‹ Mélanges de littérature et de philosophie du 18e siècle (volume 3)Chapitre 38 sur 41 · IV · texte numérisé non relu

IV

deux coups de crayon , quoique vrais, sont encore équivoques , trois ou quatre ne le sont plus. | Dans cette hnitation des objets, par la phrase et le discours , le mouvement est déjà sensible ; le mouvement , dont l'emploi est li grande richesse et la grande puissance des arts; mais c’est dans la poësre qu’il commente à produire de grands effèts. Le nombre et la mesure y viennent au secours de limitation ,-et lui donnent unë toute autre énergie.

| Tænarias etiam fauces, alla ostia » ditis , Et caligantem nigré formidine lucum, etc.

Chiama gli abitater dell’ ombre eteruc IT rauco suon della tariarea tromba , etc.

Daris le sein de la fort , ses noirs ehchañtemens , ete, P’ade, age, nate ; voca zephyros et labere pennis. e ‘ - n . ? .e

Quänd on préténdrait que chaque mot de ces admirables vers n’imite et ne peint rien en le corisidérant come #olé, qui péeët sé vefuser . à sentir avec quelle vérité leur assemblape, leur mouvement, leur ètre, peighent et imitent les sôümbres horreurs du royaume de Pie. ton, le vol repide.et léver de Mercure < et * des Zéphyrs ; , etes

| MerntenaBt il est facile de veir die bn s moyens

d'imitation qu’a l'organe de la voix pour pein< dre les objets physiques , leur action , leurs mouvemens, etc., la musique peut s'en servir __ et les employer avec bien plus d'avantages pour exécuter l'imitation à lagæelle elle travaille.

Commesles langues , comme la poésie , elle:

choisira , dans les objets sensibles, les sons, les actions, les mouvemens, les effets, et en général toutes les circonstances qui peuvent s'imiter par les sons et le mouvement de la voix et des diverses espèces d'instramens ; elle peindra les : bruits et les sons , par les sons les plus analo- : gues ; le mouvement par les mouvemens ; l’élévation d’un objet par des sons élevés, et sa pro- . fondeur par des sons graves ; la distance par : l'opposition de ces deux sortes de sons , la fuite |] par des sons soutenus , et s'affaiblissant par de-/ grés comme les impressions que fait sur nos!

sens un objet qui s'éloigne et fuit ; son approchement par une marche contraire; la violence d’un terrent , qui entraîne toutsur son passage, par une saccession rapide de sons fortement prononcés et liés ensemble, qui représentent le mouvement. de cette masse d'eau agissant comme un corps solide; le nuage flottant qui sélève, per un chant promené sur un fond d'harmonie égal; la mer agitée ; par un mou-

372 | vamwent rapide de sons liés , comme. les flots qui se succèdent en se poussant ; le bruit du tonnerre qui roule, par une suite diatonique de sons détachés allant de l’aigu au grave, et du grave à l'aigu ; l'éclair qui brille , par des traits de chants élevés et légérs ; la foudre qui éclate, par dessons plus gravés ét plus frappés, les uns et les autres sortant tout à coup d’une harmonie pleine et soutenue ; la pluie, par des sons détachés et descendant de l'aigu au grave à des intervalles peu distans , et dont le mouvement peindra ce que les latins ont appelé stillicidium , d’un nom assurément bien imitatif; le cours paisible d’un ruisseau , par la répétition d’une phrase courte et diatonique confiée aux . instrumens les plus doux, et soutenue par une basse continue et très-simple; le fleuve qui roule ses eaux avec plus de- rapidité et de majesté, par une imitation à peu près semblable, mais avec des sons plus graves, des instraméns plus

/ forts , plus pleins , ét une bassé plus trävaillée ; le point du jour , par un gazouillenÿent d'instrumens aigus,semblable au chant des oiseaux; la fraicheur du matin, par la légèreté des mouvemens et la délicatesse des sons, par une har-. monie simiple et facile qu’on saisira sans effort, et qui mettra l'ame däns cèt état de doüce:émotion que cause le spectacle du réveil dé la nature;

