LE PARADOXE
v-iE n'est pas tout d'avoir trouvé un sujet vrai* ment piquant dans des opinions opposées à toutes les opinions : il laut que le paradoxe le mieux choisi soit revêtu de couleurs qui puis^ sent encore relever son éclat ; il Êiut que lé style , les raisonnemens et la marche générale deFouvrage soient analogues au fond. Expli-»
quons en quoi doit consister cette analogie.
Bien ne contrasterait plus ridiculement aved le paradoxe , qu'un style simple et sage ; que le soin d'éviter l'enflure et l'exagération ; que l'usage sobre et bien entendu des figures oratoires et de tous les ornemens du discours ; que la modération dans les disputes littéraires ; que la justesse des idées , et l'exactitude des raison» nemens ; enfin , que la connaissance approfon*^ die des matières qu'on entreprend de traiter ^ ou du moins de leurs principes les plus géné^ raux et le^ mieux établis. Au contraire , l'in*» coiTection , et même le mépris des lois de la grammaire , qui donnent au style l'air de la facilité ; l'amas confus des métaphores et leur
incofaerence^ qui« anutôeiit falleiition^dft lecteur; une. vivacité' sotttetiae dans la dispute , dut««elle passer jusqu'à la iriolence ^ aux injures f qui cessent d'être UâxnaUles quand celui .qui les onploie a raison ; le mépris des lois pé- . dantesques de k logique commuQe ; eafin > le soin d éviter la minutieuse exactitude > et la pécheresse du ^voir ^ ^c. To|is ces moyens employés avec art y doivent seconde le p^adoxe 9 çt en augmenter l'effet.
L Parlons d'abord du style. Tout le monde sait que la métaphore en ^t le p^us grand or« nement. Selon Démétrius de Pl^ère^^,^ iS'A^culione , <i il faut surtout faire us^e. des meU:^ n phores^ parce que c'est, cette figure qui donne }) au discours du charme ^t de la grw%4^ur ; n mais il ne £avfl, pas les nmltiplîer trqp » ni les >^ tirer de trop loin ^ et les empr^i^er d'ob)e1$ » qui ^n'ont pas d'analogie avec i^elui que vow » voulez peindre, parce qu'a|i lievi d'un dî^ ^ i> cours, vous écririez alors un dithyran)be(^)A>; c'est-à-dire , selon Tinterprétation du savaint
(*) Primiim , igilur , metaphoris utendwn est , hœ namque maxime et yolupiatem adportanl orationi et ampliiudinem ; non iamen cnebris , quia tune dithjrrambum pro oratione scriherèams; neque quidem longé tranS" latis , sed quce sud sponte vel ex re simili se transferendd frœbent. (Dem. Phai. de EloCutione. Trad. de GlasgoTf.)
F4>€r., an* moi diAjrrambus^ u un genre de I» (CompoiitftQii ^ M TiAwntaoaj» lar diction et le ii.iMwnlir^ s'écirtept J>eftui»>iip des lois de la ».ni(aii > et i^'ëMAteat ^ $ott« mie softç d'et^ a Aure, mie audace et «ne iioenoe aana horat»t^ a d^ Mfte ^'il a. l'air d*étre compose par un a k9iMfteifre('^).»
'^'Çt^précepîm, auxquels m sont conformés toi les Bons éèiivtf lus , sont utiles sans doute , mais avec les restrictions 4pie le rliëteur y nobét luî-nrtme, c'est-à^îire* , pour Forateur ou Técriram <)ui ne yeUt pas -frire un dtâiyramfae* Par la même raisèn , si vous voifles vous livrer à ce genre de componition ^ ou ait paradoxe^ 'tqùî'noùs'^ralf a¥oir une analogie si'marqtœe^ ou pour mieux dire , une ressemblance si grande avec 1k dithyrambe , vous ' emploierez les nkétapkoires avec la plus grande profusion. -'Vous en mettrez dans deux volumes in-is , 'quatre^ mSle trois cent soixante^disr-neuf , ainsi que prétend tes hvmr comptées Fauteur
{*) Eratautem (dithyrambus) carrmms£enus iià posîtum ut inventione^ dictione et nutneris à castîgait ratione abiret longius , ei miram UcenUam aud^iamquo oum tumore fuodam referrct , yt non tàm à sanis et so^ bH^s Quàm çoncitalis furore bachico vidcrctitr scriiHum' (Fab. The$. Erud. Scholast, verbo dithyrambus .)
