Rom. VI
faire suivi d'cn infinitif 29
Fors cheus que la chité durent escargaitier ; Mes de cheus s'est il fet sagement eslongnier (ibid., 285) ; Toz voz mantiax que fesïez lessier. Vos fet ma dame après vos envoier (Aym. Narb., 2661) ; Encore furent o lui li che^ valier Que Charlemaine i avoit fet lessier (ibid., 3069); Sarrasin vous ont fait vo visage plaier (Basi., 542); Et li vens les a fait a droit port ramener (ibid., 3694) ; si ami... Qui Vont fait fors du regnp avuec aus amener (Mainet, [Rom., IV], V, 97]; Lors sont issu de Vost^ estroit se font serrer (ibid., VI, 143) ; Tôt droit vers nos navies se font aceminer (ibid., VI, 148).
A Tappui de ma théorie me parait pouvoir être invoquée aussi la fréquence des façons de parler telles que : al par^ tir que il faiseient [Roii, III, 7031) ; al baissier que il faiseit A la AacAe (ibid., 842S) ; El regarder qu'il fist l'y mage (FI. u. Bl., 1699) ; li regarder quilfait^ si est tristes et de mauvese manière (Phisan, 20j ; a Valer qu^il font^ si tienent le piz avant (ibid., 23) ; au passer que il fîst^ mes sires Jehan li donna de sespee (Joinv., 366 f.) '•
Enfin, comme derniers témoignages en faveur de mon interprétation de /"a/^e^e^cou/er, je cite encore : Entende cilki niot^ si me face esculter (Rou, II, 1354), prologue de \Va«e à ses auditeurs; fai ma parole oïr (ibid., 3711), début d un message pour lequel au v. 3749, on recommandera le secret; et enfin : Amis^ chen dist Mabile [s'adressant au messager quelle charge d'une commission], feitcz moi escouter Gaufr., 113)'^.
i. Constans s'est rangé à mon avis dans sa note sur le v. 905 du Kïhebes: Andeus ses oels se fist crever (Lég. d'Œdipe, p. 117); de même Morf, dans LU. BL 1887, 213, el P. Meyer pour le provençal dans le glossaire de Daurcl et Béton et dans celui de la Croisade contre les Albig. à propos de far.
2. Encore aujourd'hui (1901), G. Paris n'est pas complètement gagné à ma manière de voir ; la restriction avec laquelle il veut la laisser sal>stster, à l'article faire du glossaire d'Orson de Beauvais (1900), n'est nullement justifiée.
Construction différente des deux membres d'une phrase
alternative d'interrogation.
Quand une phrase alternative^ formée de deux propositions liées par ou, exprime un ordre, la seconde a en ancien français la forme affirmative, et, par suite, son verbe est à rindicatif ; U a pour sujet le pronom personnel, et il est précédé de pronoms atones, s'il y en a pour lui servir de compléments *.
J *ai appelé lattention sur cette construction à deux reprises ^, et voici les exemples que j'en ai cités : VassauSj osiez de ceste place Le lion, que mal ne nos face^ Ou vos vos clamez recréant (Ch.lyon, 5539) ; Fai ment tel compaignie com doit faire frans hom^ U tu passes celé ewe (RMont., 207, 4) : A tout le mains rent le moi mort Ou tu m^ envoies tost la mort (GCoins, 565, 379) ; Retenés moi par un Jôel.,. O vos retenés un des Fniens (Ombre, 517) ; Rendez le toz {z=:tost) u vous celui Envoiiés cha de/fors a lui (Rich., 3269).
La même construction se rencontre dans des phrases alternatives exprimant une interrogation: la seconde proposition pouvait y prendre la forme qui est propre à TafiBrmation et ne conviendrait pas à une question isolée. Ainsi dans: Vont ille pasouils^en fuient? (Perc., 1506) ; Avés les
1. Il est IKm» rare que ce soit le premier membre qui ait la forme affîrmative ; on pourrait en citer cet exemple: Ou tu m^ocis indîc. ou tu me laisse impér. en vie RCambr., 5272 .