‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 84 sur 169 · PRÉPOSITIONS DÉSIGNAIT UN RAPPORT DE TEMPS · texte numérisé non relu

PRÉPOSITIONS DÉSIGNAIT UN RAPPORT DE TEMPS

connue antc primani confectam vit^iliam, post Punicum primum perfectum bellum, etc., qui a survécu en fnmçais.

C'est la même explication qu'il faut donner pour les exemples des langues du Midi dont il a été question plus haut. Car, si le participe y précède le substantif, afin qu'on voie immédiatement après la préposition ce qui, pour ainsi dire, est la condition àlaquelle seule doit se faire la combinaison de la préposition et du substantif, si dopo levato il «oZe signifie « après (étant considéré comme levé) le soleil », le sens de la construction n'en est pas, pour cela, essentiellement modifié.

Il ne Test pas davantage si, comme cela arrive çà et là, le substantif en rapport avec la préposition n'est pas exprimé à côté du participe, soit qu'il l'ait été un peu plus haut, ou qu'il le soit un peu plus loin, soit encore que, étant facile à sous-entendre par la présence du participe, il ne soit pas exprimé du tout ^

Il y a d'autres phénomènes dans la langue italienne qui se rapprochent de ceux dont on a traité dans cet article ; mais, comme ils ne se rencontrent dans le français à aucune époque de son histoire, ce n'est point le lieu de les étudier

1. Voir quelques exemples pour ce dernier cas dans l'ouvrage si utile et fait avec tant de soin de Vockeradt, Lehrbuch der ital. Sprache, Berlin 1878, ^ 316, 7.

Que n relatif sans antécédent »

On pourrait trouver à redire à cette expression « relatif sans antécédent », en ce qu'elle semble renfermer une contradiclio in adjecto. Voici, cependant, ce qu'il faut considérer. Les propositions relatives introduites par un pronom relatif qui se rapporte à un substantif ou à un pronom démonstratif, peuvent servir à détacher certains individus de Tespèce indiquée parle substantif, ou, plus généralement, de la totalité des personnes pu des choses. Or les langues qui disposent de ce moyen emploient les mêmes propositions relatives sans indiquer le cercle plus vaste dpnt on détache les individus déterminés en particulier. Dans les savants (personnes) qui pensent que.,., la périphérie du cercle plus large dont on veut détacher le cercle plus étroit de ceux qui pensent quelque chose, est tracée par le terme générique savants,

A côté de cette tournure, il en existe, nous le savons, une autre: Qui pense que,,., où le cercle plus étroit est délimité de la même façon que dans la première, mais où Ton ne dit pas quel est le cercle plus large.

Ce n'est pas ici le lieu d'insister plus longuement sur cette distinction ; je n'en ai parlé qu'aiin d'expliquer l'emploi du terme « relatif sans antécédent » pour le relatif dans la deuxième tournure. Si cette dénomination semble contraire à la logique, c'est que les termes consacrés de i< proposition relative » et « pronom relatif» sont des signes imparfaits des choses qu'ils ont à exprimer.

Que ii KELATIF SANS ANTÉCÉDENT » 149

L'ancien français Faisait du relatif sans antécédent un emploi beaucoup plus large que la langue moderne. Celleci, on le sait^ fait dépendre d'un pronom démonstratif ou, pour nous servir du terme accoutumé, d'un pronom déterminatif, le relatif qui ne se rapporte pas à un substantif. Parmi les rares exceptions à cet usage ^ il faut ranger aussi, à mon avis, les locutions que je crois, que je pense, que je sache (cf. lat. quodsciam)^ qu'on intercale dans une proposition* : ce seray que je crois^ dans huit jours, au plus tard (Quinault dansLittré) ; on aura, que je pense^Grandejoie à me voir après dix jours d'absence (Molière, ib.) ; Monsieur. . . , l'ardente amour Verra, que vous croyez, la promesse accomplie (id., Sganar., se. 23); Vcxemple de la Bruyère, donnant le manuscrit de ses Caractères à la petite fille de son éditeur, enfant qui l'amusait par son babil, na pas eu, que je sache, beaucoup d'imitateurs (Ampère, Prom. en Amer.).

C'est à tort que les grammairiens allemands traitent de ces locutions dans le chapitre concernant l'emploi du subjonctif dans les propositions principales. Ils le font pour la raison que je ne sache pas se présente comme proposition indépendante. Mais il en va pour^e ne sache pas tout autrement que pour les autres locutions. Celles-ci, d'abord, ne sont point des propositions principales ; en outre, ce qu'elles offrent de particulier n'est pas le, subjonctif ; cela est évident pour que je crois et ne l'est pas moins pour que je pense, en dépit des réserves que croit devoir faire Màtzner sur la nature du mode dans cette expression. Dans cette question du mode, on n aurait point dû perdre de vue qu'une proposition principale affirmative veut à l'indicatif l'incise, et qu'une négative la veut au

Page 1