‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 49 sur 169 · HO MÉLANGES DE GRAMMAIRE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

HO MÉLANGES DE GRAMMAIRE FRANÇAISE

écuelle au coin du jardin (ibid., 330) ; même que le curé avait dit au comte de se défier d'elle (ibid., 334) ; même qu'il m'a donné vingt francs au jour de Van (Halévy, Karikari, 117); même que les marchands de porcelaine lui ont offert un diner pour le remercier (Labiche, L'avare, I, 1) ; ce qui ne me convient pas j c'est qu on me vole mes fruits. Donc quil ny a que vous deux sur la lande^ et mes arbres sont dépouillés (Glouvet, Marie Fougère, 231); je connais bien ce qu'elle a dans la tête. Donc que je la rendrais ^plus heureuse^ si j'avais un état bien tranquille du côté des bois et des garigues (ibid., 258) ; donc que je vas parti pour le régiment (283); donc que c'était^ commença- t-il, du temps dès châteaux des nobles (ibid., 333) ^

L'expression très fréquente avec cela yae, jel'ai rencontrée le plus souvent employée de façon telle, que, prononcée sans doute avec la proposition dépendante sur un ton interrogatif, pour lequel le point d^interrogation n'est point indispensable, elle aurait la valeur d'une réponse négative a cette interrogation : tant pis quand on est belle fille, faut vivre de ça, ou bien souffrir de misère toute sa vie. pas de choix. Avec ça qu elles s'en privent les honnêtes femmes (est-ce qu'elles s'en privent ? = elles ne s'en privent vraiment pas). C'est elles qui sont des gueuses, entends-tu, parce que rien ne les force. Elles ont de V argent, de quoi vivre et s'amuser, et elles prennent des hommes par vice (Maupassant, Yvette, 1 17) ; avec ça que les femmes froides n'ont pas autant d'histoires que les autres {BouTgei, Duchesse bl., 191); avec cela qu'il ne ferait pas honneur à toutes les places (sans point d'interrogation, mais dans le sens de ne ferait-il pas? ou de bien sûr qu'il ferait) (id., Nouv. past., 141) ; avec ça que Rosine ne te raconte pas (^= certes, elle te raconte) tout ce

1. Semble appartenir au parler paysan ou soi-disant tel, et pourrait faire soupvonner la survivance de l'ancien doriques.

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qui se passe à la maison (ADaudet, Pet. par. 310) ; ohy la guerre^ dit Roger,., il faudrait y être allé. — Avec cela que tu niras pas! et que tu ne brûles pas d'envie de te faire un peu casser la tête ! (certes tu en brûles) (Barracand, Le manuscr. du sous -lieut., 223); avec cela que vous seriez contente^ plus tard^ que votre fils se con-duisît comme cet autre? (Bourget, Voyag., 104); vous m'amusez, vous autres (avec votre vertueuse indignation contre moi), avec ça que la vie est commode (la vie est bien commode, vous trouvez) et quil ny a pas presse et bousculade au guichet de gagne-ton-pain (ADaudet, Soutien, 347) ; mon mari est fait pour les besognes de chez nous, non pour celles d'ici. — Avec ça qu'il faut être un aigle pour s'enrichir dans les draps ! (tu penses sans doute qu'il faut être un aigle pour) (Fabre, Taillevent, 217) ; Papa (à Miquette) : je ne te préfère pas du tout (à tes frères). — Miq. : Avec ça quje Vvois pas (comme si je ne le voyais pas) (Gyp, Miquette, 215).

Dans quelques cas, on voudrait attribuer à avec ça le sens de d'ailleurs, du reste ; dans d'autres, on croirait plutôt qu'il signifie « s'il en est ainsi » ou « avec cela [par là] il serait dit que ». Souvent, d'ailleurs, la proposition dépendante n'a pas la valeur d'une question à laquelle on attend une réponse négative, mais celle d'une simple constatation : avec cela qu'il a Vair de bonne foi (Bourget, Disciple, 54); avec cela qu'il est devenu un beau parti (id.. Mens., 108) ; avec cela qu'elle a au moins vingt ans de plus que lui (id., Nouv. past., 19) ; ^ n puissance d'aimer » ! Avec ça que tout le monde ne Va pas {^oà, Trois cœurs, 182).

A cette série appartient enfin la locution qui sert à nier, plus souvent que, et dont l'explication donnée parLittré, à l'article souvent, ne me satisfait guère. Il me semble plus naturel de la comprendre de la façon suivante : « cette affirmation^ cette invitation, etc., il faudra venir me la

faire plus souvent; en attendant, je refuse ». Sachs en a cité comme exemple : plus souvent que firai, avec la traduction exacte, mais sans l'expliquer ; plus souvent, disait PidouXy que manie Planté irait à Paris dépenser de l'argent ! (il y avait plus haut : le pays ne croyait point à ce voyage) (Boylesve, Becquée, 217) ; il languissait dans V attente et à l'affût d'un procès! plus souvent quil laisserait échapper une si belle occasion (c'est-à-dire se disait-il) (Rev. bl., 1889, II, 457 b).

