‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 72 sur 169 · Gayd., 220, 263; Beauman · texte numérisé non relu

Gayd., 220, 263; Beauman

ordinairement de point de départ pour les dérivations de substantifs ; mais si, dans le cas qui nous occupe, on est parti delà forme du nominatif ^ le fait n'a rien d'étonnant pour un mot dont, déjà de très bonne heure, la forme du nominatif a été employée comme accusatif, et c'est cette fornie seule qui a survécu dans le français moderne.

Littré tient pour heureuse la substitution de aveuglément à aveuglement ^^dxce qu'elle empêche de confondre désormais l'adverbe et le substantif. C'est accorder trop d'importance aux inconvénients de l'homonymie, et d'autre part Littré n'a pas tenu compte du fait que les deux adverbes employés autrefois Tun et Tautre, l'étaient, d'après la différence de leur mode de formation, avec une différence de sens, tout comme aveugle et aveuglé. En renonçant à Tun d'eux, la langue a subi une perte, et Littré, au lieu de la féliciter d'y avoir renoncé, eût mieux fait d'essayer, comme il Ta osé si bien d'autres fois, de contribuer, par ses conseils, à la remise en usage d'un mot tombé en désuétude. Pour moi, si j'avais à écrire en français, je déplorerais d'être obligé d'avoir recours à précisément^ conformément^ là où des nuances de sens plus subtiles ne pourraient être rendues que par l'adverbe tiré de l'adjectif, c'est-à-dire par précisementy conformément.

A ce propos, je ne veux point laisser de déclarer que ce que Littré, dans son Dictionnaire, et, après lui, Cornu, dans Rom., X, 216, ont opposé à l'explication de comment donnée par Diez, ne me parait pas valable et que ce qu'ils ont voulu mettre à la place de cette étymologie a contre soi les pltLS fortes objections. Je ne conteste pas que ^quornodomente^ en passant en français, devait réellement donner *comementj forme qu'on ne trouve nulle part. Mais Diez n'a certainement point pensé que cette formation étrange ait pu jamais

i. Comme pour les adjectifs cites, on a, du nominatif, dérivé : tràitaille (=Us de traîtres) (Gayd., 483).

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