DES PROPRIÉTÉS FONCIÈRES
Les peuples qui , après s'être donné des institutions nouvelles I veulent consolider ces institutions, sont exposés à plus d'un danger et ont à lutter contre plus d'un obstacle. Dans le nombre de ces obstacles et de ces dangers, il faut placer, peut-être au premier rang, la conservation imprudente , et souvent inaperçue , d'usages, d'habitudes, et même de lois, contraires aux principes sur lesquels les nouvelles institutions doivent s'appuyer. Nous sommes aujourd'hui, je le pense, dans un embarras de cette espèce.
Le grand bienfait de la révolution £rançaise , celui qui compense tous les maux que cette révolution a causés, c'est l'introduction de la classe intermédiaire dans l'administration des' affaires de l'État.
Autrefois, sans doute, des hasards heureux , ou des faveurs qui n'étaient pas toujours méritées ^ appelaient au pouvoir, de temps à autre, des
C 4i7 ) ■ bonuncb de la dasae iiateniij&Kairill ^^Ms c'était ctem^exoepttoii, et| povrdbttt» omfifmex^ev cette axiHiption, il fallait soùyettt s'en montrer iftdigUe* Le eardfiuil Duboia et le prihce ée la Paix en sont des exemples mémorables» Les mi^ nistres sortis de la masse du ]pe«pJe Aisaié^t fiiéqueâpinent hommuge 4i rdigiirckie , des^ drdits de ce ^«ple dont ils cherchaient ht s'feoler* La r4tolation a chai^d cet ët^ dechdael^i Les*
hommes de laeiasee'inler|nédîai9ey4af#roe delà
nation , entrent de peindrait dlaosle-itiameinettt des^ intérêts natidkiauxj ils ne a^nt pl«s Vobjet d'une condescendance inaolented^ la part dnne ^«sta 0rgueiUense< IL Ay.a plusidi» pnvu^gi^ pins de moi).op0le poKtiqi^*
Mais, en rétablissant réédité des dtaitS/ larévolutii^a, (juoi ^'ônen dise, n% pae rétabli Téggjifé des fortunes : l'iuristocratie ^^ doxA plusieurs membiies gnt subi des p^tsécutiona et des spolia^ tUMus, ipifl certes je suis bien loin d'exctiser, ea| pourtant restée plus riclie par elle*nieme <pie lea imtres clas$es^ Je dis plu& riche par eUe^niÂme p pa]Ke«quekes négocians, les manuiàcturiers, lea booiiiKS <|p font Viloîr leurslca|iitai£t industriela •u intellectuel, aant riches par leurs traTaûx^ par leur activité, par leur persévérance. L'ato* tocralîe'^ riche stea c{ue le travail lui sort vb^ ipaé , ipg»que Kactîpla«çll ezîg^ d'elle ; eUe iglt
noh\emeÊ/t^ ihiDs-le sens qu'elle-même a donne à ce ma^> ^-est-àMiire en jouissant de ee doût elle hérite, et^richê des richesses def sea pères, comitie elle^eston se crok brilfoiite* encofe de leur gloire.
Il en «résulte q«e*pendant long-temps , et jusqu'à répoque où Uégalité des *{tetrtâges aura fini descei|dr& Tarisfocratie au niveau du ré^te de la natioii ^ Il n'y'a guère qu'dUe en France qui puisse remplir 4es fonctions qui absorbent un temps considérable , et détournent nécessairement ceux qui et^ sAtrevétus de toiites 1^ octupatlons lucratiyes , à mràis qu'où n'dttache aux fonctions de cegeuFe dessahâres qui indesmisent ceux qui les exercent : mauvais mojen ', souree de sui^ charge poifr les gouvernés qui paient, et def^ corruption pour les gouvernans qui sont payés.
Je ne suis point du nombre de ceux c[ui you^ dràient écarter les nobles sans distinction des hautes dignités de TÉtat : je ne veilx d'eacliisions d'aucune espèce, et je rapousse même celles qui pourraient élre' excusées par ^expérience. Mat» d'une autre part il est évident que / si les nablte , en leur^qualité de grands propriétaire^, s'enq>araient en majorité de la diréSrtiou des destinées de la France, la France perdrait en peu d'années, peuft-étre en une seule , .le fhiit de quSlKinte ans dfe luttes, d'eflToÉIs héihdirqu^ de viot«t%s qui
( 4i9 ) surpassent lès temps fab«leu3^ de T^tiquité , et de revers supportés avec un courage qui n'a rieu d'égal dans les siècles modernes.
