maislre^ par abus et usurpation (BBergerp. 15).
Aussi ce temps est-il très fréquent dans les descriptions des particularités des animaux chez Philippe de Thaon et autres. Voici des exemples provençaux : D!omes vey ricx et abastatz Que non cur'an (lire curan !) de lor aver Mas de gardar e de tener . . Et auran de pau[b]res parens E bos e dreitz e avinens E non lur volran ajudar (Bartsch, Denkm. 15, 12); Car (1. Car) es temps que de ben fach Rent hom per loguier cap frach, Et de mal fag aura laus Sel quisap obrar ab fraus (ib. 46, 23). Dans TEvangile de TEnfance^ Joseph dit de son enfant : non sai ont s'es. Alcunas ves se levara Gran mati e pueis s'en ira. Que no'l veirem de tôt lo dia^ Que no sabrem ont el se sia (ib. 298, 34).
1. y. d^autres exemples dans la dissertation de Ernst Weber, Ûberden Gcbrauch von detoir, laisêierj pooir. .., Berlin 1879, p. 24.
Mais en dehors des exemples de la première série, qui n*ont plus besoin d'être discutés^ nous avons partout ici affaire à une manière de parler qui n'a rien de commun avec celle que nous avons étudiée d abord : ici il s'agit d une énonciation par rapport à Tavenir^ lointain ou proche^ comprenant dans Tavenir le plus proche en même temps le présent. Or^ ce que nous cherchons, c^est ce qui serait une énonciation sur le présent au point de vue de Tavenir. Et, en effet, une pareille énonciation peut se rencontrer aussi. Sans doute, quand ce qui est^ devrait être quelque chose d'accompli au point de vue de l'avenir, nous aurions de nouveau à nous attendre au futur antérieur, parce que la langue, au point de vue de l'avenir, ne distingue en aucune façon ce qui est accompli aujourd'hui de ce qui s'accomplit après aujourd'hui, mais avant cet avenir. Mais ce qui est, reste-t-il inachevé encore dans l'avenir? Alors c'est le futur [imper fectum) qu'on a à employer. L'expression n'est pas moins insuffisante ici, puisqu'elle n'indique pas si l'action s'accomplit déjà ou si elle va s'accomplir. C'est le contexte seul qui, dans chaque cas, décide comment il faut comprendre ; et comme le sens immédiat, le plus naturel du futur est tout différent, c'est rarement qu'on trouvera « il vivra » avec la valeur de « il vit, c'est ce qu'on verra ». Cependant il me semble qu'il faut comprendre de cette façon: Hâi^ Judas, tant avéras compaignons Qui pur avair fouht de dieu livraisons (Bull. d. 1. S. d. A. T. 1880 p. 70), où il n'est point question de compagnons que Judas aura, mais de ceux qu'il a^ et on y a. ajouté encore tant^ une désignation de la quantité, comme dans les cas signalés au commencement de ce chapitre. On peut en dire autant de ce passage : S'or puet li rois conduire son cors a garison. Bien savra reclamer Tervagan et Mahom (« on jugera qu'il sait bien invoquer ses dieux ») (God. Bouill. 105). Ajoutons: Che vorrà questo dir ch'ella non viene? (quelle sera la cause