DEO OPTIMO MAXIMO
I. \j Toi que la raison , que l'instiiict même adore ! Souverain maitre et créateur De tout l'univers qui t'implore Jehovah , Jupiter , Seigneur.
NOTES
Le titre seul de cette pièce annonce rirrélîgîon y puisque le mot unii^erselle signifie que tout homme peut adresser cette prière a Dieu , quelque religion qu'il professe. Si^ dès 1740^ M. L. F. eût été lié étroitement^ comme il Test aujourd'hui , avec le pieux auteur de ï Apologie de la) Su - Barthélémy y il aurait bien compris que y si nous ne pouvons pas prier Dieu avec des chrétiens hétérodoxes dsuis le même royaume , à plus forte raison ne pouvons-nous pas employer avec les Turcs et les Guèbres la même formule de prière.
Au reste toute cette strophe ne ressemble que par le dernier vers à l'original. Voici la traduction littérale iPère de tout, adoré de tous les âges , dans tous les climats , par le saint , par le saus^age , par le philosophe , Jehoi^ah , JupiUr , ou Dieu.
Il n'y a point là di instinct qui adore; on n'y trouve point cette expression si Êiible et si com- , mune de VUnivers qui t'implore. On voit combien cette prétendue traduction est au-dessous de l'original.
PRIERE UNirERSElLE.
n. Source, cause première , Être inintelligible y Que je suis borne devant toi !
Ta bontë seule m* est visible , Le reste est un cahos pour moi.
NOTES
Ce mot ininteUigible renfeime beaucoup de venin ; on dit d'une chose obscure et respectable , des mystères* de la religion par exemple , qu ils sont incompréhensibles; mais un homme religieux ne dira point qu'ils sont ininteUigiblés. On dit avec vérité des systèmes des athées qu'ils sont inintelligibles , et on les traiterait trop favorablement en disant qu'ils sont incompréhensibles : même dans l'usage ordinaire , ces deux mots ne sont pas synonymes : par exemple^ la hardiesse de M. L. F. à insulter les gens de lettres et l'Académie e^t incompréhensible, mais elle n'est pas inintelligible. U est d'autant plus difficile d'excuser l'emploi que le traducteur a fait ici de ce mot , qv^ incompréhensible , qui était le mot propre , Êdsait également le vers , et était beaucoup plus conl^me à l'original least un^ derstood , si peu compris.
Dans le reste de la strophe , la traduction présente encore des idées plus libres que celles, de l'original.
Pope dit : O Dieu qui as borné toutemon in^ telligence à sapoir que tu es bon, et que je suis aveugle. Et M. L. F. lui a Êdt dire :
Ta bonté seule m'est visible , Le reste est un chaos pour moi.
Ce mot de reste est fort indécent. Ce reste renferme beaucoup de choses respectables , que le traducteur traite bien légèrement; c'est toute l'économie de la religion , toutes les vérités qu elle enseigne aux hommes , qui seraient ce chaos , au dire du traducteur. Car , comme on le voit , Pope ne dit rien de semblable.
PRIERE UNIVERSELLE
m. Mais le bien et le mal , dans cette nuit obscure y Dépendent de ma volonté ; Et tu gouvernes la nature , ^ Sans encbainer ma liberté
NOTES
Pour rendre la pensée de Pope , que Dieu a dorme à V-homme de distinguer le bien et le mal moral y qui janiais s'est avisé de dire que le bien et le mal dépendent de la volonté de l'homme? Le sens de cette dernière phrase est bien plutôt qu'il dépend de la volonté de l'homme d'être bien ou mal , c'est^-à-^lire heureux où malheii« reux.
PRIERE UNIVERSELLE
lY. N'écoutons seulement que notre conscience , Elle nous rend le bien plus cher Que le ciel qui le récompense , Le mal plus affreux que Fenfer.