Il n'en est pas de la France comme de l'Angleterre, oùles grands propriétaires^ réunis aupeuple eoHtre les empiétemens de la couronne , ont , de temps immém^al, senti la nécessité^ éprouvé le besoin de la liberté. Les grands propriétaires ont toujours parmi nous cherché plutôt à partager le pouvoir qu'à le limiter; ils ont préféré les pri* viléges aux droits et les faveurs aux garanties.
Il» est donc manifeste que, dans l'intérêt de sotre monarchie constitutionnelle, il faul encourager le plus qu'il est possible la dissémination des propriétés, surtout des propriétés foncières. La propriété foncière n'est point , pour le moment, comme dans les circonstanceis ordinaires, la première et la plus indispensable des garanties politiques : ce genre de richesse peut aujourd'hui trouver son avantage à bouleverser l'État. Les amis des révolutions peuvent se rencontrer dans les grands possesseurs de terres, et c'est dans la classe moyenne que sont les ennemis des révolutions.
Cependant, qui le croirait? nous avons conservé dans nos lois fondamentales les traditions surannées d'un temps qui n^est plus, et les combinaisons plus récentes d'un temps qui ' doit ofesset* d'être. Les substitutions, héritage de la
téoik^é^ ée T6{>Mêâlietil MUS la hrtM d»Mi tnajbrats, èrésÉÎMi âo âM^àlkièr. Ltft |iit)piiéUi d'exception coatM^tit d'vm taà^ihm hiUne avec 16 Sj^tème gëbéi^ «t t^guli^ï dé^Mslcisj totnttkb eerf^iD^édifices gatbiqiie6> ctt^mnts f«ffié ëih>ite$ et torhieuMi, dépare&t enc36i*e Fél^aiic» ti la ^yimétrié de la capitale de k Fraiii^êv
Qad est I%OMme qui^ é*îi fëfléchit tift iâstaot, ne ^enté que tottt^fc cëè cboséft êbhl ditedeMi^iit en optkMitiott aVM les principe^ qm la réfo^ Itttioii b ^Mis et qti^ la tiestnutatioû i cm- «àcfés?
Je kufide de éwfi leë inisMttetiiëiks qtie poi^^ Vâient tue fournit leb baiaes marxiiaes der#G*nMMt poKti<pfee en faveur de là division ded pToprietesj je ne teproduîttii point ici les rérHé$ qu'Adam Stmth et d'attirés écrivains ont entoiurq^ db tMlt de lumières^ Déclarer de* prbptîét^ ivaKè^ nables^ c^est ibreer tel homme i conserver oé qm lui est à charge > en empêchant tel antne d^ae» qbérk ce qui* Ini est avanlagenic) car celui qui venltvetidre indîqve par là qn'il nia pasles moyens on ia Volonté d'améliorer, et cèlm qui vent acheter annonce cpi'il a cette volonté et ces aïoy^ns.
Mais je n'enVtsage la question que sous ks «ifiports politiques^ da«6 ims 4siFQon5tasees ao^ toelles.
La ohMe qbi^ dénbM de ses priviWgts fbpl^
(4a« ) f€if^ , révç I» ^ubnUtotionf ^ les fidéi-con;^
çupr^mitîp pollltique, quitta ses cbàtei^iiK ift S(;$ «(9Îg9ettrîe$i M y SI 4fiU^ fâ/èçjesj) «( ifç rçfugia daps 1^ dem^stiçiiç ^«^af^ spi^ 1< W>m (da w^ l^essQ, Slftûii^iipt ^Ue s^pl^ le terr^u des içom;^ &*4brBsJ^sfms siei) pa^, §jt yo^^drait ^ r^fîlgîer ^ nowimnàm»s^ierr^^ eu le$ rendant ip^i^ 119^1)10^^ sons |8 ppm df grapd^ pippri^t^. ftlaif U grmàç propriété ipalî^n^lile ^st 9i)s$i cop-r traire que la féodalité ^l'étfit présent do \^ PTili* $atioA, JU'effet d^ la qîyiliî$)\|ioii est d'ouyrir f ne cêrrJièr^ pl9s vast^ ef plus libVe li U ^rcç fnprf^ d^ riiqa)ni(ej etdir mobili3eri si Toq peut s*expPr->wfyst mm f d» rendre dwponiblçs tous Jçs moyen* è raid^ d^isqpi^te il f^çrçie pette forcç- La prp^ fsMH^ ^m^mn n'es** «^g^rd'huî q^i'un de cof W#y«P9i ellp 11^p4 çn çpflçéqiiewç à se diviser pow ^oler plus GÇiirynpdiéffi^t. To^f ce qi^ iMiptmrienut cçtte tçnçI^Q? s«r?^ «na rpsi^U^f, A«$$it6t qu'une partie de U propriété foiiçju^rç ^ut 'fimé dai)9 les piains du ti^rs-état , la î^ dalilq f^t y;9inci|0. Af^çmrd'buv l'ipdiMstrjie, quf est tout çatiÀre d^PS 1^ fuaii^s de ce niéuiç tÎAiWtl^^ y^iucra U prQpriété /pnçi^rÇt c'^r andir^ U imgfr» i> po» myçai*, Jif r^^îra qipbilp,
des castes pour Tempècher de prendre ce nouveau caractère seront impuissans : elle a ckang^ de nature. En accordant ce qu'il faut accorder aux habitudes de la génération oontemporaine, on peut affirmer que dans cent ans les classes non agricoles n'auront de propriétés foncières que comme jouissance de luxe^ et la propriété £)ncière, divisée et subdivisée, sera presque uniquement dans les mains de la* classe laborieuse^ La grande propriété est à peu près le dermer anneau de fa chaîne dont chaque siècle détache et brise l'un des anneaux.