LD

| 73 le phénomène de l’accroissement successif de la lumière pourra être imité par l'accroissement successif de la force de l'harmonie ; l'éclat du jour , par l'éclat des sons ; la lenteur majestueuse du soleil, par. Ja gravité du mouvement ;

et la force de ses rayons, par une harmonie pleine et forte ; ; Son goucher , par des dégradations et un affaiblissement successifs des sons ; le retour des troupeaux, par des chants imités de ceux de#bergers qui aïent un caractère de douceur et de simplicité ; ; le silence de la nüit, par le jeu des instrumens adoucis et en sourdine, par. des sons voilés comme ‘la nature; l'incertitude et le tâtonnement d'un homme dans les ténèbres, par des sons coupés et vagues ; un combat, par des mouvemens fiers ét rapides, par l'emploi de tous les instrumens guerriers , par des changemens brusques de modulation >” par beaucoup de dissonances , par des chants chromatiques , exprimant les cris douloureux des blessés et des mourans ; la victoire , par des chants eleves et brillans, par deé voix fortes ‘et mâles ,'etc.

Je ne pousserai pas plus loin cette énumération qui n’est que bien incomplète, mais qui peut cependant donner quelques idées des ressources que la musique a pour imiter les objets sensibles. ” |

On dira que cette prétendue imitation est - absolument arbitraire , et l'ouvrage d'une i 1mMagination qui se crée à elle-même des fictions agréables, qui voit des rapports et des ressemblances où il n'y en apoint. Quelle ressemblance peut-il y avoir entre le lever du soleil ,

‘ la fraïtheur du matin, et tous les moyens de la musique !

Sans doute , limitation que noys attribuons ici à la musique , suppose dés ressemblances , ou plutôt des analogies ( qui sont des ressemblances plus faibles et plus éloignées ) entre les moyens d'imitation et l'objet imité. Mais. ces analogies ne peuvent être côntestées. L'emploi seul qu’on en: fait prouve leur réalité. On sait bien que la musique ne peut pas être fraîche comme l'air du matin, ni save commé l'odeur que la terre, humectée par la rosée, -exhale au lever du soleil. Mais il faut bien qu'il y ait quelque chose de commun entre les impressions que nous fait éprouver un beau lever du soleil, et la sensation que nous recevonsd’un certain emploi des. sons, pour qu'on ait imaginé de peindre, par la musique, et le lever du soleil et la fraîcheur du matin. |

Cette analogie peut se prouver encore par les métaphores employées dans toutes les lan-

375 | gues, pour peindre les phénomènes et-les effets de la musique,

Qu'est-ce que la métaphore ? c'est l'usage | d'une expression employée à rendre les jmpnes- sions faites sur un de no6 erganes , pour peindre

des impressions appartenantes à un autre organe. Quand on a dit une voix frafche et brillante , on a emprunté ces expressions des sens du toucher st de l'œds cer il n'y a degfrais, rigoureusement parlant, que ce qu'on touche, et de brillant que ce qu'on shit. Cependant ces expressions sont recues dens tontes des langues, et ne sont équivoques dans aucune. D'où vient cela ? Cest qu'il y à une analogie , ane ressemblance, un rapport entre les trois sortes d'imapressions racues par le toucher, d'un corps frais, , par la vue, d'un objet Arillant, ei par l'ouie, de la voix que Aou appelons fraiche et brillante. A quoi tient cette analogie ? Serait-ce que, dans le partie la plus sensible de nous-mêmes, des fbres qui recoivent ces trois sortes d'impressions, sont voisines les unes des autres, $e communiquent réciproquement leurs ébranlemens, aboutissent à un centre commun, etc. ? On peut s'épuiser en conjectures métaphysiques sur ce sujet déhicat, sans trouver rien de satisfai sant ; mais les faits ne peuvent être niés ; des faits, c'est-à-dire, l'emploi de cette sorte de

métaphore darts toutes les langues, et la réalité de l’analogie que cet emploi suppose.