Dans la traduction de cette strophe , M. de Pompignan est encore plus malheureux que dans celle des précédentes. Il prend soin ^ dans une note , d'avertir qu'il a rendu exactement la pensée de Pope. Voyons :
Pope, s'adressant toujours à l'Être Suprême, lui dît : Enseigne-moi à faire ce que ma conscience me dicte , bien jdus pour obéir à sa yoix , gue pour obtenir les biens célestes ; et à éviter ce qu elle me défend, bien moins par la crainte de l'enfer , que poursuivre ses leçons. Pope ne dit pas qu'il ne faut écouter que sa conscience; il veut seulement quei'iiomme fasse le bien et fiiie le mal ^plus pour obâir à sa conscience, que pour obtenir le ciel et pour la crainte de l'enfer. La traduction de M. de P. laisse soupçonner Pope de ne croire ni à l'enfer , ni au paradis. Mais rend-on cette pensée en disant qu'il j&ut que la conscience nous rende le bien plus cher que le ciel? Est-ce là parler jfrançais , et toute critique
littéraire .n'est -elle pas superflue sur de tels vers?
PRIÈRE UNIVERSELLE
V. Empêche que mon coem- , de tes dons eflScaccs Ne rejette les heureux fruits ; Receyoir , c'est payer tes grâces , Jef'obâs , quand je jouis.
Qu'est-ce que des dons efficaces ? et qu'est-ce que le fruit des dons ?
NOTES
Il n'y a aucune espèce de religion qui ait cru que recevoir les grâces de Dieu , c'est les payer. Toutes ont établi un culte extérieur pour être l'expression de la reconnaissance envers l'Etre Suprême. Au reste ^ en rétractant cette maxime , qui est une des plus libres de la Prière universelle , il parait que M. L. F. s'était réservé le droit de se conduire envers l'Académie française 9 comme le déiste de Pope envers Dieu, S'il n'a point fait de remercîment , c'est qu'il a cru sans doute qu'en recevant la grâce que lui faisait l'Académie , il Ta* vait payée. M. L. F. tient encore un peu aux erreurs de sa jeunesse.
PRIÈRE UNIVERSELLE
VI. Mais cessons de penser qu'imperceptible atome ^ Notre terre borne ta loi ; N'es-tu. souverain que de l'homme ? .
Tant d'autres mondes sont & toi !
NOTES
Mais cessons de penser : ces mots semblent indiquer que l'auteur a dit précédemment quel* que chose dont il va se rétracter ; mais ils ne sont là que comme beaucoup d'autres dans cette
pièce , pour tenir lieu d'un certain nombre de syllabes. Quand un poète médiocre a besoin de ces sortes de chevilles , il devrait du moins tâcher qu elles ne fussent qu'inutiles , et qu'elles ne fissent pas un sens faux. Je ne parle pas de la rime d'atome avec homme ; mais le traducteur prête encore ici à son original une pensée libre , que Pope n'a pas eue dans l'esprit.
Pope ne parle point ''de la loi , mais de la bonté de Dieu , qu'il dit n'être pas bornée à la terre : littéralement , que je ne resserre pas ta bonté dans les homes étroites de ce globe ; que je ne te croie pas le Dieu de Vhomme seul , tandis que mille mondes m' ens^ironnent : le tra^ ducteur lui fiait dire que la terre ne borne pas UL loi ae Dieu. Mais , comme la religion chrétienne n'est certainement £aite que pour notre globe , la loi de Dieu est nécessairement bornée à la terre. Il n'y a d'autre moyen d'entendre M. L. F. que de dire qu'il a mis loi à la place de bonté 9 pai*ce que bonté ne rime pas avec fo// mais c'est là justifier la religion du traducteur aux dépens de ses taléns pour la poésie , et quelque réconciliation qui se soit faite entre son esprit et sa dévotion y on peut craindre que IV pologie ne soit pas de son goût.