' Résister à cette révolution serait inutile ; s'en affliger est insensé/ Une difficulté presque insoluble a existé chez tous les peuples anciens et chez beaucoup de peuples modernes; elle a tantôt retardé l'établissement^ tantôt troublé la jouissance de la liberté. Cette difficulté, c'était le peu dfc lumière de la classe vouée au travail, et le peu d'intérêt que cette classe, compose de prolétaires, prenait au maintien de l'ordre. L'antiquité n'avait trouvé de remède à ce fléau que dans l'esclavage. Tous les philosophes de la Grèce déclaraient l'esclavage une condition inhérente et indispensable de l'état social. N'est-il pas trop heureux que la division des propriétés délivre de ce péril les sociétés de nos jours, et qu'elle attache le grand nombre à la stabilité des institutions par son in-
lërét ? L«rf gens qui déplorent cette dinrisioa sont, précisément «eux qu'elle sauve, en répaiidant des lumières y de F^isance et du calme dans la portîm du peuple ki plus dangereuse quand elle est ignorante, pauvre et agitée.
La propriété foncière elle-même y gagne en «lïture et en vàletir.. Contemplez ee qui a e|i lieu en Fraace depliis U. -révolution ; comparez notre ^i^Culture^et 3es produits à l'agricut^ ture et aux produits* du siècle dernier ; mér ditez enfin sur l'effet politique et agricole de la concentration des propriétés foncières chez leis Anglais.
Si tm laisse -la propriété foncière $uivre paisi*blement ja direction que lui imprinfe la nature, si mia ne la rend pas stationnaire et indivisible:, jpar desrèglemens ab^r^es , en contradiction a va: lesbesoins du temps,. elle changera souvent de maître, elle se divisera d'elle-même. L'égalité des .partages , 1 action des opérations commerciales ^ l'indépendance dé l'industrie , en tripli^nt les ncbesses de la France , placeront ces richesses dans les mains qui les auront méritées et qui en feront usage dans le sens de la liberté.
Si, au contraire, vous mettez obstade à cette révolution insensible et graduelle , vous conserryerez dans le corps social des élémens de fer^ mentation et.de désQrdre. Quand la richesse est
amie de M f^ exîsle^ ^ «p ^ta.aoaitfe^ soutien ; xrmh prééeémeot pa>De4ia'eUe «H tiès paissante , M fimt érker <{u'elk Mit eMpemie de ce qui existe; car alors dUe^mait 'On destracÉNne ou détruite. •
Voye$ la plupart des républiq^ses imeiettMs^ 4^ercliant partout un remède à cette doaàaiÊh tien de k propriélé tristoeratique qui menaçait la déniocratie 4jcie leuij^ iostitntidns oeusa-craient, comme elle menace «uj^tfardlini notre monarchie constituCSon%elle. Ces i^epoblsqnes recouraient à des mesures y^xatoiresy injjvtes et spoliatrice^ f à des lois agraires ^ à des partages forcer tristes expediens, fimestes a la fois et inefficaces; car tout ce qui blesse les droits des individus ne sert qu'a rétablir, par des secottsses fâcheuses, une égalité factice qaà me pisnt durer.
Durant notre vévolntiawi, on a TMln^nrairir à des moyens plus TÎolens encoure, dont W résulr tat a' été encore plus triste. L'iniquité, après avoir frappé dans son cours des iatto^ns, viieM toujours retomber de tout son poids sur k tète de ses auteurs.
Il faut donc venoneer aux «vantagpes apptpsns d*uae rapidité qui n'est pas compatible avec la justice. Il y a des inceoivéniëiis insépanUes da passage d'une position sociai/e à une aNatre. 6f désigner est le «eul parti SB^ey et il ^ a injustice
et ia^nidèsœ à se montrer eawienx du temps*.