C'est, pour le dire en passant ( car ce n’est peut-être pas ici la place de cette réflexion), c'est, dis-je, cette même correspondance de différens organes qui autorise la musique à peindre, par les sons qui semblent n’affecter que l’ouïe, des impressions faites sur d’autres sens. ba musique est par là en grande partie une langue métaphorique. Pour peindre les objets, elle s'appuie, comme les langues, sur l’analogiequ'ont entreellesles: impressions faites . sur des organes différens.

Le bruit et le mouvement , par exemple, lun sensible à l'œil, l’autre sensible à l’ouïie, se correspondent réciproquement et existent ensemble dans l’objet physique. La musique profite de cette liaison ; et si elle ne peut peindre un objet par les inflexions de la voix, elle limite par le mouvement , ou plutôt elle réunit le plus souvent ces deux moyens d'imitation et d'expression qui se prêtent un secours mutuel. .

L'exemple de ces analogies obscures, qui ont dirigé les hommes: dans la formation du langage, fait donc comprendre comment la musique peut se servir de celles que nous avons indiquées ; car ponrquoi dans la musique, qui

est une lingue, les hommes auraient-ils été “plus difficiles? Ne peut-on pss dire : précisément, à raison de ce que la musique est, plus : que la langueparlée , l'ouvrage de l'art, elle est plis un langage de convention, elle a dù se contenter plus aisément des moindres ressemblances ? Plus faible que la nature, elle a ‘dü se prendre à tous.les appuis qu ‘lle. rencontrait sûr sa route.

Îl faut encore considérer la facilité avec laquelle les petites ‘raisons décident lorsqu'on n'en a pas de plus fortes.

Voyez un sentier frayé dans une prairie; toutes les sinuosités que vous y remarquez peuvent paraître l'effet du hazard , et cependant il n'y en a aucune qui n'ait été déterminée par des motifs. Un petit tertre, une touffe d'herbe qu’on a voulu éviter machinalement , un objet éloigne vers lequel on se dirigeait sans y penser; ont porté les premiers pas d’un côté plutôt que d'un autre. Cétte première trace, souvent imperceptible, a été suivie, et le sentier s’est formé.

C'est ainsi que des rapports éloignés, des analogies faibles ont dirigé insensiblement les

pas de l'homme dans les efforts qu'il a faits pour

peindre la nature par la masique comme par la langue.

S'il m'est permis de donner encore une explication plus métaphysique de ce. phénomène, je dirai qu'il tient à la facilité avec laquelle les idées et lesexpressions se'lient tant entre elles, qu'avec les circonstances les plus légères. Un exemple frappant de cette facilité, est celur que nous offre la liaison des idées avec les mots, lors mème que les mots n’ont ,.avéc les objets des idées, aucun de ces rapports sur lesquels ROUS avons dit plus baut que lestlangues établis satent une sorte d'imitation. On voit des chaînes fort longues d'impressions et d'idées attachées par un fil imperceptible , à un petit nombre de syllabes , et se reproduisant tout à coup lorsque ces syllabes sont prononcées. Il suflit d'avoir entendu un mot au même moment où l’on' acquérait uneïdée, où l'on éprouvait une impression , pour qu'il s'établisse entre le mot et l’idée ou l'impression , une liaison qui ne sera jamais rompue. Le mot de laideur reéveillera toujours en moi l'idée d'unè chose désagréable, parce . qu'on a prononcé devant .moi Les syllabes qui le forment, en me montrant un objet désagréable.

Or, cetbe mème facilité avec laquelle les idées et les impressions se réveillent, sert admirablement la musique. Ebe fait qu'il ha suffit de nous faire -entendre quelqu'un des bruits que rend

319 ; l'objet physique, ou de nous représenter le mouvement , ou en général quelqu'unie des circonstances qui l’accompagnaient, "pour réveiller toutes à la fois les impressions que sa présenc avait faites Sur nos ofganes et sur notre imagination , et nous faire, éprouver tous les effets de l'expression que .nous attribuons à la musique. On voit qu'il nous serait facile d'expliquer cec par plus d'un exemple; mais nos lecteurs les suppléeront aisément, .