PRIÈRE UNIVERSELLE
yil. Faut-il qu'un yil mortel ose tenger Dieu même y. Que tes foudres lui soient remis , Et qu'il prononce l'anathème Sur ceux qu'il croît tes ennemis I
NOTES
Nous ne pouyons rien ajouter à la r^narque de M. de Silhouette sur cet endroit. Dans les Mélanges de littérature que nous ayons de lui , il a fait Voir que le traducteur a enyenimë la pensée de l'auteur anglais ; que dans l'original c'est de lui-même que le déiste parle y en disant que sa main ne doit pas présumer de lancer la foudre , au lieu que dans la traduction le déiste s'élèye en général co&tre eeux qui prétendent proncmcer l'anathème sur d'autres hommes ; ce qui y indiquant manifestement les ministres de la religion ^ devient hardi et scandaleux. Nous reavojons nos lecteurs à l'ouyrage même que nous citons ^ pour ne pas répéter inutilement ce qu\m peut trouyer ailleurs.
PRIÈRE UNIVERSELLE
VŒ. Si je mârdie avec toi ; £ds-moi la grâce entière , De te suivre jusqu'à la fîn ; Si je m'égare , ta lumière Doit me conduire au bon chemiu»
IX. Quelques biens qu'à mon cœur ta sagesse déni« , Ou que m'acGôrde ta bontë , Sau e-moi du mnrmure in^ie Et de la foUe vanité.
KOTES.
Ce ne/ sont pas là des vers ; ce n'est pas là l'élégance/ rharmanie^ les images, la sublimité de Pope. C'est un écolier qui se traîpe languissamment sur la trace d un grand homme , et qui bronche à chaque pas , qui lutte sans cesse contre les difficultés et qui ne les surmonte pas, qui croit avoir fait des vers lorsqu'il a compassé laborieusement un certain nombre de syllabes, et placé quelques rimes à leur suite... Scuwe^moi du murmure impie signifie en fran-* çais , ne permets pas que je sois Vobjet du mur^ mure : au lieu que Pope a dit, et son traducteur a voulu dire : ne permets pas que je murmure. A.\\ reste ces deux strophes sont très-religieuses. C'est une prière qui sied dans la bouche d'un chrétien. M. L. F. lui-même avait plus de raison qu'un autre, de demander cette grâceàDieu. SauA>ezrmoi , devait-il dire ^ de la folle va^ nité ; car c'est un grand péché et un grand ridicule.
PRIÈRE UNIVERSELLE
%. Fais que de mon prochain je plaigne les soufiranccs ^ Toujours lent à le condamner ;
Et pardonne-moi mes offenses ,
Pour mieux m'apprendre à pardonner.
NOTES
Cette strophe ne renferme , comme les précédentes, que des sentimens pieux et humains, et nous pouvons dire deâ instructions, que M* L. F. a bien perdues de vue. A entendre les anathèmes qu'il prononce et les accusations qu'il intente dans son discours à beaucoup de personnes, on serait tenté de croire qu'il a regardé comme une des propositions irréligieuses de Pope cette belle maxime, cpiHlfaut être lent à condamner; il devait cependant penser que c'est un précepte dé l'Évangile : « Ne jugez point, pour n'être point jugé. » (Luc, ch. 6, V. 53. )
PRIÈRE UNIVERSELLE
XL Tout retrace aux mortels le nëant de leur être; Mais ils sont l'œuvre de tes mains : Sois leur guide autant que leur maître , Jusqu'au terme de leurs destins.
NOTES
Tout retrace aux mortels le néant de leur être. Rien n'est si vrai que cette maxime. Au milieu des richesses , de la réputation , de la faveur , ce néant se fait sentir. Un homme qui se croyait heureux peut voir en un instant une
fausse démarche , et le concours de quelques circonstance^ troubler tout le bonheur de sa vie ; un homme qui jouissait de quelque considération peut la voir s'éclipser en un jour : alors seulement on rentre en soi-même, on reconnaît son néant, et on s'écrie, vanité des inanités ! Nos lecteurs nous pardonneront cette petite digression morale. Revenons à M. L. F.
PRIÈRE UNIVERSELLE
XII. Que le pain , que la paix soient ici mon partage , J'attends que ton auguste ctoix Des autres biens fixe l'usage j Tes volontés seront mes lois,
NOTES
Que le pain et la paix , dit Pope , soient mon partage ; quant à tout autre bien , tu sais s'il s^aut mieux me raccorder ou me le refuser , que ta volonté soit faite : on n'exprime pas cette pensée en français , en disant à Dieu , des autres biens fixe l'usage.
