‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 83 sur 169 · PRÉPOSITIONS DÉSIGNANT LN RAPPORT DE TEMPS · texte numérisé non relu

PRÉPOSITIONS DÉSIGNANT LN RAPPORT DE TEMPS

neille : Avant ce jour fini, ces mains, ces propres mains Laveront dans son sang la honte des Romains (Hor., III, 6) ; dans les anciens textes : Li rois les fera pendre ai n s le solel cscons (RMont., 189, 19; de même ib., 20S, 1); ançois midi passé (ib., 399, 19) ; ainz le soleil cochié (Cor. Lo., 1377) * ; ainz quinzaine passée (Aye, 25) ; ainçois prime sonee (Barb. et M., I, 191, 809); ainz soloil esconsé (Gh. Sax., II, 33) ; droit (1. endroit ou droit a), l'aube esclairie (ib., I, 174) '.parsonVauhe esc/ame (G Viane (B) 1211). — et avec le participe présent ou le gérondif : ainz lo soloil colchant (RMont., 387, 34) ; ançois les cos chantant (Miiih., 37, 26) ; ains soleil levant (Cleom., 16750) ; devant soleil luxant (Rom. u. Past., 1, 43, 2) ; devant soleil levant (JGond., II, 1, 16) ; ansçois la semainne issant (ib., I, 358, 97) ; Le duc vos mosterrai ains quinze jors passans (God. Bouill., 108); parson Vauhe aparant (RMont., 92, 13; 342, 34; Mitth., 47, 9); parsom le coc chantant (Gayd., 11) ; parson Vauhe apareissant (Ghr. Ben., 34697 j , endroit prime sonnant (Gayd.^ 11) \androit le coc chantant (Gh. Sax., I, 162) ; androit none sonant (ib,, II, 78) ; Et quant ce vint a l'aube aparisant (H Bord., 138) ; Ansi nos déduirons a la lune luisant (Gh. Sax., I, 158) ; cf. E duret tro la nuh mesclan au ser (GRoss., 2222) ; infino a passata Vora del dormire (Bocc. Decam., Introd. délia giorn. V).

Pour expliquer la chose, on pourrait supposer que la construction participiale est en soi la désignation d'un certain temps, et que, pour préciser 1 époque où se fait l'action marquée par le verbe au mode personnel, on emploie une préposition indiquant si cette action se passe avant y après, pendant le temps désigné par la construction participiale, qui est considérée comme un tout.

i.Colchier dans l'édition L*inglois ; l'assonance autorise cette forme aussi bien que l'autre.

Mélanges de Grammaire française. lu

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C'est d'une façon analog^ue que chez moi est employé comme étant eu soi une détermination de lieu; mais on peut la faire précéder de de, de jusque, de vis-à-vis de, etc. pour indiquer si Faction est considérée comme partant du lieu qui est désigné par cette locution ou se dirigeant vers ce lieu, etc.

Mais cette supposition irait à Tcncontre de l'ancien français, qui, précisément, montre la plus grande richesse en locutions de ce genre; car la construction avec le participe absolu, comme détermination de temps, y était presque inconnue, ce qui est confirmé par labsence d'exemples de vieux français dans Diez. Il est fort douteux qu*on ait jamais dit soleil levé avec le sens de cant solauz fu levez *.

Aussi sera-t-il plus juste de considérer la préposition comme étant en rapport direct seulement avec le substantif, et de donner au participe le nom de détermination prédicative, dapposition, ou tel qu'on voudra, sauf celui de simple attribut ; ainz soleil levé signifie « avant le soleil, celui-ci étant considéré comme levé » 2. En d'autres termes, ce n'est pas à une construction nouvelle, propre au français, qu'on a affaire ici, mais bien à la construction latine si

1. On sait qu'il n'y a rien de plus commun, en vieux français, que le cas oblique absolu d'un nom accompagné d'un participe ou d'un adjectif qui, en qualité de complément prédicatif, s'accorde avec ce nom. Voir Nehry, Vber den Gebrauch des absoluten Casus obi., Berlin 1882, p. 48sqq. Mais qui ne s'apercevra pas que cette construction sert presque exclusivement h indiquer la manière et sert très rarement à indiquer le temps ? Si l'on trouve : Chascune des bosoingnes preste El si bien compassée,.., Li rois fait,., (GGui. I, 1347) ; Li rois, ces choses ainsi faites, Fist.,. (ib., I, 5967); murent, Lor besoin ff nés bien alornees [Huleb., Il, 15î>), et d'autres exemples analogues (v. Nehry, p. 59), ce sont des tournures tirées du langage des écoles et des chancelleries.

2. Nyrop (Rom., IX, 616) semble avoir voulu se prononcer contre mon interprétation ; mais je ne suis pas moins que lui convaincu qu'aujourd'hui on n'a plus conscience du sens primitif de ces tournures. Toutefois, malgré ses objections, je persiste à croire que rex interfectus et le meurtre du roi ne sont pas la même chose.

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