‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 85 sur 169 · Voir ci-dessus, p. 13sqq · texte numérisé non relu

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2. V. là-dossus Diez III •» 375 Aiim. f34n iiole^ MMlzner, Gramm.» § 113, Synt. I 130, Schmitz^ 236, Ilôlder401, LiUré que {k

subjonctif ; ainsi le mode de ces propositions parenthétiques est réglé de la même façon que celui des propositions relatives K

La particularité qu^offrent les locutions en question est la même que celle qui caractérise en ancien français, et sporadiqueitient dans le français moderne, les propositions relatives introduites par r/w/, dont on dit, avec plus de concision que de justesse, que leur qui est l'équivalent de si l'on. De part et d'autre, la proposition relative fait intervenir une personne ou une chose existante ou supposée existante sans la mettre en rapport direct avec ce qui est énoncé dans la proposition principale. Ce qui, dans^ios locutions, intervient sans ce rapport direct est le contenu, l'étendue de ma croyance, de ma pensée, de mon savoir, et leur seule intercalation dans une proposition indique que je restreins la réalité de ce qui est énoncé par cette proposition. C'est comme si l'on disait, en développant davantage : u cela arrivera dans huit jours ; [bien entendu, il s'agit seulement de cej que je crois » ou « Rien d'analogue ne s'est plus jamais produit [dans le domaine de cel que je sache. »

En allemand, par l'indicatif qui s'emploie aussi dans le deuxième cas [so viol ich trciss (sais)) , on se réfère à l'étendue de son savoir réel, qui ne comprend pas le contenu de renonciation affirmative ; en français, par le subjonctif, on se contente de supposer une certaine étendue de son savoir, laquelle comprendrait le. contenu de Ténon-

1. delà ne veut pas dire que toute proposition relative dépendant d'une principale négative doive elre au subjonctif, comme on pourrait le conclure de l'exposé de mainte g^rammaire ; s'il en était ainsi, un écolier docile en viendrait à écrire : * Je ne connais pas le livre dont il soit question. Non, cette règle ne s'applique qu'aux cas où la proposition relative détermine une personne ou une chose dont l'existence doit être expressément hypothétique. Sur je ne sache pas, V. maintenant eu outre Rigal, Rev. d. 1. roni. XIX :2%.

Que « RELATIF SANS ANTÉCÉDENT » 151

ciation affirmative, s'il ne fallait pas la nier. Puis, comme toute proposition principale interrogative veut au subjonctif le verbe de la proposition relative déterminant une chose imaginée comme existante et dont l'existence doit être regardée comme hypothétique (que pourrais-jc faire qui me donnât un plaisir plus sensible'}), on intercale aussi que je sache dans les propositions interrogatives : cette fontaine de Merlin est-elle profonde, que l'on sache? (Feuillet, la Fée)«.

Les locutions dont nous venons de parler d'une façon certainement trop diffuse pour beaucoup de nos lecteurs, pas pour tous, nous l'espérons, se rencontrent aussi dans Tancienne langue : Ta, que je sache, a esciant, Xevos an mantirai de mot (Ch. lyon 430) ; // ne me faut riens que je sache (Guil. d'A. 1631); je ne dirai chose des mois Por qoi nus perde ^ que je sache (Conseil 93) ; ne li fis..., Que je sache, qui li fust qrief (lien. 5638) ; en composa un beau et grand livre...; mais il n'est encores imprimé, que je saiche (Rabel. II 15):

De même avec Tindicatif bien justifié: Lungement parut en Angou... Li gaz e la destructiun Que Hasteins fist, que nus savum (Rou I 4i7) ; Cil deit aveir le gueredun Des biens qu'a fait^ que nus savum (ib. III 412); Car ja ne mêleras maaille, Que bien sai, a Venfant warder (Rob. et Mar. 739) ; Car ja déduit n'avra, que je bien sai, En feme qui ainsi soit fouragie (Tr. Belg. II 125, 1 1) ;

i. Le subjonctif, à mon avis, ne se justifie pas pour dans Véducalion d'un prince les premièr**$ amount comptent, que je croie, j}Our quelque chose (Faguet, Rev. bl. 1898 II 827 a) ; il est, au contraire, à sa place dans Texemple de Scarron cilé par Morf (Lit. Blatt f. fçenn. u. rom. Phil. 1887 col. 216) : Oest la première fois quil m'avait, que je sache,... donné sur la moustache ; dans cet exemple il se justifie pour des raisons exposées dans le chapitre ii de la deuxième série de ces Mélanges.

F lors devenoient de manières, Roses et lis et flor de g lai Et violaite, que bien sai (Reinsch KE 56).

Il y avait en outre en ancien français un grand nombre de tournures analogues dont quelques-unes étant introduites par dont, nous n'avons pas à hésiter sur la nature de que : Et disoient quonques mes hon ^N'iert eschapeZy que il sëussent \e que ilôi dire eussent ^ (Ch. lyon 513) ; X'onques Ôi parler navoie De chevalier^ que je sëusse^,. Qui li chevaliers au lion Fust apelez an sorenon- (ib. 6190) ; Et dist ke il ne le pëust Miels eniploier, ke il sëust (Ch. II esp. 1320) ; Unkes nen demanda trieves, que l'uni oist {Rou II 2207) ; Ainz n'oi mes tel mal, que mei membre (Guil. Mar. 8975) ; Je ne vi onques si grant membre y Que je sache ne que moi membre (Barb. et M. IV 267, 64) ; onques mais, ke li menbrast, X'emprist cose k'il nacevast (Ch. II esp. 9363) : Ne vos vi, don moi sovaingne, onques (Erec 1010); Onques certes, don moi sovaingne,,.. mes ne vi Si bel paingne con je voi ci (RCharr. 1398) ; chose que j'a mal taingne Ne déistes, don moi sovaingne (Ch. lyon 5792) ; aine mais, dont ele se menbrasty N'ôi tel ^ duel dont la moitié Êust au cuer si grant pitié [Ch. II esp. 820) ; a demandé ... s'il i faut riens qu'avoir doie. — Xenil, biaus sire, que l'en voie (Barb. et M. I 188, 722). Et encore avec l'indicatif: Tiebaut, mon frère, en pesa^ que je cuit (FCandie 28) ; Retient il saudoiers, qu'avés ôi ? (Aiol i564j.

Mais d'autre part, il est facile de se rendre compte que dans les passages suivants, si l'on a affaire à des parenthèses d'une construction analogue, la nature de que y est tout autre : Sire^ vers vos ne vel avoir Ire, que m'en puisse

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