Mfttzncr, Syntax I
Un pronom atone, complément d'un verbe, n'avait pas besoin, en ancien français, d'être répété avec un verbe coordonné, quand celui-ci le voulait au même cas que le premier. C'est là une omission dont il a été mainte fois traité K
Mais, chose digne d'attention, cette omission pouvait se produire inême lorsque le deuxième verbe exigeait pour le pronom un cas difTérent. J'ai déjà étudié cette particularité ailleurs^; je me contente ici d'ajouter de nouveaux exemples : Si la rebeiae et fet grant joie (Erec, 6465) ; Chascuns Varna et porta fei (Troie, 7378) ; les bons clers tretouz seurmonte Et les a conclus et fet honte ^Gui SCat., 412); sonques maniâtes Ne onques lëauté portâtes (Claris, 1376); ses retenoit Et chevaux et armes donoit (ib., 4180); moult lor avoit fait d'ahans Et avoit menés jusqual prendre (Mousk., 22239); elle m* a loy aiment amé Et ce quelle avoit ^ présenté (Sone, 12114) ; // lor dona armes et apareilla honorablement (Turpin, I, 10, 8); Chevalier V adoubai et si donnai cofce (BSeb., VII, 71); il H coperont (la teste) ou feront enrôer (ib., XIX, 1004); cf. Chi legge mi prescriva o tenga a freno (Gerus. lib., IV, 57; 3.
On comprend que, lorsque les deux formes verbales coordonnées sont des infinitifs, le deuxième perde d'autant plus facilement son complément pronominal, que l'on eût été forcé, à moins de recourir à l'enclise, de se servir de la forme tonique du pronom : tant honerer te vout Et doner de se grasce tant (Rend. C, 67, 3) ; Corone d'or li fait porter Et comme s'oissor honorer (FI. u. Bl., 3142) ;
1. V.MSlzner, Synlax II, 34 ; Klatt, Die Wiederholung und Auslassung, Kiel 1878, p. 15; Ebering dans Zeilschr. f. r, Ph., V, 364; pour les pronoms réfléchis, v. Martin à propos de Ferg. 45, 20.