Maiss^ilestmaleDtecidnd'âjemteraces inconvénî^QS 4|uaiid on n^y «d pas fioroé, il est jimprufdent de déposer dans les toslitixtions destinées k régler ravenir, à^ germes qui na servimient qu'à prolonger les inégalilés à^wcL jamé dtat nous devons nous efforcer d'effiurei la triée.
ToléronsM qui est, mais en préparant €^ ijui doit être ; et sans pnétefalre , d'un coup de hà-^ guette ou d'un coup de ]i|ich0 , finre tripmpher l'égalité, laksonsla Uberlé^tgir libremenL Ellp pourvoit à lent; eMe enrichit le pa«Tve sans ^é-^ pouiUer le riche; ette ne bat pas diaparaltne viO'^ lemmentles fortuqes disproportionnées! meiste les expédiant de s^ perpétuer , eUf leur enlève oe qu'elles ont dV4igapchique et de dangereux.
Point. de substitutions, point de majorata^ point de propriétés inaliénahlesi, et , dan^ Jbien peu de générations, il n^ aura pas plus îoi Frauœ de privilégiés de fidt ifpM &Y en a déjà maintenant de diôit.
Chose sîngidièfe , ee ^ne .certains {rommes voudrûent «empêcher daw une «nonarchje consr titutiomielle se £adt depuis vingt ans en Fmsse , par la volonté d'un monarque absolu. D'^pnès les l<|js promidguées dans ee pays de i0io à 1 8ào, les bourgeois e|k les paysans seront, d^nsie^eours d^un sîèele, les pMpdétaiiusdu sel de ht Prusse
( 4à6 ) comme ik le sont sur les bords da Eliia*^ La do^ blesse, qut s'est fort irritée de ces lois lorsqu'elles furent promulguées^, y a liCanmoiiis beaucoup ga- ^é. La faculté d'aliéner les terres s^ute à leur valeur vénale ; car aussitôt que la terre devient libre , et que l'agriculture est dégagée de toutes les entraves, la population et l'aisance augmen-' tent, et l'effet de cette augmentation est la hausse des terres / et par conséquent une plus grande richesse pour. ceux, qui possèdent iës propriétés les plus considérables, df artout où il y adesacbetenrs il j a des vendeurs^ dit à ce sujet: um auteur prussien; mais les meilleurs acheteurs sont incontestablement ceux qui peuvent payer plus cher un objet, ceux par conséquent pour qui cet objet a le plus de valeur et rapporte davantage. Or, c'est pour le paysan que l'agcicultureestsurtoul productive, pour le paysan qui visite son champ le premier le matîn^ et qui le quitte le dernier le soir. La sueur du cidtivateûr est le meilleur engra^ des terres; il est de la nature de l'homme d'aimer la propriété', et aussitôt que Ton permet à la classe agricole d'acquérir, elle en trouve les moyens. Cette dasse alors $fi marie de bonne heure ^ parce qu'élit n'a pas d'inquiétude sur sa subsistance ; elle sait que son travail est sa ridiesse et que ses bras sont ses capitaux. Le bei^ ceau ne tarde pas a se placer auprès du lit
(4^7 ) conjugal ^ et la popnlatiOD s'aecrolt chns un lel pays prasqua aussi vite que inir le sol encore viei^e de rAmérique septentrionale. Ces cultivateurs achètent arpent par arpent; d'a^ord^lbrmiem., ensuite propriétaires , ils supplantent bientôt cette race d'agriculteurs héritière et imi** tatrice de la féodalité et de }a noblesse, et qui a un précepteur pour ses enfans, une femme de chambre pour sa femme, un cocber pour sas chevaux , un chasseur pour ses chiens , un maître valet pour ses ouvriers et une femme de charge pour ses servantes. Chez le vrai paysan, le maître et la maîtresse rentpliss^dt toutes ces fonctions en une seule et même personne.
» Il est indijBTérent à l'État de savoir entra quelles mains la terre se trouve, pourvu qu'elle soit copfiée à des mains actives et laborieuses; que ces mains laborieuses aient pour ancêtres des privilégiés, est une chose de peu d'importance : la propriété et la liberté, voilà ce quil faut. Partout où cas deux choses existent, l'homme-est actif et l'agriculture florissante, comme le prouvent les marais de la Hollande. Là où ces choses n'existeq^pas , l'agriculture tombe, et avec elle la population, comme le démontre l'Espagne , où , les quatre cinquièmes du territoire étant entre les mains du clergé et de la noblesse, une population de trente millions a été réduite à neuf. La Prusse, qui a dans
«voir flctse dans .Fai| i85o ^ pur lo teql «ifai dt 0a nouyeUa lëgisktfoa 9nt Fagrieultare ^ de la éivkjpa d49fc propriétés^ a .
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