ESSAI D'UNE COMÉTOLOGIE NOUVELLE
Dpremnir adhuc hon potest hec ecplorart an (cometæ) vices servent , et illos ad suum diem certus ordo producat..…. Veniet tempus quo ista que run latent, in lucem dies extra het, et longioris ævi diligentià veniet tempus quo lemport nostri Lam aperta hnôs nescisse muirentur
Nous ne pouvons pas savoir encore avec certitude s1 ( les comètes ) ont üne marche régulière, et si une révolution constante les ramène à un jour marqué... Le temps et les . recherches nous donneront à la longue la solution de ce problème... Un jour viendra où nos descendans seront surpris que nous ayons ignoré des véritéssi claires. ( Senec. Quest. nat., lib. vir.) |
C'est une vérité connte des anciens sages et de ceux qui, parmi les modernes, ont uni quelque érudition à leur philosophie , que toutes les choses humaines sont emportées par une grande et éternelle circulation, qui, après un certain espace de temps, replaçant les hommes dans les mêmes circonstances, et tournant leurs
passions et leurs pensées vers les mêmes objets; ramènent à certaines époques dans les choses les mêmes événemens, et dans les esprits les mêmes opinions. Mais il ne paraît pas que la philosophie, soit ancienne, soit moderne, ait connu et développé dans toute son étendue cette importante vérité, FT
Comme la régularité des mouvemens des corps célestes observée par les Chaldéens, a donné naissance à l'astronomie commune, de même cette révolution qui ramène périodique:
ment les mêmes phénomênes moraux, saisie une fois par des observateurs attentifs , doit fonder une astronomie nouvelle, celle du monde intellectuel, non moins utile sans doute que celle qui s'occupe d'objets si fort éloignés de nous ; et c’est pour tm'assurer la gloire d'avoir jeté les premiers fondemens de cette science, que je présente au public sur cette matière quelques vues que je crois assez nouvelles.
J'ai dit que cette grande circulation entraîne
également les événemens et les opinions; mais jusqu'à présent ce n’est que sur ce dernier objet que se sont portées mes études et mes obser« vations:
J'entends ici le mot opinion dansle sens donné communément par les latins au mot opinio, c'est-à-dire, par opposition à la vérité, ou du
-tüoins à la certitude : ainsi je cmprends soùs cette dénomination tous les systèmes précaires où faux de philosophie , de riiorale ; de législa+ tjon , toutes les superstitions, et généralement toutes les erreurs humaines, ainsi qüe les dis: positions qui ÿ conduisent les homines.
Or, par des recherclieslaborieuses, je shis parvenu à reconnaitre que toutes les opinions sont sotiniises à une loi de motivement qui | fait parcourir à chacüne, pendant une période plus où moins longue, urie route déterminée dans laquelle élles sont Mntôt visibles et à portée de rios observations, et tantôt emiportées loin de nos yeüx pour ün temps; d'où elles sont ras menées à des époques précises; pour faire de noüveau le Mmépie chemin.
En ün mot j'assimile dux Comètes ces fai te va jetant de temps à autre l'esprit humain dans l’espace des siètlés ; je leur attribue une imarche régulière .et des -retotrs périodiques ; tels qüe l'astronomie imodeime les a reconnis dans ces astres que l'antiquité s regardés si longs terhs comme des météores. fugitifs : et je dis ;. comrie Sénèque l'avait prédit des comètes;.
qu'un jour viendra où nos descendans reconinot: tront qu'un ordre constant ramérie les folies ht maines à des époques déterminées.
On ne peut häter ce moment qu’en obseis
. vant avec la plus grande exactitude la route de ces nouvelles comètes et la durée de leurs ré-
‘volutions; mais des observations de ce genre sont en beaucoupde cas d'une grande difficulté, et quelquefois même impraticables. Chaque opinion, chaque erreur humaine a sa période ; mais quelques-unes de ces périodes embrassent de si grands espaces de temps, que les premières “observations ne peuvent se lier aux dernières. Il est difficile, par exemple , pour ne pas dire impossible, de reconnaître au-bout de quelle durée de temps un grand système religieux, tel que le sabisme ou culte des astres, la religion de Fô, le mahométisme, une fois abandonnés reparaîtront sur la terre, parce que ce n’est qu'après un grand nombre de siècles que la révolution des choses humaines peut les ramener.
- Maïs il n’en est pas ainsi d'une foule d’opinions et de systèmés qui ont moins d'Importance et d'étendue., et qui renaissent dans un. espace de temps beaucoup plus court; car les epoques et la durée de leur apparition peuvent être observées, et l'ont été en effet, quoique -sans assez d'exactitude.
Par exemple, on a observé pendant long-temps que les guerres politiques revenaient tous les dix ans, et remarqué ensuite que la période de ‘leur retour s’allonge aujourd’hui par l'introduc-