‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 26 sur 169 · Dans Regnard, cité par Littré, IV · texte numérisé non relu

Dans Regnard, cité par Littré, IV

2. Dans Th. Corneille et Molière, id., à Tarticle être^ I, 12^, cf. id. que, 20«.

3. L'emploi que nous avons étudié de que équivalant à ce 7(ie,nous éclaire sur Tad verbe du français moderne presque, que Littré n'explique point dans son Dictionnaire et que Scheler, dans le sien, interprète d'une façon insoutenable. Presque veut dire exactement « a peu près ce que [est], à peu près autant que [est] », et le mot qui suit est proprement le sujet d'une proposition abrégée. Dans le sens du presque actuel, l'ancien français emploie près seul : Vœvre est près toute aeomplie (JCondé, II, 44); Près une liwe i ad del mustier principal (SThom., B, 79 a, v. 13) ; Près a trois Hues ou a quatre S'estoit de la cort deslornez (Ch. lyon, 5878). Près que, avec ses deux éléments tantôt juxtaposés, tantôt séparés par le verbe, n'est usité à l'origine que devant une détermination prédicative : Près iere que nuis (Dolop., 301) ; E quant li services fu près Que finis (Perc, 36694; ; Dechiefetdeviairefupres que descouverle (Berte, 883) ; quant elle sera presque cuite (Ménag., 11,225). Toutefois, déjà de bonne heure, on peut signaler un emploi plus large de cette expression : Près sui k'en autel point (Berte, 859) ; Quant il vindrent près qu'enmi mer (GCoins, 211, 65) ; en anui de séjour Près ke tout Van avoit esté ^id., dans Barb. et M., I, 352, 149) ; Si sunt eles voir près que toutes De prendre convoiteuses (Rose, 9032) ; ou mois iPavril s'asamblerenlf.. presque tout chil qui... ^LMest., 386); Jai avoient près ke niaingiet Dolop, 367). On comprend facilement qu'on ait pu arriver à un ordre de mots comme personne presque, à des composés comme presqu'île, presqueunanimité^ à des expressions comme quelques rues, s/freusement tristes dans leur presque solitude [Rev. bl,, 1900, II, 336 a). Il ne faut pas confondre, comme le fait encore le Diclionnaire général, presque = près ce que avec presque suivi d'une proposition négative, et où

Mélanyes de Grammaire française. 2

Dans le français moderne, que de suivi d^un infinitif se présente encore dans d autres conditions : l'infinitif avec de y continue à être « sujet logique » d'une proposition abrégée, ou, plus précisément, détermine comme complément circonstanciel Torigine deTexistence d'un sujet sous-entendu; mais que n'est point un pronom relatif; c'est un adverbe relatif (= quam, ut), et il est précédé d'un comparatif ou d'un adjectif démonstratif, ou d'un adverbe d'intensité. Ainsi le vers de Casimir Delavigne : Qui vous rend si hardi que de m' interroger?^ signifie, si Ton détruit l'ellipse: — si hardi que {il est hardi) de ni interroger.

Cette façon de parler n'est pas non plus étrangère à l'ancien français, et com s'y rencontre à la place de que : Osés issi grant cose enp rendre Envers moi com du cors des fendre [se. grant cose est] (Amad., 6100) ; trop me vois mervelliant Pour coi en telle loy estes ensi créant Que d^ardoretd'ocire [se. loys est] (BSeb., XI, 177); N'est che mie pités. . . De ceste puchelette maintenir si vieument Que- de gésir o lui [se. est vius maintenemenz] (ibid., VIII, 885) ; et quant cil apostoiles fu en si haute chaiere comme destre vicaire Jhesu Crist en terre [se. est haute chaiere] (Brun. Lat., 99); ^ et avec l'impersonnel ia au lieu de estre : ^ iVî a si bon com dou tesir Et d'esgarder et de veoir [se. a bon^ c.-à-d. bone chose] (Méon, II, 69, 2152); // n'i a tel con de veoir (Ren., 6032 ; del ucoîr dans Martin, XVI, H78). •

Mais, chose tout à fait hors d'usage aujourd'hui, on pouvait employer un nom aussi bien qu'un infinitif: V assaut [ill'absout] j£^ «î tresgrant avoir lisaut [paye] Comme du saint cors Jhesucrist [se. granz avoirs est] (Barb. et M., I,

çue est conjonction : près que ses cuers ne li parti (Cleom., 3532); a bien près Que ele ne châi après (Ch. lyon, 3099). Voir ci-dessous chap. 9.

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