‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 42 sur 169 · IV · texte numérisé non relu

IV

3. Dans son excellent M('^moire sur la lanjçue de Joinville, p. 37, sq.

Or, si Ton étend le champ de Tétude, on se convainc bien vite qu'il n*en est pas ainsi. On trouvera un grand nombre d'autres formes en -ant employées d'une façon analog^ue et dont la signification ne s'explique pas plus facilement en prenant pour base le participe futur passif latin que si l'on part du participe présent. En outre, abstraction faite des différences produites par les flexions easuelles, on verra que les formes du féminin sont toutes identiques à celles du masculin, n'ont jamais la terminaison -âncfe qu'aurait donnée le latin -anda, -enda. Tout ce qu'on peut admettre, c'est que, pour quelques participes présents français, certaines de leurs fonctions s'expliquent par des fonctions correspondantes de quelques participes futurs passifs latins, dont la terminaison du masculin, aboutissant en français, suivant les lois phonétiques, à une terminaison identique à celle des participes présents masculins, les a fait regarder et traiter comme tels.

Il est évident que ce que nous venons de dire ne touche en rien au rôle du gérondif latin dans la langue française, rôle fort considérable jusqu'à ce jour, et qui l'a été encore davantage autrefois, lorsque le gérondif avait la fonction de cas de l'infinitif.

Voici une liste des participes présents employés comme adjectifs verbaux, avec un sens quin'est pas simplement actif ou réfléchi. Je cite d'abord les transitifs^ puis les impersonnels construits avec le nom de personne au datif, enfin les intransitifs ou réfléchis. Je les range par ordre alphabétique, en réunissant les composés et les verbes simples. Cette liste, bien que déjà assez considérable, n'a pas la prétention d'être complète ^

1. Quelques additions que je ne veux point ajouter sans façon à ce que j'ai trouvé moi-mêmq, ont été données par Klemenz, Der ayntactUche GtbrfLUch des Part, praes. und des Gerundiums im Afz,, Dissertation de Breslau 1B84, p. 15; par Morf dans Lit. Bl. 1887 col.

Mélange» de grammaire française. i

Su MÉLANGES DE GRAMMAIRE FRANÇAISE

apercevant. Hom, or entent cha en avant Chou ke est bien aperchevant (Rend. M 20, 2) *. Très souvent il se rencontre au sens actif de « entendu dans )>.

ataignant.S'en ceste terre puet mais estre ataingnanSy II et Gantiers.., ^Ja raençonsn en soit pris nus bezans (RCambr. 3925; cf. 4069 : De raenson nen iert ja pris besant) ; ici ataingnans est Téquivalent exact de atainz.

bevant. Cler et net et sade et bevant [qui se boit avec plaisir) Lepôez trover et sentir [le vin) (Barb. et M. I, 364, 230) ; Va, si li aporte le vin. Fort et net et cler et bevant (BCond. 167, 443)'; Le vin aforé de nouvel... Sage {l. Sade), bevant (JBodel, Th. frç. au m. â., 180).

blasmant. Plus est belle dame blamans Cent tans et doit estre blamee. Puis quelle nest bonne clamée (Watr. 32, 1012).

celant. Aube oui e en son chef cresmal Pur faire plus ceilant son mal (Chr. Ben. I, 1348).

conoissant. Aux exemples de faire conoissant donnés par N. de Wailly 37, j'ajoute: A tei et a la toe gent Voit que seit fet bienconuissent (à noter la rime !) (Troie, 24016) ; Bien se fet lo jor conoissant Varc turqueis et o le brant (ib. 11065) ; fesis conosant [notum fecisti) (An. et Rat., XIV, 3; Greg. Ez., 7, 11; SSBern., 15, 11); Encor nous ferons nous a le gent coAi/iw.san/(HGap., 101);

213, elSlimmingdans la 7As. deGrôbcr X 5rr2. Selon moi, conduisant d&ns N'orent seifjneur ou fuissent conduissans (Mitth. 249, 19) a non pas la valeur d'un passif, mais celle d'un réfléchi : cf. Vestele Dont par la mer Se conduienl li marinier (Jub. NRec. II 249) ; De Vueil désire, dont miex veoie, Ne voi je pas aler la (1. por aler ma ?) voie Ne moi conduire (Ruteb * ï, 14). — Voir pour le chapitre entier Meyer- Lubke, Hom. Syniax, § 15.

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