‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 35 sur 169 · MÉLANGES DE GRAMMAIRE F|IANÇA{8E · texte numérisé non relu

MÉLANGES DE GRAMMAIRE F|IANÇA{8E

Ou bien s'il vaut mieux que par toy Soit faite Ventrée avant moy (Jodefte, TEugène, II, 2).

Au xvii« siècle, dans Rotrou : Vois- je des vérités^ ou si mon œil s abuse? (Laure pers., V, 8) ; dans Molière: est-ce pour rire ou si tous deux vous extravaguez? (Méd. m. lui,

Au XIX* siècle, dans A. de Musset: êtes-vous souffrant ou si cest un méchant caprice ? (Le Chandelier, III, 4) et dans Augier : dois-je Vintimider, Ou si par la douceur il vaut mieux procéder? (Un homme de bien, II, 8) ; est-ce que vraiment on eût osé la séquestrer, ou s'il n'y avait là qu'une menace? (ADaudet, Evang., 338); est-ce qu'il croyait avoir touché le port ? ou si c'est quil venait alors d'' épouser son Armande ? (Brunetière dans Rev. bl., 1891,

II, 722 a) ; est-ce que peut-être La Chaussée n'a pas vu lui-même où était le vrai sujet de sa pièce? ou si c'est qu'en essayant de rompre avec t ancienne comédie, Ihabitude est encore la plus forte ? (id., ibid., 1892, I, 206 b) ; croyezvous que notre disgrâce ne soit que passagère, ou bien si vous pensez que c'est définitif? (ibid., 1897, I, 39 a) ^.

Il est indispensable, après ce qui précède, de mentionner que même une proposition interrogative simple revêtait quelquefois la forme de Tinterrogation indirecte : Ques homs est ce qui en la bière gist? S'il est malades o navrés o ocis? (Gar., Loh., II, 262) ; caves fait de Rollant Et des autres barons? ou sunl il remanant? S' il sont encore sain et délivre et vivant? (Fier., 139) •'. De nos jours on dit encore : mais,

1. Voir aussi Livet, Lex. de la langue de Molière à l'article si,

2. Pour le xvii« siècle, on trouve des exemples aussi dans Littré à siy n° 17, où il défend à bon droit Corneille contre la correction de Voltaire. Voir aussi MStzner, Gr., § 216 a y ot G. Ebeling qui, dans les Abhandlungen Herrn Prof. D' A. Tobler dargebrachl (1895), p. 345, étudie la chose au point de vue de Tasymétrie.

3. Les éditeurs ont mis une virgule après remariant^ faisant, semblet-il, du dernier vcts une proposition conditionnelle. Cependant la

CONSTRUCTION DIFFÉRENTE DES DEUX MEMBRES d'uNE PHRASE 33

nous y allons tous!.,. Madame^ si vous voulez mon bras ? (avec un point d'interrogation) (Feuillet, Montjoye, II, 7) ; un peu plus loin : général^ si vous voulez offrir votre bras à ma fille? Comparez ces exemples du provençal et de Tespagnol : \eps^ si avem bon plah del rei Karlo ? — Per mon cap^ so ditz Folques, quar aquo no (GRossI, 1615) ; Commo son las saludes de A Ifonsso myo •sennor ? Si es pagado 6 recibiô el don? Dixo Mynaya: d'alma e de coraçon Es pagado e davos su amor (PCid, 1931) ; preguntô à su amo: seîlori si sera este à dicha el moro encaniado? (DQuix., I, 17); decia desta manera: ; Ay Dios! 2 *' ^^^^ posible. ..? {ihid., I, 28) ; ^ si tendras por ventura lasmientes en tu cautivo caballero? (ibid., I, 43) ; / ay, sefior mio ! ^ si se ha espantado el duque de verme?^ si me tiene aborrecida?^ si le he parecido fea? (Cerv., Seù. Cornelia).

réponse qui suit immédiatement : Oiii/, ce diêt li dus, mar en irés doutant, ne permet pas de voir autre chose dans. S il sont encore sain qu'une interrogation. — Voir d'autres exemples dans ASchulze, Der afz. direkte Fragesatz, p. 1 33.

MéUngen He Grammaire françaixe.

Llmpératif employé par anacoluthe dans une proposition

dépendante.

L'impératif se rencontre en ancien français dans une proposition complétive amenée par que après un verbe de volonté, de sorte que ce quia d'abord Tair d'une proposition objective prend ensuite, par Tanacoluthe, la forme d'un ordre direct *.

Je me permets de revenir sur cette façon de parler que j'ai déjà traitée ailleurs, à propos d'un passage de Richard le Beau ^, et qui se rencontre encore dans les exemples suivants :

Or te pri et quier et demant^ Se tu sez, que tu me consoille Ou d'avanture ou de mervoille (Ch. lyon, 365) ; Je te requier qu'en guerredon D'un de ces cierges me fai don (GCoins., 316, 42) ; Jointes mains te depri{e) que por nnoi le deprie [: vie) (ib., 760, 82) \je te commant Que tu qanque cist sarrazins Tedonra^ char, poissons et vins, Boif et mengïip (Méon, II, 283, 147) ; Pour che te prie et prierai Que mon esperit a toi irai (Dits de l'âme, A 8 1) ; Jou te congur. . . Que,., revienpar moi (Mousk., I179t); Ceste escripture nos aprent Que, quant yes sains, tost te reprent (1. repent) (GMuis., 1, 81 ) ; vous prie et admoneste que, soit en compai-

\. On pouvait parfois substituer le futur à l'impératif: Mais jevoeil que de vo main désire, S'i7 vous plaist, me fiancerez Que vers moi le desservirez (Escan., 20137).

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