des Épkéméride^ , dims 1^ é$àx vdltimes àt la Théorie des fow*
Votis lef tirerez» de tous le$ obfMs de la na-* turc y de» taiinsy des eerêU^ f des ç>,erms^ des mariages, du 2i^ ^nuptààl ^ des ampMlês , des ^Tin^înf , des m;^ , des cages ^ de Ikfertmlle , des pîmir chapeaux , de» f eux étaniftce , du fumier , dxx'mercure ^ de ia^rm^ ^ des meules > de kp^te , .des sèrpens, des chgues, des eodb^fùr , des feiipe» > de la ^erto , de la i^;...^ etc. Eflfia /^et e» un mot-, vous imiterez M. L^^
Voua £res donc avee M* L^^^ ^ que la rai* sèk^ est m»!fmai»w^ perfide y dent lesfas>eurs mmt "eBèpèisfiaméeê ( Htst^ llmp. des Jésuites.
Bi^éfiuoe) t')*''
\ ^amalk^^ûé^^ea PtOM maîtresse ehérie , ^uMpèe^resêeriMe i0^ peu aux caiins, et que $0ncGth9tie9te,ne mpperieni honneur y ni /im/îe. >(^t)ett.sar laTiiI'y'p. ^^0
Et> (^i^tM^^Ueepfkikiàlë'ébs rougir du nom d-uneMaiadiè'dê9m4its'exee/^S sent si communs (1Aèp.''mtit D^. imA. l'tom. I, p« 87 ), et quelles '««illjMraiséiis tirées d'uu sujet fami-* lier > penVeill ëctâiiMf ' beànMop le$ questions les plus importantes ; tom direz que Us wirUs^ ïkm Àmsteprixdù pêàri, sotAtÉfièv....poti^ke ( en toutciS Idttk^à) quirrail^ë féOtt dans iùutes ses partiéi Hdhhs ^tit iàfix^ les appfàvi*
ble, qui peut la guérir ; nuds cptamni de rem^ pll»j^er, ilfmttfle modifier par une majûpula" tiçn très'^Msée , que si on le dprme-truyilfera: ei^fier lemafmde^ ( Lm* wr Isk .Th. )
^il est qiièstîlonifo décrire lesiiwné&fotmts^ dû gouTernemeat / ou plaiét potir» farauilleif' les idées qu^en a dénuées Montes^cpiieu , vouspourrez dire qi^e la démcxtiâie kL\pbi$ UkÈe^* et la monarchie .la plms 'aholtm witt iBs.deuki EXTRÉMITÉS D ON •cBRCf^E-; tjptBile'geÊwmmfiuimu^ parcourt plus ou. moins rapidsAeaê^O» mamhre^ infini de degrés quis^arent^ jC^ imeiKémêés dm. cercle 9 et qm rkfÊÊanùeù ilis\éàmÉedB4aHg9». circulaire tracée > dans tous ses poims Ç*^>wmi distance égale du aerOre^s&^ti^çJimébtmaafal des ^sodéiés , efit imicm^ piMuiA-ie ekspatisme^^ (Lett. sqr la Thy dos Ichw» pag^. 3§ }k\Caffi ^^aKÀ*' qu'un cercle naît pas.d'iettfémlési^^^W ne^ puisse enteiidre ç^.€p^c'«tkifSk^\PiJ>m/Wiessenr' tiel et fomlamenfal %M ^ii$i^€^ttet JHéitai^ore qu cempafai^tm i)e.^i^sentf ^IWie.i^ àif«$r:
prit /elle préparera x^f/sm^^OmM^fm^^^^#>^il^i tfiorà à ce que ¥ws ?ail«9)}^i^dÎK:4e jM n#* ture de$rgou.y^n$ii(ieAS. f . t ». - i ; ' •
. Vous dir«^ ej»cpi:e q9]ie la w^MCè e^^ ia tigé des gouveme^ns^qm ^l^/fndtquî en sort est la société: que l(i rçison. cause dws Vemni^ei
imê chàtet^ Pêcrète^ qui m acéSiltè ta moM-»
rite; que ceUe-^i ( la matorité ) efiun gom>eme^ ment modéré ; qae tes art» en cciov&U la sm^ face ; mais qu'à VinfUmt oà ce' permis trùmpew^ a reçu sa perfection y et tandis 4pi'il parait jeêer le plus grand éclat , iêsfbres' en dessous (de ce vernis) serelàchent, et qf£au premier c&isp de véni, le fhiit' se détacha et viêM'se^briMÊ corOre les racines qui Vxmt fait imiin^ ( Lctbi sur la Tk. des lois^ p. 42. ) ... «