PRIÈRE UNIVERSELLE
Xin. Ton temple est en tous lieux , tu remplis la nature, Tout l'univers est ton autel ; Rien ne vit , n'existe , ne dure , Qui net'ofifre un culte éternel.
NOTES
Cette dernière strophe, qui e^t une des
plus belles de Foriginal , est une de celles que le traducteur a le plus misérablement défigurées* La traduction littérale suffit pour faire sentir la platitude et finfidélité de celle de M. L. F. V immensité y dit Pope , est ton temple; la terre, la mer et les deux softt ton,autel; que tous les êtres forment un chœur de loiumges à ta gloire, et que de toutes les parties de Ut nature Vendéens s^élèsre wrs toi^
Ici 1 auteur a encore rendu son original ii^ religieux sans nécessité. Pope dit que ï immensité est le temple de Dieu , idée grande et sublime qui n'a rien d'opposé à la religion , et le traducteur avec l'expression en tous lieux rabaisse la pensée des lecteurs à la terre, et leur donne à entendre que les églises consacrées par la religion ne sont pas meilleures pour honorer Dieu que les autres lieux. On peut croire même que , depuis sa conversion , il a conservé quelque attachement à cette erreur ; car il faut bien qu'il ait cru que le temple de Dieu est partout , et qu'il ait regardé l'Académie comme une égliî^e, puisqu'il y a fait un véritable sermon.
Il suit de ce qu'on vient de lire que l'auteur du discours prononcé à l'Académie le lo mars 1 760 , avait , en 1 740 , traduit et envenimé la prière du Déiste , composée par Pope : ce qu'il fallait démontrer.
Comme tout le monde n'a pas entre les maim ïe Journal des Savans où se trouve la rétractation de M. L. F. dont il est fiadt mention cidessus dans ravertissement > nous croyons que nos lecteurs seront bien aises de tirouver ici un petit extrait de cette pièce/ que nous accompagnerons de quelques réflexions. Voici en peu de mots l'apologie de M. L. F»
i^. Il avait traduit la prière du Déiste^ parce que certains Anglais ^ awc lesquels il était dans une assez étroite liaison , l'en avaient déjié.
2®. Emporté par la chaleur du travail ^ il ne Jugea de sang-froid de sa traduction que longtemps après qu'elle fut faite.
3**. // eut Vimprudence de livrer sa traduc-tion à ces Anglais.
4^. Lorsqu'il reprit le sang-froid que la chaleur de la traduction lui avait ôté , et qu'il jugea que son ouvrage pouvait être scandaleux y il voulut retirer la copie.
5^. U rt était plus temps; les Anglais ^ avec qui il était étroitement lié , étaient déjà retour^ nés à Londres , sans qu'il en eut rien su.
6^. Il leur écrivit pour les conjurer de ne la point divulguer*
7®. Ils le lui promirent,
S"". Alors il oublia totalemerU la prière et la
traduction; mais un imprimeur anglais rCypensait que trop pour bd.
A toute cette histoire M. L. F. ajoute que ce serait le lieu de réfuter les propositions con^ damnables de la P^rière unis^erselle ; mais que ce qui est visible n'a pas besoin dêtre démjon" tré; qu'il les désasH)ue , quoiqu'elles ne soient pas de luif et qu'il les rétracterait, sHl avait eu le malheur de les penser un seul instant; qu elles sont sans doute échappées par l'enthousiasme à M. Pope f si recommandable par ses talens et qui â le courage de professer la religion catholique au milieu de Londres; que les paradoxes insensés et les systèmes inconséquens ^ d'une malheureuse philosophie déshonorent les talens devant les hommes^ et les rendent criminels devant Dieu;... que la poésie ne doit point être le langage de l'irréligion ; que 7 si elle a rempli ses loisirs , il a du moins l'avantage^ assez rare^ de ne l'avoir jamais avilie par rien de contraire aux bonnes mœurs , etc. , et qu'il est avec respect, etc.
