‹ Mélanges de littérature et de philosophie du 18e siècle (volume 3)Chapitre 15 sur 41 · IV · texte numérisé non relu

IV

176. | « Un habillement fait d’une étoffe solide n’est pas chaud par lui-même, mais il protège la chaleur du corps , et l'empêche de se dissiper. » . Pedag. ( Notion très-saine et conforme à’ la bonne physique. )

«C’estun usage nuisible que de dormir sur la plume; espèce de coucher plus mou que le.sommeil lui-même : /pso somno mollius. Le lit de plume, enveloppant le corps de tous côtés , corrompi les alimens, au lieu de leur donner une véritable coction. Un lit plus ferme et plus uni est, somni veluti naturale gymnasium ; la véritable palestre où l’homme doit se livrer au sommeil. » Pedag.*

.« Le sommeil, comme un publicain avide »

nous force de partager avec Jui la moitié de notre vie. » Pedag. -

« L'usage fréquent des Bains ôte : des forces , et relâche la vigueur naturelle. Il ne faut donc passe baigner sans nécessité Les Grecs ont appelé les bains d'un nom qui signifie tanneries, parcequ’ils amollissent le tissu de la peau. » Pedag. . | :

« Si, comme lé disent les stoïciens , la raison doit gouverner dans le sage jusqu'au mouvement du doigt , à combien plus forte raison celui qui étudie la sagesse doit-il avoir l’empire ‘in eam qué coïtur particulam. » Pedag.

‘« L'usage trop fréquent des femmes est funeste , *omo enim ex homine enascitur et evel. ditur, vide damni magnitudinem. »

« Il y a des misérables ;les marchands de femmes esclaves, qui naviguent pour importer la fornication , comme du blé et du vin ; et d’autres plus misérables encore les achètent, comme on achète au marché la viande et le pain. » Pedag. |

« Les femmes qui s ‘occupent trop de leur toilette ne vôient pas qu'en se donnant une beauté étrangère , elles perdent leur beauté naturelle. Elles se tourmentent ‘dès le grand matin pour se peindre de compositions diverses qui éteignent en elleæla vivacité des couleurs propres de la peau.*En se lavant sans cesse, elles flétrissent l'éclat de leur teint ; leur chair, qui a perdu son ressort et sa fermeté par l'usage de ces poisons lents, ne résiste pas à la maladie qui vient lessaisir ; elles insultent au grahd ouvrier qui les a faites , comme s’il ne leur avait. pas donné déjà assez de beauté. » Pedag. « Occupées de leur parure , et négligeant tout autre soin , elles demeurent sans mouvement comme des peintures faites pour‘ètre regardées, sans songer qu'elles sont nées pour conduire leur famille et gouverner leurs maisons. » |

« Elles fessemblent aux temples des Égyptiens

qui , sous les plus beaux dehors, sous l'éclat de l'or et de l’agur , renferment un chat ; un serpent, un crocodile. Si vous percez, dit-il, au travers de ses vétemens, de son fard , de sa parure brillante, vous ne trouverez pas l’image de Dieu , mais une âme adultère et corrompue, une bête véritable. »

« Les insensées, en teignant leurs cheveux, et les oignant d’essences, blanchissent et perdent leur. chevelure avant le temps, parce que. les aromates lés dessèchent. » Pédag.

« La femme qui s'orne avec tant de profusion d’or et de pierreries semble craindre qu’on ne

la prenne pour une esclave: si elle se montrait sans ornemens. » Pedag. *

« Je dirai ogvertement, dit-11 aux païens, ce que vous cachez , les-obscénités de vos mystères et de votre religion ; et je ne rougirai pas de découvrir ce que vous ne rougissez pds d'adorer’, la naissance infime de vote Vénus, et

‘vos fêtes de-Cybèle et d'Atys, et vos torybantes ; et li incesje de Jupiter avec Cérès .et ensuite avec Proserpine, etc: »

« Je ‘m'étonne comment on a appelé athées ‘et'impies Evemère et Nicaner, et Diagoras et Théodore , et beatcoupde philosophes qui ont mené uné vie sage et modeste, et qui ont senti mieux que tous les autres hommes labsurdité

des doctrines qu'on déhbitait' de . leur temps et dans leurs pays sur la divinité; car, quoiqu'ils n'aient pas eux-mêmes saisi le vrai, ils ont au moins soupconné ou reconnu les erreurs,

ce qi n’est pas une petite avance dans le che-

min qui conduit à Ra vérité. » dd genes.

« Ce philosophe avait raison qui disait aux Éey ptiens pleurant la mort d’Apis : Si vous le croyez un Dieu, ne le pleurez donc point ; ou , si vous le pleurez, ne le croyez donc pas un Dieu.» ° .

“ Ajoutons le trait d’un autre philosophe | qui, mettant’au feu ‘une statue d'Hercule en bois pôur faire son diner, apôstrophe le dieu en ces termes : Allons, Hercule, ilte faut subir le treizième de tes travaux. » Ad gentes.

« Quoi, dit-il, on élève des temples à Antinoüs! Sacras Antinoi noctes nunc adorant homines quas turpes sciebat qui simul vigilaverat ! On consacre les nuits d'Antinoüs dont le compagnon de ses veilles connaissait lui-même linfamie ! 1»

« Les métragyrthes, prêtres de > Cybèle, qui mendient pour les sacrifices et les fêtes de cette déesse, demandaient quelque chose à Antisthène, qui leur répondit : Les dieux sans doute nourrissent 4 leur mère dans sa vieillesse ,

et elle.n'a pas bespin de mes secours. » Ad gentes.