iSi TOiis voulez prouver que Xemàxn^e fett^ sonoel f pour. cause; d'in8olvd)ittlé^,.éliiitbe«^ coup plus raisonnakle et plus atîle' que Vms^ prisonuement pour dettes , vous direz que im loi qui prononçait V esclavage persmmel'est une opération hemiie dee peuples, qui, coupantdam le pif y ne mettent>à VinsokiahiliÈédMstreappa/» reil que la servitude ; que c^est un caustique brûlant qui consumé et détnéU tout ce qu'il touche; mais ^piil ne Joucke- que des . chain mortes, ou tout au plus que dés esecrescenceê fongueusesyqui périraient bientôt d^elles^-mêmeSf après apoir' ajbsoféé Fembonpmnt^ des partieà voisines; qu^Jin débiteur iosohraUe^emptisoané est une loupe - incemmàde ^ qt^ Jmpproprie la subsUmcedes membres sains , et qui les dessèche^ sans iwcune iiêiûté<pour l& corps pdiUqm; que son emprisofmmnenl est unpnÛfaéifim^S^oacep
qtài h. gçuf^0Uii j^edement. dé$ \0cci0iens e^jUe* wimr$ f et lm\do9atê Um, de iûng9rfon à l'aise r sous les linges doni «n l'emieloppe, lé suc wvi^ j^smi qui devrait êirerésetvéausc^ muscles agis^ s^ms. (Th* délais, toia*ïl, pag, 4^^") • Si M^ d^ Mtnteaqoicii , parlant de la servie tiid&4eiiemi|Ma ep Orient , dit en passant» et 4ft dài£i( aiotS'9 fueUe est une mite de la poly-* gMiiîe ', ptttce i^'un débiteur imalwile cherche à se mettre à couvert des powvêtUes de ses Msofwiers, .vous cpmhaitresB cette raison , en snâvant. longuement la même plaisanterie > et ¥Oitf . direz que ks histoires anciennes et modernes stmt rmnplies.de créasscièr^ assez in^ didgimtes f .tissez^désiniéressées y non smfJiem&A pmr àûcmder.du temps à leurs débiteurs , poun> jfSicfe , Mitnâ gPatiùÉéinent , le. transport de l^u dette en. dtaUtesi main$; et 4|«ie y. dam une na*^ Uaniien>^Dmistiiuee j elles seroiU toujours assei ^énà'euses , simmpuur rem^ea^ entièrem&tt ^ iems^tsvprimi^f, aunmnf pour voirions peine taeduire les intérêts : tp»ùi*d4biie^, imifours matire dé fixer le teniie dsm paiemms , t^ ODoindra jamais' de sewrrédàiéàdHnsolm^ lité^cpxe d'une part ^ il €onstdtem\séi Jimds ^^ oMint mie de cùntrneter denmxmausi: mguge^ mms ; e^epm^^e l'ioutre^f iwuvan^ ttmjom^fdee qrémuDihes de /oc^e composkien , il n'aaum
pas besoin, de prémire des précatuî(fné poùf' ^ë garantir de leurs poursuites. '( Tb, dès ïoîs ,^ îiv.i":, pag. î47.) f ;
Enfin y car.il fabt nous bc»*nef dâhrèè^gi«iMfc BOmbre d'exemples que nous potirrrèn^ tîiW»