Pour terminer, mentionnons encore le che qu*on rencontre en italien à la suite de o (aut), soit après un o isolé, soit après chacun des deux o qui indiquent une opposition dilemmatique. La proposition ainsi amenée par che ne pourrait, ailleurs, avoir que la forme de propositions principales. D après Tusage en question au contraire, elle semble comme dépendre d'un verbe (d'un verbe déclaratif?), qui est toutefois sous-entendu: Slegate il cavalier... o ch'io vuccido (Orl. fur., XXIII, 58) ; leggete o ch'io do nelle furie (Giraud, Don Desid., III, 6); va via, o che io... (la menace n'est pas achevée) (Barb. di Gheldr., II, 2) ; se Vavessi io stimata taie, quale la stima il vostro re, non pure non avrei assicurato sulla mia fede Oronte, ma o che Vavrei del regno scacciato, o che glieVavrei mandato insino a Susa (GBGiraldi, Ecatom., II, 2); o che io ho perdu to il cervello, o che tutti costoro si sono impazziti (Giraud, Figl. obbed.); che son matti gli altri^ o che il matto son io (Gastelvecchio, Donna romant., I, 3); o ch'io non son pià Dio, che è venuto men Vingegno mio (Giusti (?), il Creatore e il suo mondo).

Ici se range le passage de Pétrarque : o cKio spero (dans le sonnet Rapido fiume che d'alpestra vena), qui a donné tant de peine à Ménage et à Chapelain, et a provoqué le jugement si profondément erroné de la Grusca. Ce jugement a été relevé par Fanfani, dans ses Lettere precettive

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di eccellenti autori (Firenze, 1855, p. 321-329) ; si j'y renvoie c'est surtout parce que Téditeur cite quelques autres exemples de Temploi que nous venons de traiter ^

On doit signaler enGn le che italien avec le subjonctif dans les propositions interrogatives qui semblent exiger un verbe régissant, mais qui n'en ont pas : che fossi ingannaia? = (fr. serai-je trompée ?) ; che sia pazza ? (serait-elle foUe?) che abbiaqualche pensiero pel capo? ; S' ha da star qui rattrappiti Sul terren che ci ha nutriti ? Oh, che siamo cavo/t? (Giusti, Umanitari). On trouve dans le même sens le subjonctif sans clie : avessero scoperto qualche cosa ? ; si andasse a gittare nel lago ?

1. Doit-on assimiler au che italien Tétrange que du passage suivant de Cervantes: no puedo negar^ seflora, el conoceros, y que vuesira voz y vuestro rostro no consentiràn que la niegue(ObT&Sy 189b)? Il faudrait avoir sous la main plus d'exemples que je n'en connais jusqu'ici, pour juger si ce que dit Wiggers ^, § 55, 4 f, est suffisant et exact. Citons encore le provençal : Ayssi's pot dar mielhs de si iotz om sonh Que d^ autres fois, e que Vesta plus bel (Noulet et Chabaneau, XXIII, 16); cf. Qui re no vol, tôt lomon possezihs ; E qui vol trop, no Ta, masqu'el languihs (ïbid.j B, III, 256); quant aux exemples que (p. 176, n. 4) les éditeurs ont rapprochés de l'exemple précédent, ce sont des exemples d'unemploi tout différent qui sera traité par nous dans le chapitre 36. On peut encore citer le français moderne: et puis il (Pierre) ne s'est pas déjà si bien conduit avec son maître, quil Va renié trois fois avant que le coq ait chanté! C est-il une chose à faire, ça? Et qu'il ne Va même pas fait par malice, mais par lâcheté, ce qui est bien plus honteux (Rev. bl., 1891, I, 145 b) ; sans moi, qui sait s'il serait jamais arrivé en paradis"! Et qu'encore il y est arrivé avant moi, pécalré (ibid., 148 b).

Mot interrogatif ne commençant pas la proposition

interrogative.

Interrogation directe sous forme d'interrogation indirecte.

Diez expose dans sa Grammaire ^ que, dans rinterrogation directe, parfois le sujet ou le régime est en tête de la proposition, tandis que le mot interrogatif (pronom, adverbe, etc.) ne vient qu'après. Il fait aussi remarquer que là où il n'y a pas de mot interrogatif, Tinterrogation portant sur le prédicat et en demandant Taflirmation ou la négation, souvent le verbe est placé après le sujet, qui est la plupart du temps rappelé dans la suite par un pronom.

Diez n*a donné aucun exemple tiré de Tancien français pour la première de ces deux constructions; en voici quelques-uns : Et disoient : ce que puet estre? (Gh. lyon, IHl); Mes ce cornant pot avenir , Que tu mon seignor ocëisy S' an trâison ne le feïs? (ibid., 1232) ; Et il que fet des deus maufez? (ibid., 5587) ; Vostre terre qui defandra, Quant li rois Artus i vandra? {ihià.^ 1615); Filz^ ce comment puet avenir? (Dolop., 118) ; He las dolenz, ce ke puet estre? (ibid. , 206) ; A moi por coi vos combaitez ? (ibid. , 1 53) ; Mais dites , li rois ou est il ? (Escan . , 1 5 1 2 1 ) ; Je que savoie ... ? (Barb. et M., III, 35, 159); nous ke ferons? [Rich., 1303); tu que quiers? (Gor. Lo., 512). *^

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