Dans GôtL Gel. Anz. (1874), p
l'impératif employé par anacoluthe 35
gnie, soif a table^ gardez bous de trop habondamment parter(Ménag., I, 178) ^
Par suite, aussi avec un impératif négatif: Pordieu tepri,.. Qe en Vestor hui seul ne me guerpis (RGambr. 2652) ; biau fix, te voeil proier... Que ne guerpis ton père (Gaufr. 8); Por chou te loy si te casti Que tu de lui riens ne mesdi (Barl. u. Jos., 183, 38).
De même encore avec Finfinitif négatif que Tancien français employait souvent pour Timpératif : Ceste corone, de Jesu la te vie, Filz Loôis, que tu ne la baillier (Cor. Lo.,86) ; Par tel convent le puisses retenir Qu'a eir enfant ja son droit ne tolir (ibid., 155) ; Ne te sai plus que enseig nier, Mes dolcement te voit prier Que de tôt ço riens noblïer (Troie, 1745) \ garde que tu nen menger (Serm. poit., 181) ; Filz, encor te veil chastïer Qu autrui chose ne coveitier (Cbast., XVIII, 108); Garde que trop ne te haster (ibid., II, 346) ; Garde que mot ne li soner (ibid., IX, 41) ; warde ke tu ne somillier (Greg. Ez., 110, 21); Mes garde que ni parler pas (Athis, 924) ; Mes garde que ni parler mie (ibid., 1146); garde que ne mentir (MAym., 2057); Garde que tu ne repairier, S'aies trouvé le chevalier (fragment dans Romania, XXVI, 277, 75) *.
Les deux exemples suivants sont plus difficiles à expliquer. Dans le premier, Mais je te prique le celer (GCoins., 588, 650), rinfinitif semble, d*une façon tout à fait anormale, être le substitut d'un impératif non négatif, lequel, de son côté, remplacerait par anacoluthe le subjonctif le çoiles. Dans le second. Prenez en droit, ainz qe riens lor mes f ai (pour mes faces) (RGambr. 939), Tanacoluthe « ne
1. Cf. Scign**r nenfantz, lo tneillzqe'us qier, Es qe percazatz pretz entier {Prov, Sirv., dans Sitzgsber, d, Akad, d. Wiss, zu Berlin 1900, p. 242 et 245).
2. Cf. Una ren te voit mostrar,,,. Que ja dejuns non anar Ah ton grat en caretma (Ilerrigs Arch., 34, 194 b).
36 MÉLANGES DE GRAMMAIRE FRAxNÇAlSE
leur fais pas de mal m, au lieu de a plutôt que tu ne leur
fasses du mal », n'aurait rien de surprenant, si, du moins,
il y avait la négation avec le verbe, s'il y avait ne lor mes-
fai. Je veux citer encore Moi ne chaulj son me met la hors^
Mes que ma garison me livre (; faie a vivre) (Mont. Fabl.,
I, 91, 259), pour lequel exemple cependant deux sens sont
possibles : ou mes que signifie ce pourvu que », auquel cas
rimpératif est employé par anacoluthe ; ou il signifie
(< seulement » ^ , et alors l'emploi de ce mode est tout à fait
justifié.
Les lignes qu'on vient de lire ont été imprimées pour la
première fois, abstraction faite de quelques exemples, dans la Zeiischr.f. r. Ph.^ I, 14, 1877. Depuis, la question a été reprise par d autres, comme Willenberg *-', Vogels 3, Bischoff ^, Constans '\ Englânder ^, Meyer-Liibke ' ; mais j'interprète autrement qu'eux une partie des exemples qu'ils donnent.
Il me parait maintenant certain que faites et dites s'employaient aussi avec la valeur d'un subjonctif. L'identité de forme à l'indicatif et au subjonctif présent, pour les \^^ et 2™* personnes du pluriel, dans presque tous les verbes, a amené l'emploi, comme subjonctifs, des indicatifs faites et dites. Personne ne voudra considérer faites comme un impératif dans Et cil avient quil vous demant Que vous li faites jugement (Jub. NRec, I, 160). Serait-ce plus admissible de supposer qu'on puisse employer l'indicatif dans une proposition dépendant d'un verbe de volonté, bien que l'on trouve