Enfin , je terminerai ce que j'avais à dire d ces analogies, en faisant observer que les ouvrages des bons maîtres en prouveront la réalité à ceux.qui voudront prendre un moyen que j'ai employé moi-même quelquefois. On n’a qu'a remarquer dans Pergolèse, Terradellas, Galuppi, Jomelli, Hasse, etc. , les morceaux où ils ont voulu peindre un même objet physique ; on trouvera que toujours, ou presque toujours, ils ont une marche semblable et quelque chose de commun , soit dans le mouvement, soit dans le rbythme , soit dans les intervalles, soit dans le mode. Tous les dal torrente che rovina, etc., tous les destrier che all armi usato, etc., tous les fiumicel che s’ode a pena , etc. , tous les vo solcando un mar crudele, ete., des différens auteurs, ont des ressemblances frappantes , sans que, pour cela, ils soient copiés les uns des

autres. Or,.comment tous Îlés compositeurs seraient-1l$ entrés dans la méme route, ou du moins dans des routes si voisines, s'ils n’ÿ avaient été conduits par ces mêmes analogies, ces rapportsdont nous voulonsétablir la réalité ? Passons mainténant à l’expression des passions et des affections diverses dù cœur humain, et voyons quels moyens la musique a pour les imiter. ”

Toutes les passions et tous les sentimens dü cœur humain ont leur déclamation haturelle ; ; j'entends par la déclamation naturelle : r°. les accens des grandes passions Jorsqu’elles se produisent au. dehors par des voix inarticulées, comme les cris, les soupirs, les sanglots, ou qu'elles s'expriment par des mots qui ne forment point de discours suivi, tels que les interjections; 2°. les inflexions de voix que re-çoit le discours suivi employé à exprimer cés mêmes passions, et les autres sentimens du cœur humain. -

J'appelle cette déclamation naturelle, pour la distinguer de la déclamation oratoire et théâtrale, qui est elle-même fondée sur les accens des grandes passions, et sur ceux que l'usage de la langue parlée attache aux mots et aux phases dans le discours suivi. Or, je dis que

<ette déclamation naturelle est le modèle que copie limitation musicale.

L'organe de la parole étant l’un des plus puis- Sans moyens que la nature a donnés à l'homme pour gxprimer et peindre ses idées et ses sentimens, 1l est bien naturel que la musique s’en serve et qu’elle emprante de là son expression. Elle choisira donc dans la déclamation naturelle les accens les plus marqués; elle les disposera avec plus d'art; elle les préparera pour aug- menter leur effet ; elle les rendra plus sensibles

en leur opposant des contrastes ( un des moyens les plus puissans des arts ); elle les ramènera plus souvent ; elle les prononcera plus fortement ; elle nous en. occupera plus long-temps ; en un mot, elle produira, par leur moyen, ces impressions fortes et profondes que toutes les âmes sensibles ont éprouvées, et que ceux-là seuls pourront méconnaître qui ne sont pas dignes de les sentir. |

C’est surtout dans l’imitation des accens des grandes passions que la musique triomphera. C'est à qu’on re pourra lui contester Îa faculté d'exprimer et de peindre. Elle deviendra une déclamation, énergique et quelque chose de mitoyen entre les sons soutenus de la voix déployée, et les cris tantôt étouffés tantôt v10lens des passions. Le compositeur saisira les

cris de la nature comme le déclamateur, mais 1] les prononcera avec bien plus de force. L’acteur intelligent les fortifiera encore au-delà de ce que le compositeur avait conçu. Il fera le sacrifice bien entendu de la beauté de son organe à la véritéde Fexpression: la voix la plus fraîche et la plus brillante prendra une teinte sombre et douce , et, par une magie que cet art charmant peut seul employer, nous enten drons les gémissemens donlourtux et tendres percer et transparaître au travers d'un chant mélodieux. |

[ne faut pas même borner au seuk organe de la voix, la faculté d'imiter ainsi les aceens des passions ; les instrumens ont aussr cette aptitude, et quelques-uns a un très-haut degré, sar: tout entre les mains de Partiste sensible, Par ka même raison, une multitude d'instrumens qui ont chacun leur voix, etun accent qui teur est

propre, employés tour à tour et à propos, .

combinés ensemble et se prétant un secours

mutuel, pourront exprimer les sentimens et les .