« La ville d'Athènes, pour faire honneur : à Démétrius, youlut célébrer les noces de ce prince avec Minerve. Pour lui, dit-il, 1l dégaigna la déesse, parce qu'il ne pouvait se contenter d’une statue; il prit avec. lui sa maîtresse Liama, sur le lit de Minerve, peteri virgini meretricis juvenis figuras et habitus ostendens.n Ad gentes. . .

« Malheureux, dit-il aux gentils, vous croyez que vos dieux vous-parlent par la voix d'un geai, et vous refusez de l'entendre par la voix d'un homme ! Vous: honorez un corbeau croassant, comme un, organe de la divinité, et vous persécutez un envoyé du ciel, qui d'une -voix douce et humaine vous parle le langage de la raison pour vous faire entrer dans le chemin de la justice. » 4d gentes.

« Quel est la seule et universelle mesure des choses ? Dieu, qui est toujours égal et semblable à lui-même’, qui pèse et mesure tout et soutient la nature entière en un Juste équilibre. » Ad gentes.

« Votre Orphée, selon vos poëtes , adoucissait les tigres par ses chants ; le dieu des chrétiens, en appelant les hommes à la vraie religion, a fait davantage, puisqu'il a adouci la

| 1835 plus féroce espèce d'animaux , les hommes euxmêmes. 4d gentes. »

« Viennent, viennent les adorateurs de vos idoles, et les artistes qui lés ont faites, votre Phidias et æotre..Policlète , et Praxitèle et Apelles, et je leur dirai que leur art est vil, et. qu'ils ne sont que les ouvriers grossiers d’une . matière terrestre-et grossière. Aucun d'eux n’a fait d'une argile instnsibleurie chair animée. Qui d’entre eux a formé des os susceptibles d’accroissement et renfermant une moelle liquide ? qui a tendu des nerf ? qui a’ enflé des veines ? qui les a rempliek dé sang ? qui a étendu la peau ? qui a fait des yeux capahles de voir? qui a inspiré à son ouvrage une âme et une vie ?

Dieu seul a opéré ces merveilles, parce que son art est supérieur à tous les arts. Lui seul a pu faire la statue vivante et animée, l'homme. ». Ad génies.

+ « Sans le soleil, malgré les autres astres , la nuit couvrirait l'univers; et si nous n'étions pas éclairés de la parole de Dieu, nous ne différerions en rien de ces oiseaux qu'on engraisse dans les ténèbres, et qui sont nourris pour la mort. » | . ,

« Payons à Dieu, par le culte et la piété , le loyer de l'habitation qu'il nous donne en ce

" monde, et le prix des biens dont il nous a fait

jouir. Il nous donne assurément beaucoup aun prix bien modique. Pour un peu de foi , 1l nous accorde cette terre que nous eultivons , cet air que nous respirons, cette eau que nous buvons, et cette autre sur laquelle nous naviguons, ée feu , moyen puissant de nos travaux ; enfin, le monde entier d'où 1l nous permet d'envoyer au ciel d’heureuses colonies. » 4d gentes.

.« Le cheval est maîtrisé pur le frein, le tau-

reau par le joug, l'animal sauvage par le piége où il se prend ; et l’homme est gouverné par le verbe ou la raison divine : c'est ce verbe qui nous a enseigné à façofnér la nasse et la ligne, à laquelle vient se prendre le poisson > ét les filets qui arrêtent l'oiseau ; c'est le verbe qui cultive les champs et qui gouverne les” ci- | tés, artiste et administrateur universel. » » Ped. lib. 3. 3 «Il y a des gens qui écoutent aésilément la parole de dieu sans en devenir meilleurs : semblables aux poissons qui, vivant dans les eaux de la mer, demeurent insipides, et qu'il faut saler en les apprétant. » Sirom.

« Vous avez passé par tous Îles degrés de la vie sans devenir meilleurs, vous avez été en= fans, adoleséens, pubères ; hommes faits et jamais bons ; respectez au moins votre vieillesse ; et, voisins du terme dé la vie, devenèz modé-

rés, tempérés ét justes, pour que votre fin soit pour vous le commencement du salut. » 4d gentes. |

« Si quelqu'un me reproche l'usage que je fais de l'érudition' profane, je lui répondrai qu'on peut lire les livres des. païens dans des vues chrétiennes, et que la philosophie profane, corgme le Prométhée de la fable, ayant dérobé de la sagesse des prophètes hébreux un peu du feu’ céleste utile à conserver, et une lumière qui, quoique faible, peut encore guider nos pas, je ne fais que lui reprendre ce.

qu'elle a emprunté de ces sources divines. »

Strom. - |

« L'amour s’affaiblit entre les époux, et vieillit

de bonne heure, lorsque les voluptés courtisanesques ont insulté à la modération et à la tempérance de l'affection conjugale. Quand matrimonialem moderationèm ac temperantiam meretriciæ voluptates injurid ‘affecerunt. » Pedag.

«C'est l'éducation et non päs la nature qui fait les hommes bons ét vertueux , comme elle fait des médecins et des pilotes. Non naturd sed disciplinä -viri boni et honesti fiunt, quemadmodèm medici et gubernatores. » Strom.

Je finirai par une belle maxime de ce bon

| 186 | saint Clément, dont les intolérans modernes peuvent faire leur profit : « Qui verbum non accepit eruditione, ei venia datur propter ignorantiam ; celui qui n’a pas oui la prédication

de l'Évangile sera exCusé par son‘ignorance. » à trom.

RAT AMAAMATAA MAR AA DAARAAMAARAAA

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