MÉLANGES DE GRAMMAIRE PRANÇATSE
cela (se. est)? et avec une prolixité excessive : qu'est-ce que cest que la fièvre (se. est) ?
Or les propositions relatives abrégées, introduites par que^ peuvent revêtir la forme qui a servi de point de départ à notre discussion : ce qui, dans les exemples précités, est le sujet, peut se présenter comme détermination adverbiale de estre au singulier sous-entendu, dont que est alors le sujet. Au lieu de dire C'est moult plaisans nons que (prédicat) Sarete (se. est), on peut dire C'est moult plaisans nons que (sujet; se. est) de Sarete. Et effectivement, on trouve :
C'est une merveille a entendre Que de ses fez (Mer,, 1869) ; C'ert bien chose à esmerveillier Que desjoiaus que je devise (Cleom., 17877) ; C'est mes solaz et mes confors Que de mon filz et de ma fille (Méon, II, 247, 361); C'est diablie que de soussy (JBruyant, dans le Ménag., II, 6b) ; c'est moult longue chosequede usure{Ménsig,, I, i&)\ c'est mauvaise paisson que de caille et de piff on (ibid., 11,311); — etavecTinGnitif Car cest trezbon office que d' estre boutillier (HGap., iOI); C'est tos li confors que je truis En moi y sire, que de plorer (Weber, Handschr. Stud,, 353); Noble chose est que de donner (Jub., NRec, I, 373); c'est tout repos et paix que d'avoir a faire a bonnes gens (Ménag., II, 56) ; cestoit tout son désir que de V accompaignier et honnorer [C^^ d'Artois, 79); cestoit tout son souhait que de soy y trouver (ibid., 122); c'est grant merveille que de veoir icelle saincte croix (S. d'Angl., 295)«.
Le français moderne, comme il résulte tout naturellement de ce que nous avons dit plus haut ^, ne connaît plus guère cette construction qu'avec Tinfinitif : Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les dieux (Lafont, F., XII, 11) ; c'est une chose bien sérieuse que de mourir (La Bruy., des esprits
1. Voir aussi des exemples de F'roissart dans Ebering, Zeitschr, f. r. Ph,, V, 369.
de INTRODUISANT UN SUJET LOGIQUE 17
forU). En dehors de ce cas, on la retrouve seulement dans certaines locutions toutes faites comme ce que c^ est que de nous ^ (que notre condition est étrange!) et si fêtais que de vous!'^ Quant à si fêtais de vous, qui existe concurremment avec la locution précédente, on est fondé à en dire simplement qu*elle est incorrecte, bien qu^elle se rencontre déjà en ancien français : Se li chapitre qui or queurent... Fussent de cel chapitre la (Méon, II, 328, 460). Mais il n'y a rien à reprocher à la tournure suivante: Se je fusse que le roy (se. est) y qui se trouve dans Man. de lang., 400 3.