IV
‘coive par où. La réserve seule" prévient cet inconvénient ; et c'est 'ayt femmes que la mature en a imposé l'ebligation.
Siun homme vous donne des preuves marquées de’son attschement, et que vous sentiez . que votre cœur lui sera toujours fermé, traitezle avec honnêteté , avec- douceur, à avec la même générosité que vous espérez de celui qui engagera un jaur vos affections; rie le laissez pas lañguir dans une attente malheureuse ; , et faites-lui connaitre voa sentimens.
Quelque grandes que spient les illusions du cœur, il ne vous aimera pas long-temps sans espérance, et vous avez cent moyens de la lu faire perdre. Par exemple , vous pouvez mettre dans votre conduité avec lui une famiharité facile qui lui fara clairement comprendre, pour. peu qu'il ait de discernement, qu'il n'a rien à attendre de vous.
Si votre caractère s'oppose à l'emploi de ce moyen, vous pourrez lui faire apercevoir que vous éviter à dessein sa société, à, moins que ce ne soit un homme dont vous voulier conserver l'amitié, parce que vous paurriez le perdre en mème temps comme amant. et comme ami, Ence cas charten quelque ami éommun de lui faire connaître vos intentions. Enñfo, si au-
çune de ces méthodes ne vous convient, au . - p
Sr
moiñs n'évitez pas les accasions de Je laisser sexpliquer Jui-même à vous. Ce serait une injustice et une barbarie, S'il vous conduit à une explication, donnez-lui une réponse douce et. polie, mais ferme et décidée. Dès qu'il connaîtra vos sentimens , s’il a de l'esprit et de la délicatesse , 4l ne vous fatiguera plus de sa passion, et ne cherchera pas d’intercesseur auprès de vous; moyen qu'une âme élevée, dédaignera toujours d'employer. I ne sollicitera pas, par des supplications et des soupirs, une compassion qui l’humiligrait, presqu'’antant que vos mépris. En un mot, vous pourreg briser son cœur, mais non pas l’avilir; car la délicatesse des.sentimens est toujours jointe à yne. grande hauteur d'âme qu'il est presque im possible d'abaisser, mème alors qu'elle se cache sous les apparehces de la modestie et de la douceur. °
S'il y a des ças où une } femamo peut être coquette sans que ‘sa conscigncée puisse lui en fire le moindre reproche, c'est lorsqu'un homme évite à dessein de lui faire aucune ouverture de ses sentimens , jusqu’à ce qu'il soit parfaitement assuré qu’elle y répond. C'est au fond vouloir faire perdre aux femmes un privilége qu'on ne peut pas leur contester, le droit de refus. Les réduire à s'expliquer ellesmèmes
Ba
les premières , c’est leur faire violer la moôdes-
tie et la délicatesse de leur sexe, et intervertir
Pordre de la nature. Vanité misérable d’un hornme , qui n’a pour objet que de dégrader la personne même dont il désire de faire « sa femme. | Il est d’une extrème importance pour vousde distinguer si un ‘homme qui semble vous aimer, diffère de s'expliquer par un pareil motif ou par la timidité inséparable d'un véritable attachement. Dans le premier cas, vous ne: pouvez pas le traiter trop mal. Dans le second , il mérite de votre part beaucoup de bonte ; et la plus grande que vous puissiez lui montrer, si vous êtes déterminées à ne pas écouter ses propositions, est de le lui faire connaître le plus tôt qu 11 vous sera possible. .
Je sais que beaucoup de femmes prétendent | excuset une conduite différente , en prétextant . leur ignorance , ou du moins l'incertitude où elles sont des véritables sentimens d'un homme. Elles peuvent avoir quelquefois raison. D’autres font valoir la décencé à laquelle leur sexe est obligé , et la loi qu’on leur fait detraiter tous leshommes de la même manière, et de ne jamais regarder comme amant que celui qui s'est dé- | claré tel. Dans les idées que je me fais de la réserve et de la modestie à laquelle votre: sexe
‘est obligé, je suis peut- “étre plus sévère qu'aucune ferme ; mais je ne craindrai pas de dire qu’il faut que ce devoir cède lorsqu'il est en opposition àvec les vertus d’un ordre supérieur. La reconnaissance , la justice et l'humanité parlent toutes hautement en faveur de celui qui vous a préférées, et dont les faiblesses et les torts sont l'effet de cette même préférence. Mais la vänité et le plaisir d’être admirées sont des passions si fortes en vous , que vous faités toujours un grand sacrifice en perdant, un amant ; etque vous retardez cette perte tantque yous pouvez, jusqu'à ce que toutes les ressources de la coquetterie soient épuisées, et qu'il vous force à fine explication. Vous voulez conserver l'amour en voyant l'amant avec indifférence, et mèmie avec mépris.
