‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 24 sur 169 · Cité par Diez, loc. cil · texte numérisé non relu

Cité par Diez, loc. cil

4. Mfitzner (Syntaxe, II, 38 et 215) croit qu'on a affaire à des propositions modales abrégées et s'appuie sur ce passage de Villehardouin (231 de Wailly) : ei por ce si fait que sages qui se tient devers le mielx. D'après lui, il y aurait un rapport réciproque entre si et qruc, et que correspondrait à quam ou à ut. Mais ce rapport n'existe pas dans ce passage : si introduit simplement le verbe avec son sujet, comme il arrive souvent quand la phrase commence par une détermination adverbiale (voir Diez, III *, 345 cav. : (317) et Vr. An *. au y. 77). Mâtzner reproduit cette théorie erronée dans ses Altfran» zôsische Lieder, à la note de III, 29.

5. Et en élargissant la limite naturelle de cet emploi, on dit de

de INTRODUISANT 13N SUJET LOGIQUE 1«^

De tous ces exemples, il résulte qu'il n'y a pas là un emploi particulier de faire ^ mais une construction qui admet tout aussi bien d'autres verbes. Estre est Tun de ces verbes, et c'est précisément l'ellipse avec é^rcdans une proposition relative introduite par 9^iie,quiest restée fréquente aujourd'hui, alors qu'elle est extraôrdinairement rare avec faire. Ou serait-ce méconnaître le sens primitif de la phrase c'est un grand trésor que la santé^ que de donner comme verbe sous-entendu à la proposition relative le verbe est de la proposition principale? Non, car, à mon sens, toute autre explication est inadmissible.

On peut en dire autant naturellement du cas où c'est un inGnitif qui est sujet de la proposition relative abrégée : C^est crime qu envers lui se vouloir excuser (Corn., Horace^ V, 2), et avec une ellipse encore plus forte : Est-ce trop Cacheter que d'une triste vie Qui tantôt^ qui soudain me peut être ravie? (Corn., Polyeucte, IV, 3). Le cas est le même lorsque le verbe à sous-entendre dans la proposition relative n'est même pas exprimé dans la principale : Oh! Futile secret que mentir à propos (Mol., Menteur^ II, 6).

L'ancien français n'ignore pas absolument des tournures de cette espèce ; il en fournit des spécimens, rares toutefois : (Test li nons qui plus droit se nome (le surnom le mieux mérité) Que li tuens (Mer., 4S75); C^est li miex que je voiç que la vile assegier (Ch. cygne, 224) ; Cest moult plaisans nons que Sarete (Cleom., 6478); Cest un mauvais ennemi qu'ire {JBniyani dans le Ménag., II, 11 a); qui estoit peu de chose a luy [V>i^\i) que une pomme (Ménag.^ I, 141).

Le même phénomène se produit dans le français moderne, on le sait, quand on interroge [sur le prédicat encore à déterminer : qu est-ce que la fièvre (se. est) ? qu est-ce que

même : De ce s'apense li vilains que senez^ Que sel est chier el règne dont fu nez (Nymes, 880).

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