passions d'une manïère assez vraie poux nous les faire reconnaître, et en méme temps assez délicate pour nous laisser lgarrérite et le plaisir ‘de les devinér. La musique instrirnentale toute seule sera au moins une langue qui s'écrit sans voyelles, comme quelques langues orientales ;

et si elle acçompagne des paroles chantées, les voyelles sant misès.,

Cette union de la déclamation naturelle et .

du chant, ne peut pas s'expliquer par des paroles ; le conipositeur, l'acteur m£me, ne sauraient définir en quoi elle consiste. Un sentiment sûr, mais caché , les guide, l’un à choisir des chants qui aient cette ressemblance avec les acceus des passions, l’autre à les rendre avec sensibilité. Mais il est impossible de leur tracer la route qu'ils doivent tenir, et peut-être même de la reconnaître après qu'ils y ont passé. C’est l’art de ces hommes heureusement nés, sinon pour eux-mêmes, du moins pour | nous, qui ont une douce portôn de cette sen- Sibilité qui manque à tant d'êtres mal organisés ; c'est l’art des grands raaitres et des gran acteurs,

Outre les grands mou vemens s des passions, la musique exprimera encore; per limitation dela déclamation naturelle, certains sentimens du cœur humain qui ne se produisent pas au dehors par des articulations si fortes et s1 bien déterminées, telles que là mélancolie, Le désir, l'espérance, l'amour , la haine ; le mépris, Fironie, etc. É£ son expressian consistera encore à imitér la déclamation naturelle qe reesivent dans chaque langue les discours par lesquels ces

sentimens sont exprimés; elle.imitera les a6cens de voix de la haine, du mépris, de la tendresse, comme ceux de la douleur; et les inflexions de voix de l’ironie, comme les ciis du désespoir ; elle peindra l’inquiétude de l'avare , sa démarche soupconngusé ét lente ; l’humeur grondeuse du vieillard: incommode ; læ pétulance et les emporteméns du jeime honime ; la naïveté de la jeune fille; les reproches de. l'amant jaloux; la froideur simulée de Famante ; “la bouderie qui laisse percer ke sentiment ; les caresses plus tendres du raccommiodement, etc. ; en un mot, elle sera comique avec autant de succès et de vérité. que.nous l'avons vue tra- ” gique, et peut-être que ce nouveau champ sera plus vaste et plus fécond pour elle que celui des grands sentimens et des grandes passions.

En fondant ainsi l'expression des passions par la musique, sur limitation de la déclamation naturelle‘, nous devons résoudre une objection qui se présente. S1 la déclamation, nous dira-t-on, est arbitraire , si telle inflexion de la voix, si telle intonation aujoürd'hui eonsacrées à exprimer un sentiment ont pu, chez une nation ; où au moins chez des nations différentes., être employées à :exprimer un Sentiment: contraire .ou' au moins disparaté, que sera-ce que l'expression de la musique fondée

ioute entière sur l’imitation de la déclantation naturelle et de l'accent de la langue parlée ? :

1°. Je dirai qu'en spposent la déclaimation -ärbitraire dans son origme , elle est tellement établie et consacrée par l'usage de toutes les langues et'chez toutes les nations, que la musique peut la prendre pour modèle; Qu'elle ait pu être -toute différente, c’est de quoi le compositeur ne doit pas se mettre en peine. Lorsqu'il nnite les accens dela Jangue parlée , son *expression est vraie, puisqu'elle a un modéle constant auquel on peut la comparer : elle est vraie, comme nous faisons -teus les: jours de bôns.raisonnemens d'après une supposition qui | n'est pas un fait.

Quand la différence de la déclamation d'üne même passion chez des nations différentes serait plus géande qu'elle ne l’est en. effet dans chacune, là musique, copiant la déclämation nationale ; aurait une expression très-vraie , puisqu'elle réveillerait toutes les idées et tous les sentimens -qu'expriment et que révedlent dans chaque pays les mots et les discours acçentués, auxquels sont attachés tels sentimens-et telkes’ idées, . : | LU

.2. .Hestfaux que la déclamation que nous avons: appelée natürelle, soit arbitraire elle.

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