Mais la plus profonde et'la plus artificieuse coquetterie est celle qu'emploient quelquefois des femmes de beaucoup d’esprit pour fixer le cœur d’un homme qui a leur estime et celle du public, et qu’elles sont bien résolues de n’épouser jamais. Sa conversation les intéresse , et son attachement flatte leur vanité. Elles peuvent se faire une gloire de lui voir-ruirier pour elles sa fortune ,'sa réputation et son bonheur. Dieu me préserve de penser que toutes les femmes sont __ ain faites! J’en connais plusieurs qui ont des
54 | L principes ét une âme assez élevée pour être.
bien au-dessus de cette indigne et criminelle vanité. |
Une femme honnète, qui ne peut pas rendre amor pour amour, peut toujours faire de son amant un ‘ami solide et tendre, pourvu qu'il éoit homme raisonnable, ferme et vrai. Si elle s'expliqué ‘avec une généreuse franchise, il sentira le coup éomme homme, mais il le retevra auséi eh homme : il souffrira en silence. H continuera de l'estimer, mais il cessera de l'aimer ; tar, quoique l’imour demande peu de : hoùrriure, et puisse facilement en être sure . chargé, il ne vit pourtant pas de rien : il la verra bientôt comme une femmé mariée; et, sa passion éteinte, son cœur généreux conservera-toujours pour une personne qu'il a aimée, ét dont il n’a reçu que de bons traitemens , des sentimens. bien plus tendres que pour tout le reste de son sexe. ,
S'il n'a dit son secrèt à personne, il a sans doute droit à votre discrétion. Une femme qui a un attachement melheureux, peut le confier, parce que c’est son affaire à elle seule. Mais, si elle à quelque reconnaissance et quelque générosité , elle ne trabira jamais un séeret qui ne lui appartient pas.
La coquetterie des hommes est plus crimi-
nelle que celle des femmes; à raison même de ce qu'elle est plus pernicieuse ; mais elle est rare dans cé paÿs- ei. Très- peu d'hommes travaillent à ébtenir où à conserver le cœtr d'une femme , à moins qu'ils nwient sur elle des vues honnêtes ou nialhonnêtes. Occupés d'affaires, d'ambition et de plaisirs » ils ne se donnent pas la peine de faire naître lamour d'une femme uniquémet pour satisfaire leur vanité, ou pour triompher d’un cœur innéôcent et saus défense. On n’a jamais beaycoup d'ardeur à faire ce qu'on peut facilement. Un homime qui u de l'adresse et de l'esprit, s'il n’est pas aivêté par l'honneur et l'humanité, peut soumettre les cœurs d’un grand nombre de femmes à la fois, ét conduire ses affaires avec tant d’art, qu'il sera impossible à aucune de le faire exphiquer nettement.
