Voir la note de Van Hamel sur ce passage
PARTiaPE PRÉSENT A SENS DÉGÉNÉRÉ 51
Car pluseur homme s'en vont entresanlant, Et de parole sont aakes conisant (qu'on peut bien distinguer) (Alise. 123); Nus^ tant fust riches ne poissanZj Ne estranges ne conoissanz (connu) (Guil. d'A., iSiS); portoit armes moult tresbien counoissans (Enf. Og. 4824) ; De tant con li hom vraiement Est plus haus hom et plus poissans^ Plus sont ses oevres conissans (BCond.,^ 176, 24); A ce (à la mine florissante) sunt cil bien cognoissant Qui vont les dames traissant (Rose, 2563) ; un privé garçon Qui soit de vo condision. Mes c^o vous ne soit demorans, Car plus tost seroit congnoissans (RCcy, 2280) ; Uns rois... D'avoir et d'onneur cognoissans (Watr., 200, 32).
C'est presque toujours par (c connaissable, reconnaissable )) qu'il faut traduire conoissant^ et, par suite, ce mot est à rapprocher du prov. conoissen * et trian. Ce mot employé comme substantif, ainsi qu'en italien un conoscentea une personne qu'on connaît », et de même l'adjectif qui Hgure dans l'exemple tiré de Guill. d'A. peuvent aussi être considérés comme un participe originairement actif: as armes poissanz Et desor toz reconoissanz (Ch. Lyon, 3246). Ainsi conoissance ne signifie pas seulement « marque distinctive » ou « signe caractéristique », mais même (( qualité qui rend possible d'être reconnu » : Les cors ki ne estoient de nule cunussance (SAub. 1371).
contant. Aux exemples donnés par N. de Wailly 39, j'ajoute '.deniers contans (Barb.et M. 1,378, 687) ; deniers contans por despendre toz jors en choses besoignables (Brun. Lat. i) ; comp. Ou li sires ëust, en secz deniers contés^ La moitiet de V avoir et de ses Aeri/^«(BSeb., VIII, 1121) ; Mais en voyant bel argent bien compté^ Il promet plus que Von ne lui demande (Lafont., Contes, I, 2, 97).
i. V. Levy à conoiser^ 10 et li.
créant, frères Garins, je ai bien entendu ce que li rois me mande par vous, et je vous tieng bien a créant ^digne de foi) mesage (Men. Reims, 270) ; Plus créant mes ni pôez envoier (Aym. Narb., 3801); Quant François ont (1. Ôent) la parole créante Dont I^Ôys et Aymeris se vante (MAym., 3288) ; Une riens vus dirai, se j'en fusce creans (si vous voulez m'en croire), Que li uns de nous fust vers le roicevaucans (RAlix., 193, 12).
croisant. Sor sa poitrine tenoit ses mains croisans (Alise, 23). A côté du transitif croisier (mettre en forme de croix) dans Ses mains croisa sor sa poitrine (Ruteb. II \ 145); Cruice ses meins sur sa peitrine (SGile 3711), je ne connais Temploi réfléchi que dans le sens de « prendre la croix », non dans celui de « se croiser» ; toutefois on trouve: Puis sestendi contre terre en croisant (MAym. 3751), expression où en croisant est ordinairement remplacé par en crois.
cuisant, navets sont durs et mal cuisans jusques a ce qu'ils aient esté au froit et a la gelée (Ménag. II, 144) ^
desloiant. indissolu bilis : non desloians ; insolubilis : nient desloiaus{l. desloians) (Voc. Duac, 116 et 117).
despisant. pour cou ke dus pechiés estoit plus ors de tous les autres et plus despisans (méprisable), en vaut nostre sires prendre vengance ki fust dessamblans de toutes autres (JTuim 58, 15).
disant, indicibilis: non dicens (qu'il faut sans doute lire non disans) (Voc. Duac, 116).
dotant. Treis batailles fieres et granz, Ruisteset fieres [?) et dotanz (Troie, 9968) ; Amor d'orne est aventureuse Et redotanz (redoutable) et périlleuse (Méon, II, 110, 3462);
1. Cet exemple est douteux; cf. remploi intransitif de ce verbe dans: les pois ne cuisent pas bien (Teaue de puis, ib. II, 134.