Nous nous permettrons ici quelques réflexions.
I**. U parait que le défi de ces Anglais était de leur part un piège tendu pour surprendre la religion de M. L. F. , et nous nous étonnons moins de la haine que l'auteur du discours té-
moigne contre les philosophes anglais , après en avoir éprouvé une aussi noire trahison. Nous conjecturons qu'on l'aura aussi défié de faire un discours malhonnête à l'Académie y et nous l'exhortons à ne pas accepter désormais de semblables défis.
2^. M. ïi. F. , emporté par la chaleur du travail , n'avait pas senti le venin de la prière de Pope dans une traduction longue et laborieuse ; il n'a entendu l'original et sa traduction que quelque temps après l'avoir faite; cet écrivain doit être un volcan lorsqu'il compose de tête, puisqu'il est si chaud lorsqu'il traduit. Ceci peut faire comprendre comment il a mis tant d'emportement dans un discours qu'il a fait attendre pendant plus de six mois à l'Académie. Si jamais il est reçu dans quelque société littéraire , on lui conseille d'achever son discours trois ou quatre ans avant sa réception ; dans cet intervalle , il profitera des momens de sang-froid qu'il a quelquefois, pour retrancher de sa harangue les choses qui pourraient être insultantes pour ses confrères, et 'révoltantes pour le public.
3**. M. Lm F. avait là d'étranges amis ; ils lui promettent que la traduction ne paraîtra pas , et ils la confient à un imprimeur; c'est sans doute ce qui lui fait dire que les Anglais n'ont
point la philosophie naturelle du droit des geiis, et il faut convenir que si M. L. F. n'a jamais fiouffert des violences et des injustices de leurs gens de guerre , il a bien à se plaindre de leurâ philosophes , et surtout de la perfidie de leurs imprimeurs.
4°. U nous parait que M. L. F. juge Pope bien favorablement, lorsqu'il dit que les propositions condamnables de la Prière universelle lui sont échappées dans l'enthousiasme. Mais pourquoi l'enthousiasme qui excuse Pope et son traducteur, ne pourrait-il pas excuser aussi quelques-uns de ceux que M. L. F. traite si durement dans son discours ? Croitril être le seul en France qui soit emporté par la chaleur du moment , et à qui l'on puisse pardonner les fougues de l'esprit et du génie ? II y a peu d'ouvrages brulables qui ne soient plus chauds que la traduction de la Prière universelle.
5^. M. L. F» loue Pope du courage qu'il a eu de professer la religion catholique au milieu de Londres; sur quoi nous ferons ce raisonnement : l'auteur de la Prière univq rselle était aux yeux de M. L. F. un catholique bien convaincu , ou il le regardait comme un homme pensant librement, laissant apercevoirson irréligion dans ses écrits, et remplissant- cependant les devoirs extérieurs de la religion.
Dans le premier cas , on est en droit d'exiger de M. L. F. qu'il ne juge pas plus rigoureusement cexmàes philosophes modernes ^ai n'ont rien écrit de plus libre que l'Essai sur l'homme et la Prière universelle.
Dans le second cas^ on lui représentera qu'en louant Pope incrédule et remplissant quelques devoirs extérieurs de la religion ^ il fait penser que c'est un zèle joué qui lui îaîit décrier, avec tant de violence, ceux qu'il accuse en France de la même dissimulation, puisqu'aux yeux d'un homme vraiment religieux cette dissimulation est aussi criminelle en Angleterre qu'en France.
6®. Quoique nous regardions comme suffisante la justification de M. L. F. contre le reproche d'irréligion qui lui a été intenté à l'occasion de la Prière universelle , nous ne pouvons pas oublier de faire remarquer à nos lecteurs qu'on n'y 'trouve pas les mots décisif de religion révélée et de révélation que l'auteur du discours donne comme la marque distinctîve des justifications non équivoques en cette matière ; mais on traiterait trop sévèrement M. L. F. si on le jugeait d'après ses propres maximes.
Le critique place ici sa traduction, pour être comparée à celle de M. de Pompignan*
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