LE CA8 OBLIQUE
et 3059) ; De même encore : Par le dieu (Tamouru voulenté (Chace as médis., 235), où le ne peut appartenir à voulenté.
Il semble toutefois que le contraire ait pu aussi bien avoir Ifeu, à savoir la suppression de Tarticle pour le cas oblique : Pruveires e diacnes plusurs en i oui pris, Larruns et murdrisurs en prisun le rei mis, comme on lit dans l'édition Hippeau du SThom.. 1112, à corriger apparemment d'après le manuscrit de Wolfenbûttçl et à lire en la rei prisun, car, avec le génitif postposé, je ne crois pas que prisun puisse se passer de l'article.
Dans d'autres exemples, comme le rei gunfanuner (Ch. Roi., 106) *, Por la pulcele amor scsfroie (GMonm., 2992) et Après Vangre repairement (Reinsch^ Kindheitsevang., 73), les deux substantifs étant du même genre, on ne saurait dire avec certitude lequel est accompagné de l'article. Quant à por amor^ il peut se passer de l'article, même si le génitif est postposé ; qu'on compare pur amur deu (SThom., 21, 1756) à pur tamur de deu (ibid., 5283), ou, avec le génitif préposé, />ro deo amur dans les Serments à pour la saint Jaque amour (Jub. NRec, I, 24) ^.
Ce qui est le plus frappant, c'est le double omission de rartide : Franc de France repairent de roi cort [^s= de la cort le roi) (Rom. u. Past., 1, 1, 2). La suppression de l'article se comprend aisément pour le substantif déterminé, lorsque celui-ci suit le génitif déterminant. En effet, quand le déterminant précède le déterminé, on a raison de se dispenser, devant ce dernier, d'un mot qui sert à annoncer, pour ainsi dire, une détermination quelconque, proposition
1. Voir pour ce passage, Morf, dans Rom. Siudien, de Boehmer, 111,256.
2. Je ne sais trop ce qu'il faut penser de Uame est en Vangle cornpaignie (Ren. dans Martin, XIV, 1037 ; la leçon est différente dans Méon 4781 et dans les variantes données par Martin, III, p. 542', dont parle Ebeling dans Auberee, 373, et où il ne peut s^agir que de la compagnie des anges.
relative, adjectif, génitif. C*est ainsi que le nouveau hautallemand, contrairement à Tusage ancien, n'admet plus l'article devant le substantif déterminé par un génitif préposé.
La suppression de l'article pour le génitif se comprendrait moins; mais elle n'a guère lieu, semble-t-il, que pour le génitif de roi ^ ; et encore, dans ce cas, désigne-t-il le souverain régnant dans le pays de celui qui parle : roi^ bien que la personne puisse changer, est regardé comme unique de son espèce, à la façon du phénix ou de Dieu. Si ce n'est pas tout à fait un nom propre, c'est assurément un appellatif d'une espèce toute particulière et qui a moins besoin d'être déterminé que les autres noms. On comprendrait même que roi ait pu être traité comme le sont aujourd'hui « Père », « Mère », et en allemand « Vater », << Mutter », quand ces noms désignent, à l'égard des enfants, les chefs de leur famille : <. aller chez Mère, demander à Père », comme en allemand : « bei Muttern gehen, Vater fragen ». Mais même l'ancien français ne parait jamais être allé si loin ; il a seulement, dans une mesure restreinte, concédé au chef du pays ce qui est accordé jusqu'à ce jour aux chefs de famille (papa, mamariy et d'ailleurs aussi père, mère, grand-père, etc. ^, en tant que ces mots^ à la manière des noms propres, servent de déterminations parfaitement claires sans autres compléments). C'est seulement quand roi est au génitif et précède le substantif déterminé qu'il peut se
1. Dans Og. Dan., 12173, on lit : Devant les autres encaucha de randon, Car nus cevals n'aloit a sien faison. Les derniers mots ont sans doute paru à Téditeur signifier à la façon du sien, et, s'il avait bien compris, ce serait un exemple de plus à citer pour la double omission de Tarticle. Mais, pour moi, il n'y a pas à douter que le poète n'ait dit : Car nus cevals navoit au sien fuison (aucun cheval ne pouvait rivaliser avec le sien). Voir Diez sur Boece, 26.
2. Et parrain qui m'attend ! (LemaMvc, L'âge difficile, I, 2).