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Gloire à madame de Staël elle-même , si, libre et pouvant trouver un asile comtre les violences de nos tyrans , instruite autant que personne de l'étendue et de la nature de nos maux, elle eût pris sur elle cette belle tâche. Je ne dirai pas que ce füt pour elle une obligation; mais je rejetterai bien loin ce paradoxe bizarre, qu’elle eût mérité quelque blâme en employant ainsi ses talens.
Et pourquoi, même au sein de la France désolée, dans cette ville immense , le théâtre de tant d'horreurs , et dans ces temps désastreux où la terre qui nous portait était pour chacun de nous un tombeau toujours ouvert, un homme courageux en même temps et sensible, n’eût-il pas tenté de recueillir les événemens hrribles dont il était le témoin , de remonter à leurs causes premières et d'en développer les tristes effets ? Pourquoi n’aurait-il pas fait au moins le plan d’un travail si utile? Pourqubi n'auraital pas rassemblé ces observations que suggère la présence. des objets à celui qui sait voir ? Pourquoi , au milieu de la tempête qui pouvait à tout instant l'engloutir, lui eùt-on fait un tort du courage et de la présence d'esprit aveë lesquels il aurait contemplé les mouvemens terribles des fldts irrités ? Ne citans-nous pas encore avéc admiration
Pline l’ancien, périssant dans l'éruption du Vésuve, ses observations à la rhain?
C'est, continue madame de Staël, en écartant cette époque monstrueuse que j'essaierai de réunir des observations impartiales sur les gouvernemens.
J'hésite à le dire, mais j'y suis entrainé par ma conviction et d'après plusieurs autres traits de l'écrit de madame de Staël, elle veut qu'on écarte des discussions sur les gouvernemens, l'époque du gouvernement révolutionnaire, pour éluder de terribles objections qui résultent contre ses opiniôns politiques de ce qui s'est , “ passé à cette époque monstrueuse.
Son inquiétude se montre dans l’observation
suivante :
« Les partisans de la liberté républicaine sont ceux qui détestent ‘le plus profondément » les forfaits qui se sont commis en son nom; » leurs adversaires, voyant ces crimes comme » servant d'argumens à leurs systèmes n’en res- » sentent pas comme les amis de la liberté tous les genres de douleurs à la fois. »