Cette ambiguité de conduite, cet art de tenir l'esprit en suspens; est le grarid secret de ha
coquetterie dans Îles deux sexes. Il est bien plus
cruel de la part des hommes, parce qu’ils peu-
: vent le porter aussi loin, et le soutenir aussi
long-temips qu'il leur plait, sans qu'une femme sbat pour celà en droit de s'en plaindre , tandis que l’homme qui est victime. de la côquettérie
. d'une femitne , peut briser sa chaîne, ou la for-
cer de s'expliquer aussitôt qu il ne peut plus supporter sa situation. |
Je me suis étendu davantage éur ce sujet, parce que le temps approche pour vous de mettre ces lecans en usage, et que , sans expérience encore , et sans connaissance du monde, vous touchez à l’âge des passions avant que votre raison soit assez avancée pour vous soutenir contre leur violence, Tout ce que je demande pour vous; est que vous ayez assez de générosité Pour ne tromper personne , et assez de discernement pour ne pas vous laisser tromper. |
Une femme, dans ce pays , peut aisément écarter Jes premières impressions, de l'amour; et, soutenue par la prudence et par quelque délicatesse, défendre son cœur jusqu'à ce qu’elle ait trouvé un homme dont. le mérite et l'attachement puissent justifier son retour. Vos cœurs, en effél, peuvent résister au plus grand mérite : ce peut être. un malheur pour. vous , mais non pas votre faute. En ce cas, ce seroit une injustice égale, et pour vous, et pour l’homme qui vous aime , de lui donner votre main, quand vous sentez de l'éloignement pour lui. Mais vous serez véritablement malheureuses si vous vous permettez un: attachement avant d'être sûres du retour, ou, ce qui
7 | est cent: fois pis encore, si i l'objet de cet attachement manque des qualités.qui seules peuvent assurer le bonheur dans l’état du mariage.
Je ne sais rien de plus propre à faire mépriser une fille, que la persuasion que l'état du mariage est absolument nécessaire à son bonheur. Ce sentiment a quelque. chose de grossier, et 1l est faux, comme des milliers de femmes l'ont éprouvé. Mais en le supposant vrai, cette opinion dans une jeune personne, et limpatience de se marier, qui en est‘la suite, sont les plus grands obstacles qu'elle puisse trouver à s'établir heureusement.
N’allezpas conclure de là queje noouhaitep pas | que vous soyez mariées. Je crois, au contraire, qu'on peut arriver, dans le mariage, à un bonheur qu'aucun autre état ne donne. Je sais
combien est triste la situation d’une vieille fille | négligée de tout le monde et sans appui. Je n'ignôre pas quele chagrin et l'aigreur viennent bientôt altérer son caractère; et je connais la grande difficulté qu’il y a pour elle de passer, avec dignité et avec sérénité, de ce période de la vie où sa jeunesse et sa beauté lui attiraieñt l'admiration et le respect, au silence et à lobscurité de la retraite où la conduit le déclin des ans. | | … Je vois des fillés qui, avec de l’activité, de
/ | 58 | la force d'âme et de l'esprit, s'avilissent elles | mêmes en se livrant à une dissipation qui sied . mal à leur âge. Elles se rendent ridicules, tantôt en s’obstinant à partager les plaisirs et la so-.
ciété de jeunes personnes dont elles seroient les grand'mères ; tantôt en importunant leurs connaissances par l'envie de se méler de leurs affaires; d'autres fois enfin, en ne $s’occupant que dé répandre la médisance et le scandale.
Fous ces défauts sont l'effet de l'excès rnême de ‘ cette activité qu'elles auraient employée dans la conduite d'une maison et d'une famille, et qui en auraient fait des membres utiles et respéctables dé la société. = ’
J'en vois d’autres das le même état, modestes, douées de sens, de goût et: de délicatesse, et de toutes les vertus douces .qu’ tine femme peut avoir, mais-d’un caractère faible ettimide, et se laisser tomber dans l'obscurité et le néant , et perdre par degrés toutes leurs qualités aimables, uniquement parce qu elles ne se sort pas donné, pour compagnon de leur vie, un homme de mérite qui eùt connu tout cé qu’elles valent , qui eùt développé leurs bonnes qualités cachées, et les eût fait voir dans un jour avantageux, qui eût soutenu. leur faiblesse , et qui, par sa tendresse, les eût forcées, pour ainsi
dire, de faire en même temps et leur bonheur et lé sien. |
En un mot, je suis d'opinion que l’état du mariage est le plus heureux de tous. entre des personnes que l'estime et l'attachement réciproque ont unies, et que les femmes en particulier - en sont plus respectables aux yeuxdu monde, et plus utiles à la société; mais j'avoue que je ne suis pas ‘assez patriote pour vous conseiller jamais de vous mariér par le motif du bien public. Le seul qui idoive vous y déterminer est votre propre bonheur. En vous donnant ces conseils, mon cœur palpite de la douce espérance que vous vous rendrez dignes de quelque homme estimable qui connaîtra cé que vous valez. Mais le ciel vous préserve de renoncer jamais à la liberté et à l'indépendance du célibat, ” pour devenir les esclaves des caprices d'un tyran oud'unsot. . *
‘Voilà ce que j'ai toujours. pensé; et j'ai cru par cette raison que c'était uné justice de ma paït de vous laisser une fortune assez indépendante, pour que vous né fussiez j£mais exposées à faire, par nécessité, une démarche que vous n’auriez pas faite par choix, en subissant k mortification si cruelle pour une femme qui a du sentiment , que célui qui l’épéise croie lui fire un honneur et une faveur en l’épousant.