des œuvres de M. li^** , si vous parles é^ profet de retenir b sbitiine dans scm Ik , poui^ qu elle lie s'éloigne pas de SaintoYakny ^ voiisi direz qu'on veut la contraindre^ derjur^t mêêf fidélité constante'^ à cet injbftuné S.-^P^àiéfy^ pour qid elle n'a que de faversîén^^ mais que ^ee^ nœuds formés sous de, malheurékxr uuspie^^ et conire les lois de la nature , ne saunMetû Mw M solides , ni durables) que le^Gôtn^eme^^à doit bien peser les intérêts des deux paHies ,"* àuant que de les autori^et, et que de ce ^Pia^ riàge inégal il suivrait bientôt une sépamêwri' fun&ste ; que Vépoux resterait tôajauPs 'pet^lé. sur sa roche inabordable ; que t épouse fuirdîtf avec honneur , son nouveau Ut nupUaî, et ^psm rôn en\serait , au bout du compte , pour tes frais de noce. (Can. navig. , ,pag. 1 22. ) ' . * '
Ce style figuré vous sèfa surtout d'un gtialïA' avantagé en attaquant vos afdvcrstrir^i , ei ftfé ' manquera pas de les rendre bien ridicii^« 'Vobs direz donc que vos critiques Bônt de félis pa-*' triotes , qui sifflmt OAfee grâce dans lés^ tagè^, vernissées 9 que notre sièete mmmedes uppart^
m$ens ( Gan. navig. , pag. ^36. ) y qavNt MAUt rimit a cm desnyir wus honorer de sa hainb (Rép. anx doct. xnod. , pag, 26) ; que lajer^ menioàiM donnée aux esprits par le lewiin erti^dopédique , a produit une effervescerhce an^ gUcéme ; que fusqu^à ^explosion du gros -Dic^ tkmnaii^ , la pâte n^ était pas encore à son f/mU ; mais que , des feuillets de cette massif émmne , m a m sortir unejoide de petits phi^ IfimxpheSy etc. ( Und^ , pag. 11); que, si vous mmai étaa &it des ennemis nombreux , c^es€ fmiCB que vhus fiavez point donné à vos mm^ ifismit/és ie vernis encyclopédique , ce passe-porê deJpraUles^ reblanchies , avec lesquelles tant de criées de vieux chapeaux philosophiques nêm étourdissent ; et que M. cP Jlembertpeut S'imaginer comment vous appréciez tous les petks feux d'artifice éphémères , sortis^ de la ffCossema^se de HErhcydopédie , et de l'Esprit des im ( JLiett. à M» d'Alembert ) ;
.^ue <5eu^ qt|i louent la jurisprudence 'Criminelie anglaise^ sont des phihsophistes armés du fXJWMSi infect des coutumes anglaises (Xiett. S9M la Th. des lois , tom. II , pag* 130 ) :
Que. i^4r. critiques soM de petits Salmonées > fw cotOrej&nt la foudre, de Jupiter avec des. fusées ridicules , et qui prétendent avoir pul^ ^ anéanti tmà FLAipns incommde qui
^lEtr blesse les jreux (Rép. BXtx doet. ïMà*^ tom. I f pag. 58 ) ; que les apothicaires et les chimistes qui ont pris le mercure liuénùre à bail y Tien tireront rien qu'un sublmé uès-dcn tt très-corrosif ,' contre lequel lesgenss de ^lettres se soulèveront tôt ou tard (Rép^ .aux do^ mod. > pag. :29 ) ; que les écçoomisies ^ d^um main toute blanche de leur pâte et de hat mouture y ont voulu repaîtrir notre législaUon. . • • Solons enfarinés , qui , sortis du derrière de leurs meules mal repiqfiées , ont préteruiu ré* former ta machine politique (Rép. aUx doct.