Pour lui oi a non 7 ir (la ville fut appelée Tir du nom de Tirian), tant estoit redotans (RAlix., 75,9) ; Sept vins chevaliers a od lui^ Qui moult sont d'armes redoutant ;Perc. 38619). Il faut sans doute écrire dans Mousket 9554 : Et scièrent moult doutant (au lieu de dontant) linage Et vaillant et cortois et sage. Une autre modification de sens s'offre encore pour doutant dans : on doit celuj k'est plus laire Comandeir chose doutant Et il (l./ri) enble a la foie (Bern. LHs. 496, 3) (une chose qui vous tourmente).
encloant. alleluie encloant Es set ides{Ph. Thaon Comp., 3508, cf. 3330) ; alleluyes encloans (Comput dans Bulletin d. 1. Soc. d. a. textes 1883, 81, 58 et Du Cange à alléluia clausum).
enduisant. Ce mot vient de e/ic/iiîre, qui signifie encore dans le langage de fauconnerie << digérer ». Se donter veus oisel ramage, Souvent Vabeche en liu ombrage De char enduisant bien lavée (VdlMort, XV, 12 var.).
entendant, il croit Quanqu^ele li fet antandant (Guil. d*A. 12i7); leur fist entendant Que,,, (Cleom. 4147); Ains nous le faisoit entendant (ib. 13761); pour fere plus cler entendant cel cas,,, , nous recorderons un jugement (Beauman., 1158); Li escuiers fait entendant A Voste con les va gaitant (RCcy, 4378) ; Li avoit dit et fait a entendant Que,,. (Gayd., 325) ; et en outre sans a dansBarb. et M. III, 472,34; Méon, II, 323, 302; Berte, 2079; ib. 2524; GGoins., 467, 243. On trouve encore faire a entendre à côté de la locution ordinaire faire entendre: M^ usage me fait (1. M usage me fais) a entendre. Qui ce me rueves retenir (Barb. et M. III, 123, 282) ; faire entendant peut se comparer à tous les points de vue à la locution faire conoissant.
faisant. Ses oroisons faisans lui vint en voulenté que.,.
(Brun. Lat., 628, interpol.). D'ailleurs, faisans pourrait être ici le cas sujet du participe actif; dans ce cas, nous aurions affaire à une anacoluthe ; mais rinversion de ses oroisons m'empêche de croire que ces mots soient un accusatif régi par faisans. En outre, faisant signifie aussi « faisable, opportun » : Est or ce bien chose faisant? (Ruteb. I, 155).
fermant, une huche fermant a clef (Menag. II, H7), peut éveiller des doutes, puisque le français moderne emploie aussi fermer comme intransitif dans le sens de « qui clôt, qui peut être clos ».
lisant, trover lisant signifie- t-il « trouver comme quelque chose qu'on peut lire quelque part » ou « trouver en lisant » ? Dans la plupart des cas, on a le choix entre Tune et l'autre signification. La première, à mon avis, sHmpose pour La treuve Von ceste estoire lisant (Koncew, cxxxi\ car lisant y est trop éloigné du verbe et de la pour être gérondif. De même, dans Si com g'en Daire{s) truis lisant (Troie 26142), la construction de la phrase me semble plus naturelle, si lisant n'y est pas un gérondif. Mais, d'autre part, des exemples comme Car fai en ses epistles tut en lisant trové (SThom., 2985, var. du ms. de Wolfenb.), ou Si troveroiz bien en lisant Qu^il n'est riens que deus hee tant (RBlois^ III, 28,931) nous rendent hésitants et nous font pencher vers Topinon de Diez K
mescreant.De maint en furent Mahons et Tervagans Souvent maudit, et clamé[s] recreans En fu chascuns^ et faus diex mescreans (qui ne mérite pas confiance) (Enf.
1. III3 259 (238). V. aussi Van Hamel, Rend. M 2, 1. Dante a employé d'une façon semblable un gérondif qui n'a pas le même sujet que le verbe principal : Su mmae c/ 6 i/s clementiae nel seno Del grande ardore allora udii cantando. Purg. XXV, 122.
Participe présent a sens dégénéré S5
Og;, 5888); Morans Va salué de ses dius mescreans (Mainet, II, 98 dans Rom., IV, 323) : Afolt les a a mauves tenuz, A félons et a recreanz Et apelez vix mescreanz (Claris, 2187) ^
nonpoant. Car a deu nest nule destrece Ne nule chose nunpoant (Guil. JND, 267) « impossible », ordinairement « impuissant ».
onorant. Prison sui Kalle,,. Le roi de France^ qui tant est honorant (Og. Dan., 772).
paiant. deniers paians^ v. N. de Wailly, 37; en outre: nus corroiers ne pue t prendre son aprentiz sans argent^ se il ne le prent a quatre ans de service au mains et as cinq sous devant diz paians (payables) a la confrarie (LMest., 23i); Trente mil saudoiiers arez ung an passé Paiiant de mez deniers (HGap., 183). Il faut sans doute lire ici paianz^ car celui à qui Ton s'adresse, dit quelques lignes plusloin : trente mil Franchoisquun an me paiera.
perdant. La vëissiés... Tan pié, tam poing, tante teste perdant (RCambr., 40i2]. Toutefois il faut mentionner que perdre a aussi le sens de « se perdre » : Lor nés (vaisseaux) i perdent et desvoient, Senprcs affondrent et peceient (Troie, 28719); illeuques trove une eve, Maintenant entra ens, na paor que il perde (Elie, 1856).
poissant, totes choses sont poissanz a celui qui bien croit [omnia possibilia sunt credenti) (Turpin (Wulff) I, 15, 17), « possible ».
ponant. Ceuls qui les [les coulons) prennent, les deveurent Plains d'eufs ponnans (à pondre) ou couvëis (Vieille, 44).
portant, forgier, escrin, cofre portant a cheval ne doivent point de rivage (LMest., 305).
