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3. V. Moland et d'Héricault, Nouvelles françoises en prose du xiii* s., Paris 1856, p. 122.
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çais ? Les exemples Veir se dist U vilains que de si haut si bas (SThom. 2539) et Voir ce dise cil, ne menti pas^ Qui dist que de si haut ci bas (Flor. et Lir. 1282), ne sont peut-être pas encore probants ; car Ton n'a pas plus à considérer cette tournure proverbiale bien connue * comme un discours direct que le « que au noauz » du RCharr. 3665, 5674, transmis par la reine à Lancelot comme son désir et qui n'est complété qu au v. 5862 par Que au noauz le reface or ; elle n*est pas plus un discours direct que oui et non après un verbe déclaratif avec que-. Mais des exemples incontestables sont, à mon avis : Et li unt di{s)t : Joseph^ de fiy Sire, nous te crions merci. Quant Joseph ha ce entendu^ Moût liez et moût joianz en fu Et dist que « ce n est pas a
1. L'en dit bien : de si haut si bas (Ren. 27812; texte différent dans M VII 28) ; Or poons nos bien dire: dex, de si haut si bas (RAlix, 534, 24) ; Cilpuet bien dire qui ce vi[t] : De si haut si bas, sanz respit (Barb. et M. II 409, 474); or esgardeiz que il i a gaaingnié ; ilpuet bien dire: c'est de si haut si bas (Men. Reims 240) ; Cor covoitiés, belle, Je vos em pri Moi a amer et amors aufresi. Ou Je dirai : deus, de si haut si bais (Bern. LHs. 172, 3). Cf. ele (Fortune) niist de si haut si bas Si haut home (Guil. Mar. 9114) ; Si forment Vorent envài Que de si haut si bas châi (Rose 7220) ; De tel los doit avoir tel vente Et de si haut si bas venir (Jub. NRec. I 306) ; Doit on Vamour de dieu pour un homme laissier? Ch'est de si haut si bas qu'on se veult abassier (GMuis. I 216). — V. aussi Leroux IV 213 et Prov. au vil. à propos de 179, 7. Inversement ne sai en keil guise Vigne si hault de si bais per servise (Bern. LHs. 345, 2).
2. V. là-dessus Mâtzner, loc. cit. et Gramm. 3 § 216 a? et § 161. — Mais il faut avoir soin de mettre à part le que non et le que si dont, dans un discours incontestablement direct, Tun affirme, Tautre nie sans être précédés d'un verbe déclaratif : L'enfant secoua sa crinière pâle, de laquelle s'envola une pluie de gouttelettes. Que non ! dit-elle (Rev. bl. 1888 I 74;^ a); on a mis une barre, c'était pour vous faire honneur; mais si ça vous ennuie .. Que non pas, diable! répondit Cougourdan (ib. 1891 I 102 b) ; Antoinette secoua sa petite tête ébouriffée : Que si! (ib. 1888 1 747 b). Ce que, qui n'est pas non plus précédé d'une des expressions dont il a été traité au chap. IX, doit être le pronom relatif, comme le quod de quod non. V. aussi ASchulze, Der altfranz. direkte Fragcsatz (1888), p. 254.
nioi^ Meis au seigneur en cuije croi » (SGraal 2321 ), dans le texte en prose : sire^ nos venons a ta merci. Quant Joseph Vôi, si en fu moult liez et dist : non a la moie, mais a la celui qui nasqui de la virge Marie (Jos. Arim. 951); Ele mëisme sa parole A tôle au roi contée et dite Et dist que t< par sainte esperite^ Bons rois^ nel tenés a despit » (Ferg. 180, 12) * ; et dist que « voire ment disoit voir la preude feme qui me dist que fai perdue la joie de cest siècle »> (Merl. l 9); et avoit letres escrites sur lui qui disoient que « tout chily fait li ymageSy qui mainent en Coustantihoble un an, doivent avoir mantel d'or aussi comme jou ai » (RClary 88 ; et après dist Agolanz que « se ma gent est vaincue^ je prendre baptesme » (Turpin (Wulflf) 112, 30). Dans Si li a dit qu'a grant ennui Me vient y ce sachiez a estroux^ Ce que je oi dire de vous (RCharr. 5, Tarbé), il est difficile de croire que le premier que amène une proposition dépendant de sachiez et précédant ce verbe ; mais la leçon correcte doit être celle de Foerster : Si li di[s]t : Kes, a grant enui Me vient (134) 2.
Cette façon d'introduire le discours direct n'est pas fréquente, semble-t-il, et en dehors de la France, elle ne doit pas être moins rare. Elle a son explication dans le passage, que nous avons mentionné à plusieurs reprises, d*une proposition dépendante à une transmission des mots sous une forme indépendante, passage qui s'opère ici si promptement que de la forme du discours que Ton projetait d'abord d'employer, il ne reste plus que la conjonction que.
On serait tenté de rapprocher ce procédé d'un procédé de la langue espagnole, si Ton se souvient qu'anciennement
1. Ib. 119, 34 sqq., on a plutôt le passage du discours indirect au discours direct.
2. On trouvera quelques autres exemples chez Aug. Fischer, Die indirekte Redc im Altfranzôsischcn, dissertation de léna, Berlin 1900 p. 11.
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le discours direct y débutait parfois par un que qu*on pourrait aussi bien supprimer que celui des exemples français : iraedme aquesos libros^ que los quiero ver. — Que meplace^ respondiô cl (DQuij. I 32) ; escucha, amigo Anselmo, y ten paciencia de no responderme. . . — Que me place ^ dijo Anselmo^ di lo que quisieres (ib. I 33) ; dlgalos pues vuesa mercedy que los sabra decir niejor que yo, — Que me place^ respondiô el caballero (ib. I 39) ; ou bien encore, pour ne pas citer que cette formule : si quieres ganar sueldo^ Muy bueno le lo daria^ si vienes por mujer^ Darte he una hermana mia. — Que no quiero vuestro sueldo Xi de nadie lo querria, Que no vengo por mujer (Primavera y Flor I 106) ; De todo lo otro, mi hermana^ No se os negarà, no. — Que no os pido yo à Burgos (ib. 122) \Mey AlfonsOy rcy AlfonsOy Que te envlan â llamar (ib. 135). Mais en français le discours direct est^ dans le cas qui nous occupe, toujours régi par un verbe ou une locution déclarative qui précède ; en espagnol, c'est le contraire qui semble avoir lieu. Aussi les deux procédés sont*ils sans doute d'ordre diiTérent. Encore plus éloigné du procédé français sont cet autre procédé espagnol qui fait précéder Tinterrogatif d'un que *, puisqu'il s'agit ^ici précisément d'une question indirecte, et celui qu*a signalé Diez IIP 321 (294) ^, où il y a, il est vrai, un discours direct, mais sous la forme interrogative seulement.
J*ajoute ici quelques exemples du passage du discours indirect au discours direct, signalé dans le latin par Kûhner ^ ; je n'y comprends pas ceux, de moindre intérêt, où les deux parties de renonciation, de forme inégale, ne sont pas dans un rapport étroit, et où la deuxième est plus
i, V. Wiggers» § 33, 8 b et Bello-Cuervo § 1154.