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Si je visassez pour vous voir arrivées à cèt âge où vous serez capables de choisir par:vousmêmes , mes sentimens seront bien étrangement altérés , si je n'agis pas. avec :vous d'une manière tout opposée à celle que suivent beaucoup de parens, en génant leurs filles dans leur Choix. J'ai toujours pensé qu'à cette époque “l'autorité paternelle n'a plus lieu.
J'espère que je vous traïterai toujours avec assez de téndresse et de confiance, pour que vous me regardiez comme votre-ami. C'est en cette qualité seulement que je me troirai autorisé à vous donner des conseils; et je me regarderais comme très-coupable si, en vous les donnant, je ne me dépouillais pas de toùte va-
| nité, et de tout préjugé en faveur de mon 6pi-
nion. Si yous ne les suivez pas ; je ne. cessera pas pour cela de vous aimer comme mes enfans; et en regardant le droit que . j'avais à votre obéissance comme expiré ; je ne me croirai pas dégagé des devoirs que m'imposent envers vous la naturé et l'humanité. | Vous,imaginerez , peut-être, qu'en vous recommandant de ne pas fréquenter les assemblées publiques ; cètte réserve pourra vous faire . perdre les occasions d’être connues des hommes qui pougraient avoir des vues sur vous : ce
neserait pas là mon objet: Je ne vous conseille la
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vie retirée que parce que je la. crois propre à vous rendre plus respectables et plus aimables à nos yeux. Je ne crois pas d’ailleurs qu’on puisse se connaître assez dans les lieux d'assemblées : on n’y voit que la figure et l'extérieur. Ce n’est que dans la société particulière et.dans la liberté de la conversation facile qu'on peut s'observer d'une manière assez suivie; et ce moyen, je ne veux pas que vous évitiez jas mails de vous en servir. Si vous ne vous laissez pas connaître, vous ne pouvez pas espérer de trouver dans le mariage un attachement véritable. L'amour est très-rarement l'effet du premier coup d'œil, ou au moins en ce cas il est fondé sur un motif bien insuffisant, et que la raison ne saurait approuver. Le véritable amour est établi sur l'estime et sur le rapport des goüts et des sentimens, et il ne s'empare du cœur qu äinsensiblement et par degrés.
Je vais vous donner encore un conseil auquel je vous prie de faire .une grande attention.
Avant que votre cœur s'engage le moins du monde avee aucun homme , examinez scrupuleusement votre caractère, vos goûts et vos.sentjmens. Arrêtez bien dans votre esprit, quelles sont les choses que vous souhaitez pour votre bonheur dans l’état de mariage ; et, comme il est presque impossible que vous trouviez tout
ce que vous souhaiteriez, déterminez au moins avec vous-mêmes , et d'une manière bien fixe, ce que vous considérez comme essentiel, et ce que vous pouvez sacrifier.
Si votre cœur , disposé par la nature, à l’a- . mour et à l'amitié, est doué de cette sensibilité excessive qui peut vous çonduire à tout ce que ces attachemens ont de plus délicat et de plus recherché; au nom duciel, etsi vous faites quelque cas de votre propre bonheur, résistez , autant que vous pourrez, à ces dangereuses dispositions. Si elles sont trop profondément enracinées en vous, ce qui est un grand malheur pour les personnes de votre sexe, en ce cas jé ‘ne vous connais qu'une resgource ; © est d'avoir assez de courage pour supporter les inconvéniens qui suivent le célibat, et pour résister aux tentations de la vanité, et aux persécutions de vos amis (car vous aurez perdu le seul de vos . amis qui ne vous ait jamais persécutées).