1. Dans Veng. Rag. 5645, il faut, au lieu de mescreans, lire mes creans « ce que j'approuve », nominatif du substantif verbal créant.
prendant, jom... ai vendue a Jehan,,, huit muis de tere en tous preus prendanSy (Urk. Douai 2, 3; ib. 4, 5. Voir tenant).
prisant, na si bon clerc ne si proisant (Parton. 5483) ; Rotins d'amor mi proie ^ Et je lou voi sipou prixant Ke... (Rom.u. Past., II, 46, 19)*; Envolepee n aies chose Dedenz ton cuer [n']ensevelie^ Tant soit vilaine vilanie^ Tant soit mesprisanz mesprisons Ne tant trâitre traisons^ Que tôt ne rues puer et lances (Méon, II, 100, 3161) ; Moult est li princes desprisant , De dieu et du monde hays^ Qui. . , (Watr.,227, 902.)
resoignans. Eleot noirsiex,feus et poingnanz^A regarder mult resoingnanz (Ruteb., II*, 473) ; Ne li peciés n'est pas si grans Com on dist, ne si resoignans (tant à craindre) (Jak. d'Am., I, 875).
ruant, not pas aie une pierre ruant (à la distance d'une pierre qu'on aurait lancée) (Gaufr., 83).
sentant, laquelle Marguerite estoit grosse d'enfant sentant des six sepmaines avoit (Docum. 14® s. Carpentier, sentire 2); elle en estoit grosse d'enfant sentant (Cte d'Artois, 187) (grosse d'un enfant qu'elle sentait).
tenant. il{le comte de Glermont) est sire de son droit de tout ce quil trueve tenant en aluef (Beauman., 688); Ce fu li premiers rois de la tiere tenans, Les tieres entor lui furent a lui tenans (RAlix., 75, 8); Haus hommes (sujet) de grant fief tenant (RViol., 289). Les deux passages Huedon de Lengres... Qui près de ci a grant terre tenant (Mitth., 156, 26) et Tes hom sui liges de tôt mon fief tenant (Og. Dan., 2039) pourraient au besoin recevoir une autre interprétation ; toutefois il parait
1. Pre$anSy dans Hue Faidit 2, est traduit par laudabilis, et ib. 39, par apprecians et appreciatus.
naturel de donner à tenant le sens de « qui est possédé en fief ». il ne demouroit à Jehan.,, que le quart du fief tenant et prenant (Beauman., 491),
traiant pourrait être rangé, semble-t-il, dans cette liste d après Nel pierche cols de lanche ne de quariel tràiant (d'une flèche tirée, voir ci-dessus riiaAi<)(RAlix.,40, 20) ; toutefois il n'est pas impossible que traiant soit ici un gérondif faisant office de cas de Tinfinitif, avec lanche et quariel pour complément. Il se pourrait aussi que la variante ne quarel d'arc traiant fût la leçon exacte ; alors /râûi/i/ aurait la valeur active, comme dans Fors est li ars et bien traianz (Troie, 18731) ; car, dans la variante de RAlix., 75, 18 : Ne crient asaut de gent ne quariel d^ars traiant^ on ne pourra guère non plus maintenir le pluriel ars ; on devra mettre d'arc traiant (d'arc tirant).
veant. Mianemi sont ci devant voiant (visibles) (RCambr. 3254) ; Dedanz un puis parfont^ hoscur et non voiant (où Ton ne voit pas) (Destr. de Jérus. dans Du Méril, Poés. pop. lat.du moyen-à. 357); Cui on maine ensi son osteil Que (var. Quant ^ Scheler Qua) sa besoigne est mal veans (mauvaise à voir) (JCond., II, 163, 59j ; levés de chiy Caitis et fols et mesceanSy Car li visces est mal veans (ib., 1, 66, 94) *. Voir aussi cler veans dans Watr. 23, 694, et aussi 399, 79, et la note de Scheler sur ce passage '^
vendant, se aucune euvre estoit trouvée vendant contrefaite a euvre de coural (mise en vente) (LMest., 70).
voillant (désirable), peut prêter au doute. On lit, il est vrai, dans la vie de sainte Elisabeth par Robert de Camblinnuel (Cambigneul)(dans Ruteb. 11^ 373) : Etdistque