tnoa. Avertissement, pag, 9); ;
Que les journalistes sont des chvhs pèriodiw quesy qui grattent tépiderme des bons ouvrages ^ pour y faire naître des ampoules ( Lett. sur lu 'th. . Avertissement ) ; que tes économistes sont des mites raisonnantes, qui, de l'Esprit des his, ie sont rabattues sur le blé, et, de leur boulon'* gerie , s'avisent d^insutter les vermisseaux in^^ discrets qui s'éloignent de la huche (Ibid^ , p. ^5 , 26) ; que vos adversaires sont des cigales politiques ( Lett. sur la Th. (des lois , pag. ïôg) ; des insectes rusés, qui cherchent, par leur bourdonnement , à induire te public en erreur isur voire compte ( Rép. aux doct. mod. f S*, partie, pag. 249). ^
Dans Tusage de la métaphore^ il y a surtout
'itn yj'i'onili i|M les éciivains à. paradoxes ne
X doivevt pas perdre de vue. Les rhéteurs eoor
vieuMOk 4|ull ne fbat pas que k raélaphoce
ttoiti n c oh fce rt e, cert^à-^ltre , qu'il ne £àiit pas
«que les tenpes jnétaphoriqoes qui entreM
.diuis Uméaie ^rase , prasenlent des idées qm
-ne fpttîmnt cive liées lune à Tautre , eomine
dans ces vers de J.^B. Rousseau :
Et les jenoes Z^pbirs de leurs diaudes baleines , Ont Couda Vétotee des eaax.
Ou comme si ou disait de l'éloquence de M. L***, que c'est un torrent qui s'allume , au lieu de dire ^ un torrent qui entraîne. Mais ce précepte , ainsi que tous ceux de la rhétorique commune , ne peut être une loi pour les écrivains à paradoxes. En effet y un autetu* qui produit un paradoxe , a besoin de distraire fortement l'attention de son lecteur du fond même de son sujet; il doit l'occuper des formes et de l'accessoire , et de l'enveloppe sous la7 quelle il cache des opinions extraordinaires et révoltantes. Or y U n'y a rien de plus utile pour cela que l'incohérence des figures. L'esprit, ébloui par des images multipliées et disparates, est forcé à un travail pénible , pour chercher des rapports entre les parties disjointes et incohérentes du discours ; et tandis qu'il est ainsi
tiraillé ^'an e6të' |iw l'Image 4fun tatimâ^ et ée Tautre par celle du fta f ici pai^ celle de la ijialeur ; là par celle de rëcoree , «on «eïam^ ne peut pins étx*e sévère 2 il perd de ine l'état lie la questton ^ et de laisse entraltier au para*^ logistne. C'est le stratagème du renardde La ¥ofitairie assiégeant lea ditidons pemtiés sur un arbre , qui représentent ici lés lecteiii««
Arlequin n'eét exécuté
Tant de éîflKrenâ personnages ; Il ëleyait sa queue , il la faisait briller ;
St oe9t nojle autres badinages.
Les pauvres geus étant à la longue éblouis ^ Toujours il en tombait quelqu'un ; jutant de pris ; Autant de mis à part; près de moitié succombe.
