‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 165 sur 169 · PRÉPOSITIONS SUIVIES DU NOMINATIF · texte numérisé non relu

PRÉPOSITIONS SUIVIES DU NOMINATIF

furent ja plus (Toit jorn (SCath. 306) ; {eran plus de mil e .V. C. rimant avec eissamen^ Flam. 504) ; Après lui poignent bien près de. II. M. c.-à-d. dui millier (Mitth. 76, 19) ; Et ja fu près de mïenuis (Tourn. Chauv. 2528).

Ici se rangent aussi les cas mentionnés plus haut (p. 171) à propos de preudom^ où il y a substitution du nominatif au cas oblique.

Pour remploi du nominatif après plus de il faut encore se reporter au latin. La seule différence entre furent plus d'oit jorn et amplius triénnium est, entre furent plus de quatre millier et plus septingenti sunt capti est qu*en français le terme de comparaison au cas oblique oit jorns^ quatre milliers est précédé d*une préposition qui subsiste après la substitution du nominatif à ce cas oblique ; le latin, au contraire, substitue son nominatif à un ablatif sans préposition, et par suite le comparatif et le nominatif se juxtaposent immédiatement.

Si le français n'est pas si riche que le latin en locutions de ce genre, c^est quHl ne possède que deux cas ; par suite, chaque fois que^ dans une expression comparative, il a à mettre en rapport avec le reste de renonciation autre chose qu'un sujet, un prédicat ou un régime direct^ il doit avoir recours à ime préposition, et celle-ci ne peut se placer que devant le comparatif, puisqu'après le comparatif se trouve le de de la comparaison. L'expression latine spatium amplius pedum sescentorum ne peut pas être traduite exactement ; on ne peut la rendre qu'en faisant précéder plus d'un premier de pour indiquer la fonction syntaxique de tout ce qui détermine spatium, et en le faisant suivre d'un second de pour introduire la mesure qui sert de terme de comparaison, tout comme si l'expression entière était régime ou détermination adverbiale.

Le nominatif est surtout fréquent après fors, et la présence de ce cas ne doit pas plus nous le faire regarder

comme adverbe ou conjonction que le latin praeter et Tall. aussePy qui se comportent de même : mers parfonde^ Cm nus fors damedius nacoise (Rend. C 3, 12) ; ce qae nus n'en voit fors il (GCoins. 436, 299) ; Nel set nus homs... Fors mes aieus (Orenge 4400); nus bourgois ni s'asenti Fors II millour et liplus haut (Mousk. 892); a ce ne porroit ataindre Fors uns seus nus (Ch. II esp. 7093) ; Un celier fist faire soutil Sous tcrre^ u nus naloit fors il (Mahom. 51); l'exemple suivant est étrange : Ja nel sara fors lui et tu (Barl. u. Jos. 32, 1).

Le nominatif pouvait de même se joindre au prov. sal (sauf), qui, primitivement adjectif, est devenu certainement de bonne heure une préposition {sal vostr'onor) ; par ex. dans Ses Foys ras no'm pot dar secors Sal de mon Belh Sostenh amorSj c.-à-d. sal amors de mon Belh Sostenh (Appel, Prov. Ined. 237, 1, 52). Comp. Nil praeter salices cassaque canna fuit (Ovid). Naturellement, ici aussi, on rencontre quelquefois le cas oblique dans des cas où le nominatif pourrait figurer : tuit burent fors moi soûl (Rend. M 250, 10); Car riens fors moi ne porroit endurer Les grans travaus kef ai por U servir (Cast. Ccy. 2, 27).

On pourrait s'attendre à voir entre se ranger parmi les prépositions précédentes quand, comme il arrive si souvent, il est suivi soit de deux substantifs ou de deux pronoms toniques unis par et, soit d'un substantif ou d^un pronom au pluriel et que, d'après le sens, les personnes ou les clioses qu'ils désignent, doivent être considérées comme étant toutes à la fois sujets de l'action marquée par le verbe. Cet emploi de entre et quelque autre analogue ont été mainte fois signalés ^ Nous n'avons à nous occuper ici que du cas où ce qui suit entre est, d'après le sens, sujet du

1. Voir Bekker à propos de Ferabras 4t7, Orelli* 380, Diez IIP 408; (376) note, Burguy II 333, Scheler Tr. Belg. II 326, Foerster à propos d'Aiol 2167.

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