‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 39 sur 169 · Gr., III · texte numérisé non relu

Gr., III

toujours cette distinction. D'ailleurs, en dehors de la langue scolastique, ce mot ne désignait guère que la partie matérielle d'un être animé et ne se disait pas de toute substance physique. Encore avons-nous conservé quelques faibles réminiscences de cet emploi dans les expressions un drôle de corpSy un plaisant corps^ à son corps défendant^ qu'on peut mettre en regard de ces exemples de lancien français : en vous a,., tant de bien Qu'avoir puet en corps crestïen (RGcy, 520) ; Vers vous trahi (je) la bone dame^ La sainte famCy lou saint cors^ Qui pure et fine estoit plus quors (Méon, II, 102, 3205) ; Par mauvais cuer est mains g r ans cors hounis, Et par bon cuer hounorez mains petis (Enf. Og. 5566)^.

Voici, en premier lieu, quelques-uns des innombrables exemples qu'on peut citer de l'emploi décor* avec un nom de personne. Si ces exemples ne nous apprennent rien de nouveau, du moins ils serviront à prouver que l'étude de cet emploi n'appartient point au chapitre du pronom :

Estes vos cors de dame a norice torné (PDuch. 29) ; Ne cuit qu'il soit si dolerous Cuers de nul cors de feme ou mont (Amad. 1761)^ ; Ja par le cors d'un chevalier De cex qui çaiens sont assis^ N'en ert vers moi son escu pris (Atre per. 180) ; Que nëusce ja encombrier Par le cors d'un seul chevalier (ibid. 318) ; Onques tel joie ne fu faite Por le cors d'un seul damoisel (ibid. 929) ; Biaus chevaus quist et bel arroy, Com se fust pour le corps du roy (RGcy, 7023); onques not millor (se. cheval) Cors de roi ne d'empereor Por bien porter un chevalier (Ferg. 16, 27) ; Si soit l'ame de moi du cors dieu asolue (Aye 19) ; Li

1. C'est, je crois, Uhland qui le premier, dès 1812, a montré la correspondance entre cet emploi de l'ancien français cors et celui du moyen haut-allemand lip: v. Schriftenzur-GeschichtederDichtung und Sage, IV, 404, note.

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