Nos lecteurs ont pu voir ^ dans les niorceau?^ iâe M. L***, cités dans tout cet ouvrage ^ cowr bien cette adre.$se ingénieuse lui est faxhilière. On a vu une main qui honore de sa bainë ;ur$ PRINCIPE dont aucun engrenage ne retarde la MARCHE ; un ÉPI qui contient des imiax^heurs ; dn t^oisoN qui rend une drogfie ju^urteiere moins MALSAINE ; une odeur fbriLECSE attachée aux
fndtS d'un ACTE DE BIENFAISANCE y les EXTAÉHI-
jÈs dltm CERCLE ; les fibres d'u/i vejuvis ; unei ^OULE qui sort des feuillets d'une . masse / un TERNj,s qui est un PASSE-PORT dç fsrraili,ï;s; des. ferrailles a^ec l^quelles les crieurs dé vieux
CKifBAxrx phUiXtophi^ies noms àtmrdièlsêM ,* un wvmuoi dont. on s^abmz} des insbctes rvsI»
fui induisent en areur; un .vtauiz bien pén AiFUsan i dis KenwÊê raiiiOfi&^iQUEs / un F»u /rfttf rahwnabu que p%vtamt ; iûvo
PLAUKE qu'<m PULYÈRISE , OtC. > etCi
.. Novs poiimolu midtiplter ces exemples sans fin; mais la lecture de quelques pages de M. L^** vaudra mieux pour uos élevés que ces fragmms détachés , qui par là mcane per->^ dent beaucoup de léiiv prix*
A la métaphore , U se» fort avaniftgeux dé joindre l'allégorie qui , comme on sait , est une métaphore soutenue. On Connaît ces fictions iikgénieuses sous le voile desquelles Tantiquitë nous a peint tantôt la nature et ses opérations , et tantôt nos passions et leurs efi^ts. Qui ne se tappelle> qui ne retrouve avec délices dan^ leuis immortels écrits ,
Ce doux charme de maint songé ,
p9ût \eat bel àVt inveiitë >
Qui sous Phabit du mensonge ^
Noua offre la Tëritë ?
Saturne qui dévore ses en&lis ; et Prométhée qui dérobe le feu du ciel ; et Cérès parcourant la terre et donnant des lois aux nations ; et 1# ceinture de Vénus; et les Grâces qui ne la quittent jamais; et les Prières, filles de Jupiter/
iiQnimefi et Ijoiteuses; ^t JufHter, qui les venge lorsqu'on Ub merise ; et le» Muses ^ filles de mémoire; et rAmour ayeligle^ gui4é par k Folie» etc. ; qui n admire dans cea fictions aimables , le goût, et la grâce , et la décence qui les ont dictées ? «
Ce sont là iaas doute de» modèlea epie nous devoQS cuivre , si nous voulons inyentw aussi ; mais toujours hors le cas du paradoxe. La grâce f et le* goût/ et la décence sont véritaUen ment les habillemens de la vérité , mais ne conviennent point au paradoxe,; ce serait pour lui une sorte de déguisimient. Au moins peut-il se produire sous des formes £ien di€erentes , sans qu'on trouve que ses vêtemens ne lui siéent points C'est ce qu'a fort bien conq)ris M. h^^^, et nous», osons dire que l'allégorie , af&anchte d^ ces lois sévères que les anciens lui ont près* çf ites f esïf de tous les moyens de l'éloquence , celui dont ce g^ao#écrîvain s'est servi le plus habilement. Ce talent se montre surtout dans l'ouvrage intitulip la Gacomonade, ou M. L^*?^ peint sous usie allégi^ie délicate^ soutenue 4a>ns tMr volunie de i6k> pages ^ la naissaiice , les pro^^ , les effets et le traitement de œ qu'il appelle la Cacomonade. L'auteur a prétendiji faiI^e la continuation de Candide ; iJbus allons voir comment il imite M. d& Voltaire.