FUSION DE LA PROPOSITION RELATIVE
Or quelle est la nature de que dans la construction dite « fusion de la proposition relative avec une proposition objective * » ? Il s'agit là d'un membre de phrase qui, d un côté, se rattache par un relatif à un antécédent faisant partie de la proposition principale et, en même temps, doit être le régime d un verbe sentiendi ou declarandi.
Commençons par les exemples suivants qui sont tous entre eux de même nature :
a) des raisons qu'il a cru ^que /approuverais (dans Diez) ; il ne s'épuise pas sur un babil qu'il sait quon n'écoute point (JJRouss. CEuvr. II 132); le diamant que vous voyez que mon père a au doigt (Mol. Avare III 12); Del cors quil voit que Van anfuet (Ch. lyon 1341); il namainera YdainQu'il creanta quil i-^ menroit (Weng Rag. 4581) ; les conforta par la promesse dau saint esperit qu'il dist quil lor envei[e]reit (Serm. poit. 94) ; deus brebiz siennes que il dit que je li ay mangies (Men. Reims 40S).
Rien n'est plus aisé, parait-il, que d'expliquer la construction qu'offrent ces exemples : le premier que parait être l'accusatif du pronom relatif ayant pour antécédent un substantif de la proposition principale et régi comme
mal tant (Alex. 8b). Aussi est-il à supposer que, dans les exemples suivants, c*est Te de que qui a été clidé, et non Vi de qui : icele cuntree Qu'egt occidenz numee (Ph. Thaon Comp. 2572 ; v. l'introduction de Mail); as pruveires... Qu'unt la lei a tenir (ib. 3363); Oiant plusurs qu*i erenl pur sun sermun ôir (SThom. 5337). li est vrai de dire toutefois que qui sans antécédent (i— celui qui) semble lui-même avoir pu perdre son i par élision.
Peut-être encore faut-il dans ce que voir seulement le neutre du pronom employé en dehors de son domaine ? V. les exemples que donnent Gessner II p. 2, note et MStzner, Afrz. L. I 7.
1. Voir là-dessus Diez III a 336 (308), Matzner, Gr. » § 246, Synt. II 254.