‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 47 sur 169 · Synlax, II, 42 et Gramm.', § 216 a, p · texte numérisé non relu

Synlax, II, 42 et Gramm.', § 216 a, p

MaUlrey pour Vamour noslre dame, que Vi mettez (Mir. ND. XXVII, 1420) ; Mien encïent, quil fu deffet Plus par envie que par (1. por ?) fet (Barb. et M., II, 229, 126) ; Par le mien ensïcnt que son dit faussera (Gaufr. 219) ; Mun escient que vus amez (MFce, B, 51); A son sanlant quençainte estoit (var. Certeinnement que griés estoit) (FI. u. BL, 154).

Ici, on le voit, à la place d'une proposition principale pleine, figure une expression adverbiale, qui accompagne ordinairement un verbe déclaratif, soit pour affirmer ou adjurer, soit pour indiquer que la proposition est vraie d'une vérité subjective, et non d'une vérité objective.

C'est le lieu ici de mentionner encore les locutions qui, en ancien français, expriment quim fait n'a pas, il est vrai, eu lieu, mais qu'il s'en est fallu de peu qu'il ne se produisit. La locution commence par une expression adverbiale sans verbe, dont le sens est a à peu de distance », « pour un peu » ; vient ensuite, introduite par que, une proposition à l'indicatif et négative, exprimant la non-réalisation d'un fait qui aurait pu facilement se réaliser. L'allemand préfère une forme différente de la pensée. Au lieu de nier le fait qui n'a pas eu lieu, il se contente de marquer sa non-réalisation par le mode : « beinah wâre ich gestûrzt » (à peu près je serais tombé). Le Français, lui, peut dire : « à peu près je ne suis^pas^ tombé », ou avec le grue en question : « à peu près que je ne suis tombé » : près li cuers ne H fent (Berte, 225); près na le sens dervé (BComm., 431); Tel duel en auprès que ses cuers ne fent (Enf. Og., 3046); Près que ses cuers ne li parti (Cleom., 3532) ; a bien près Que ele ne châi après (Gh. lyon, 3100 ; de même RGharr., 1928; voir aussi la note de StJul., 2937 ^ ; a po li cuers ne

i. Od trouve aussi la proposition principale complète, bien que courte : Moult vaut [1. va il] p res keje nai perdue Ma vie el mon cors lot ensemble (Dolop., 73); Priés va que Je ne vous afole (RViol., 194);

que UNISSANT UNE PROPOSITION A UNE EXPRESSION ADV. 75

li man^i (Cb. lyon, 872); A bien peu ne li faut Valainne (Ferg., 5, 3); a po qu^il ne Vanbrace (Ch. lyon, 886); a bien poi que chascuns ne /b/i^Mer., 758)*; La por un po ne forsena (Ch. lyon, 3492) ; Por po que li cuers ne m'an crieve (ibid., 3936); Fromo/w V entent ^ par un poi qu il ne font (Jourd. Bl., 420); Par un petit quele ne font (Rose, 264); Par un petit que il n^enrage [Fl.u. Bl., 2618, ms. B.).

A peine{s) aussi se rencontre fréquemment accompagné d'une proposition introduite par que : A poines que vif demoroient (Mousk.^ 28803) ; Cantje tresbien ipens, apaine que nen plor (Poème mor., 337b); A moût grant paine quil le croient (111e, 4936) (cf. per le moite lagrime apena ch'ello podeva favellare (ApoUonio, éd. Salvioni, 33, 3).

C'est avec raison que Mâtzner^, à propos de sans doute que, certainement que, etc., a rappelé que ces locutions sont à rapprocher de Titalien certo che^ de l'espagnol por Dios que^ etc. En effet, les passages suivants nous montrent le même procédé dont nous avons parlé : Pel mio Gesù^ che chi dice ciô^ erra (Morg. Magg., VIII, 46); Per mia fe, ora ch'io ne son dolente (ibid., VIII, 47); Per la mia /e, cKio ne son mal contento (ibid., XVII, 56) ; perla testa mia^ Chegentilezza è teco esser villano (ibid., XVII, 114)''; sin duda alguna que es estraîlo el rigory aspereza (Cervantes, Obr., 43 b) ; en verdad^ que merecia ser hija (ibid., 99 h;) à buena /c, que te han de llamar seîioria (ibid.^ 271 a); verdaderamente y que son estrechas las leyes de caiba/Zeria (ibid., 269 b) ; Vive Dios^ que no he salido (Cald. Mag. prod., III, 387)*;

Moult se va près qu'il n'isl du sens (GCoins. 37, 343) ; près s^aloil que il rCenrajoit (Men. Reims, ^l);press'alaque li cuers ne li parti (ibid., 58).

1. De même encore avec la proposition principale complète, bien -quecourte : A pou ce va que ne te tue (I Ys., I, 17).

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