Mais si vous trouvez, après vous être bien examinées , que le mariage vous est absolument nécessaire (en ‘cachant avec soin cette Opinion , pour les raisons que je vous ai dites plus haut), -évitez , comme un poison fatal, tous tes livres et toutes les conversations qui allument l'imagination , qui attendrissent et amollisent le cœur , et qui vous transportent en idée hors
de l'état commun de la vie. Si vous vous écartez de-cette règle, vous verrez s'élever dans vos cœur$ un combat terrible de passiÔns , qui fera votre malheur.
Si ces idées se sant une fois emparées de votre esprit, et que vous vous y refusiez dans le choix d’un époux, en vous mariant par des vues d'intérêt et comme presque tout le monde, vous ne pourrez jamais les écarter tout-à-fait, et elles empoisonneront pour-vous l'état du mariage : : au lieu de trouver dans un. mari une -àme sensible ét délicate, un égal, un ami, un amant , vous serez excédées de son insipidité et de sa pesanteur , choquées de sa grossièreté, ou blessées de son indifférence. Vous netrouverez persqnne qui vous plaigne , ni-mëème qui comprenne ce que vous lui direz de vos maux.
Vos maris ne vous traitant pas durement , et ne vous refusant rien de ce qui sera convenable à l’état de votre fortune, Je monde vous regardera comme des femmes déraisonnables , qui ne méritez pas d'être heureusas, si vous ne l’êtes point. Pour éviter donc tous ces malheurs, si vous êtes déterminées à vous marier, à tout événement , je vous conseille de vous refuser à toutes sortes de lectures et de plaisirs; qui peu- vent affecter fortement le cœur et limagination, et'de vous borne en ce genre à ce qui
peut exercer votre esprit, ou entretenir votre gaieté.
En ceci pourtant je n'ai point polr objet de régler vos goûts. Je ne veux que vous convaincre de la nécessité de connaître bien les pen- Chans de votre âmé , connaissance qui, quoique facile en apparence , manque communément à votre sexe sur beaucoup d'articles importans de la conduite de la vie, et en particulier sur . celui dont je parle. Il n'ÿ a point de qualité que je désire plus vivement pour vous, que cet esprit recueilli et décidé, qui péut se reposer sur lui-même, qui sait discerner en quoi consiste le bonheur véritable , et y tendre avec une ferme résolution. En affaire, suivez les avis de ceux qui les entendent mieux que vous, et en qui vous pouvez vous confier : mais en matière de goûts, dont vous seules pouvez être juges, ne consultez pas. même .vos amis , mais seulement.votre propre cœur.
Si vous vous: apercevez qu'un homme ait des vues sur vous, avänt que votre cœur s'engage, tâchez de tirér de vos amis , avec prudence et discrétion , toutes les informations qu’ils pourront vous fournir sur‘sa réputation de bon sens, de probité, son caractère , sa fortune, sa famille. Sachez s’il est connu.par ses talens et son mérite , ou s'il passe pour un sot ou un lâche »
et s’il y a dans sa famille quelque imaludie le héré: | ditaire. ne ,
Lorsque vos amis vous aurônt instruifes sur tous ces points , ils auront rempli leur devoir. S'il vont-au-delà, c'est qu’ils n’auront pas pour vous la déférénee qu'ils vous doivent , ‘et dans hquellé vous les tiendtez si vous voulez voué conduire avec la dignité qui vôus convient. ”
Quelles que soïeñt vos vues én vous mariant, prenez toutes les’ précautions possibles pouf qu’elles ne soient pas trompées. Si c'est la fortune et les plaisirs : un ample douaire; et là garde-noble de vos enfan$, en cas de mort de votre mari, ne sont gs des moyens suffisans.
Il faut que vous ayez de laisance pour vousmême, ét votre vie durant; ét la principalé sécurité que vous’ puissiez avoir pour cela, est celle que vous Pouvez vous donner vous-mêmes en épousant un homme d'un cœur bon et généreux , qui, eyant le mépris dé l'argent, vous laissera vivre où vôus pourrez trouvér le plaisir, et avec l’aisance et la recherclié dont vous avez désiré de ; jouir en YOus mariant. |
Par tout ce que je vous ai dit, vous pouvez voir facilement que je ñe prétends point vous . montrer l’homme quevousdevez choisir; mais je puis, avec plus de confiance et de liberté, vous